16/08/2026
🌻 Le luxe de ne rien faire 🌻
Et si, pendant les congés, on arrêtait de chercher à remplir chaque journée ?
Une sortie.
Une activité.
Une visite.
Une excursion.
Un restaurant.
Une piscine.
Un musée.
Une journée « spéciale » pour les enfants…
Comme si des vacances réussies devaient forcément être riches en expériences, en souvenirs, en découvertes.
Comme si rester à la maison, traîner en pyjama, lire, jouer, rêvasser, faire une sieste ou simplement… ne rien faire, c’était gâcher ses congés.
Il y a pourtant quelque chose que j’aime profondément dans l’idée de ne rien prévoir.
Quand j’étais petite, les vacances étaient avant tout synonymes de repos.
Mes parents ne programmaient pas une activité chaque jour. Il y avait des journées où nous ne faisions rien de particulier. Et pourtant, je n’ai pas le souvenir d’avoir eu de « mauvaises vacances ».
Au contraire.
Il y avait du temps pour jouer.
Du temps pour s’ennuyer.
Du temps pour inventer.
Du temps pour lire.
Du temps pour traîner.
Du temps pour être ensemble, sans avoir besoin de faire quelque chose.
Aujourd’hui, j’ai parfois l’impression que nous avons perdu cette capacité à simplement habiter le temps.
Et nos enfants aussi.
Ils sont tellement habitués à être sollicités, stimulés, divertis, accompagnés dans une activité après l’autre, qu’un moment de vide peut rapidement être vécu comme un problème.
« Je m’ennuie. »
Et nous, parents, avons parfois le réflexe de chercher immédiatement une solution.
Une activité.
Un écran.
Une sortie.
Une proposition.
Parce que l’ennui nous met mal à l’aise.
Parce qu’on a peur qu’ils s’ennuient.
Parce qu’on a peur de ne pas « profiter ».
Parce qu’on voit les vacances des autres sur les réseaux sociaux : les voyages, les activités, les journées parfaitement organisées, les enfants qui semblent vivre une aventure extraordinaire chaque jour.
Et sans même nous en rendre compte, nous entrons dans une forme de compétition invisible.
Il faudrait profiter.
Mais profiter de quoi, exactement ?
Est-ce que profiter de ses vacances signifie faire le plus de choses possible ?
Ou est-ce que cela peut aussi vouloir dire… ralentir ?
Se lever sans réveil.
Prendre son petit-déjeuner pendant une heure.
Sortir dans le jardin sans but précis.
Lire quelques pages.
Faire une sieste.
Regarder les nuages.
Laisser les enfants jouer sans intervenir.
Les laisser chercher quoi faire.
Accepter qu’ils disent « je m’ennuie » sans immédiatement remplir ce vide.
Parce que l’ennui n’est peut-être pas un échec.
Il peut être un espace.
Un espace où l’imagination apparaît.
Où l’enfant apprend à trouver ses propres occupations.
Où le cerveau se repose.
Où l’on redécouvre ses envies, plutôt que de répondre constamment à des sollicitations extérieures.
Et finalement, le luxe aujourd’hui, n’est-ce pas aussi d’avoir du temps qui ne sert à rien ?
Du temps qui n’est pas optimisé.
Pas rentabilisé.
Pas photographié.
Pas partagé.
Pas transformé en souvenir « extraordinaire ».
Juste du temps.
Des vacances qui ne ressemblent à rien de spectaculaire.
Mais qui nous permettent de revenir à nous-mêmes.
Alors peut-être que cette année, je vais essayer de moins remplir.
Moins chercher à occuper les enfants.
Moins culpabiliser quand une journée ne ressemble à rien.
Moins me dire qu’il faut absolument « profiter ».
Et davantage savourer le privilège de pouvoir dire :
« Aujourd’hui, on ne fait rien. »
Et peut-être que, finalement, c’est ça aussi, les vacances. 🤍