06/09/2026
DEUILđ
Il y a quelques jours, des malfrats ont Îté la vie à mon cousin.
Il avait 34 ans.
34 ans. Une brillante carriĂšre de cadre supĂ©rieur dans une banque, un avenir prometteur, des projets, des rĂȘvesâŠet un petit garçon de 6 ans qui devra dĂ©sormais grandir sans son pĂšre.
Depuis, je cherche mes mots. Et peut-ĂȘtre quâil nây en a simplement pas pour donner du sens Ă lâinsensĂ©.
Mon cousin suivait cette page. Il lisait ce que jây Ă©crivais. Et depuis son dĂ©cĂšs, un de ses messages me revient sans cesse :
« Hello ma grande! Je voulais te dire que je suis trĂšs fier de toi. Jâaime beaucoup ce que tu fais et je dis fiĂšrement Ă mes amis : âNoire et Psy, câest ma cousine ! Je suis content et je me vante un peuđ, câest la famille!"
Oui..Câest la familleâŠ
Et aujourdâhui ⊠relire ces mots me brise complĂštement le cĆur.
Parce que derriĂšre ce message, il y avait un jeune homme qui avait lui-mĂȘme tant de raisons dâĂȘtre fier de son parcours. Un homme de 34 ans qui construisait sa vie, avançait dans sa carriĂšre et avait encore tellement Ă vivre, Ă accomplir, Ă transmettre Ă son enfant.
Et puis, dâautres hommes ont dĂ©cidĂ© que sa vie devait sâarrĂȘter.
Quand des ĂȘtres humains sâarrogent le droit de mettre fin Ă la vie dâun autre, comment ne pas ressentir de la colĂšre ? Comment ne pas ĂȘtre rĂ©voltĂ©e par lâinjustice et lâabsurditĂ© dâune vie arrachĂ©e ainsi ?
DepuisâŠbeaucoup de questions mâhabitent.
Quâest-ce qui pousse des hommes Ă vouloir dĂ©truire un autre homme ? Lâenvie ? La jalousie ? La cupiditĂ© ? La mĂ©chancetĂ© ? Je nâai pas les rĂ©ponses, et je me garderai dâattribuer des intentions que je ne connais pas.
Mais ce drame vient ébranler quelque chose de profond en moi.
Il mâamĂšne Ă rĂ©flĂ©chir Ă notre rapport Ă la rĂ©ussite, Ă la lumiĂšre, Ă lâambition, mais surtout Ă cette violence qui peut surgir dans une existence et tout emporter en quelques instants.
Il me rappelle aussi, avec une brutalitĂ© que jâaurais prĂ©fĂ©rĂ© ne jamais connaĂźtre, que derriĂšre nos titres, nos carriĂšres, nos ambitions et tout ce que nous construisons, nous restons profondĂ©ment vulnĂ©rables.
Une vie,
Des projets,
Un pĂšre,
Un fils,
Un frĂšre,
Un cousin.
Et, en quelques instants, une famille entiĂšre dont lâexistence bascule.
Je traverse un deuil extrĂȘmement difficile. Je ressens de la colĂšre, de lâinjustice, une immense tristesse, et jâai besoin de temps pour accueillir tout cela.
Je serai donc silencieuse et absente de cette page pendant quelques jours ou quelques semaines, je ne sais pasâŠ
Pour une fois, je nâai rien Ă analyser, rien Ă expliquer, rien Ă enseigner.
Jâai simplement besoin de faire mon deuil.
Et de me souvenir de mon cousin.
Celui qui lisait silencieusement cette page et qui disait avec fierté :
« Noire et Psy, câest ma cousine!»
Aujourdâhui, câest Ă mon tour de le dire avec amour et avec fiertĂ© :
«CâĂ©tait mon cousin. Et sa vie comptait.»
ChefâŠtu vas tellement me manquerâŠ