Marie Boelaerts

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Marie Boelaerts Psychologue clinicienne, j’ouvre des espaces où l’on respire, ressent, questionne, crée. Adepte de la diversité, bienvenue à vous... ✨🌱

Entre soin, expression et transmission : consultations, ateliers, formations, voyages.

Depuis que l’automne est arrivé, je suis excitée comme une puce !Comme à chaque début de saison, avec une impatience tou...
18/10/2026

Depuis que l’automne est arrivé, je suis excitée comme une puce !

Comme à chaque début de saison, avec une impatience toute particulière pour celle-ci : le retour des variations de lumière, les citrouilles, la reprise de la danse, les gens qui se plaignent du temps, les bougies qui illuminent la maison et les changements d’humeur au rythme de la météo…

Merveilleux automne à vous ! 🧡🍂✨
————————————————————

J’adore l’automne.

Sans doute parce qu’il apparaît après l’été. Et que ce dernier a été si peu respirable cette année.

J’adore l’automne, pour sa lumière et sa météo maussade. Pour sa noblesse et son crachin gris pourri. Pour l’envie de balader et de respirer l’air qui est enfin présent tout le temps.

J’aime ses arbres qui se déshabillent sans pudeur, et cette façon qu’ont les feuilles de tomber sans qu’on parle d’échec. Comme un immense brouillon éparpillé à terre.

J’aime que tout semble ralentir alors que la vie continue de s’agiter partout. Que le ciel puisse être magnifique à dix heures, franchement dégueulasse à midi et qu’il donne l’impression qu’il fasse noir à quatorze heures. Que personne ne lui demande d’être cohérent.

J’aime les premières fraîcheurs sur les joues rouges, les mains qu’on enfouit dans des manches tirées un peu plus loin, les cous qui s’habillent d’écharpes, les trombes de pluie qui tabassent sur les toits des voitures, ces quelques minutes supplémentaires qu’on s’accorde dans l’habitacle avant d’affronter le dehors en courant entre les gouttes. Les fenêtres derrière lesquelles on regarde la pluie avec le plaisir assez étrange de ne pas devoir être dehors.

Et puis j’aime cette permission silencieuse qu’il semble nous donner.

Celle d’être un peu moins flamboyants.
De ne pas fleurir toute l’année.
De laisser certaines choses mourir sans nécessairement chercher à les remplacer.

L’automne ne me donne pas envie de disparaître. Il me donne envie d’habiter.

Mon corps. Ma maison. Mes pensées. Les liens qui me réchauffent et les silences qui ne me font pas peur. Ou un peu moins.

Et toutes ces morts qui toquent à ma porte.

Celles des êtres qui ne sont plus là. Des liens qui se sont défaits. Des histoires qui n’ont pas eu la fin qu’on leur imaginait. Des rêves qu’on a laissés quelque part en chemin. Des versions de soi qu’on a quittées, parfois sans même s’en apercevoir.

Toutes ces petites et grandes morts qui ne demandent pas forcément qu’on les pleure encore. Juste qu’on leur fasse une place. Qu’on reconnaisse qu’elles ont existé. Qu’elles ont compté. Qu’elles font, elles aussi, partie de ce qui continue à vivre en nous.

J’aime que l’automne ne me demande pas de faire le tri entre ce qui me manque et ce dont je suis heureuse d’être débarrassée.

Et puis, quelle aubaine de savoir qu’il reviendra l’année prochaine !

Que chaque automne nous offrira de retrouver nos morts, nos silences, nos renoncements. Pas pour recommencer le même deuil, ni pour en finir avec lui. Juste pour le traverser autrement, avec tout ce que les saisons auront fait de nous.

J’aime cette idée qu’on ne termine jamais vraiment de faire le deuil. Qu’on apprend plutôt à vivre avec, à le rencontrer différemment, au fil des saisons.

Et que pendant ce temps, la nature, elle, continue de nous promettre des printemps. C’est fou, comme je trouve ça doux !

Il y a quelque chose de profondément tendre dans cette saison qui se dépouille et qui, pourtant, n’a jamais autant de couleurs chaudes.

Comme si elle nous rappelait que perdre de la lumière n’est pas nécessairement perdre de sa beauté.

Que l’automne n’est pas seulement la saison où l’on accepte de perdre. C’est aussi celle où l’on découvre qu’on peut continuer à aimer la vie avec tout ce qui n’y est plus.

Et qu’il existe des façons merveilleuses de se sentir vivant, même sous un ciel lourd et infiniment gris…

- Marie Boelaerts

Et pourtant, c’est une psychologue dont le travail repose sur la parole qui vous le dit :Parler ne fait pas toujours du ...
15/10/2026

Et pourtant, c’est une psychologue dont le travail repose sur la parole qui vous le dit :

Parler ne fait pas toujours du bien. Non.

Déposer ses blessures, ses traversées ou ce qui compte pour soi entre les mains de quelqu’un est un acte d’une profonde vulnérabilité.

Il ne suffit pas de parler pour être soulagé. Ni d’écouter pour que l’autre se sente accueilli.

Parler à l’autre. Être écouté. Et puis rien. Le néant, le vide, la solitude.

Pas un mot pour reconnaître ce que cela coûte d’arriver à se dire.

Et parfois, pire encore, la relation continue comme si rien n’avait été confié. Comme si rien de ce qui avait été dit ne méritait de rester vivant dans la relation.

C’est là que se situe notre responsabilité.

Un cabinet de psychologie ne devient pas un espace de soin par le seul fait qu’on y parle. Une parole insuffisamment accueillie peut raviver la blessure plutôt que l’apaiser.

Se méfier de la psychologie après cela n’a rien d’absurde. Cette méfiance a parfois de solides raisons d’exister.

Pourquoi confondre expression et soin ? Écoute et accueil ? Confidence et rencontre humaine ?

Recevoir la vulnérabilité de quelqu’un nous engage.

Pas à trouver les mots parfaits.
Pas à réparer ce dont nous ne sommes pas responsables.
Pas à porter toute la souffrance de l’autre.

Un « je ne sais pas quoi dire » ne signifie pas « je ne peux rien offrir ».

Un regard. Un geste. Un mot. Un message quelques jours plus t**d. Une attention qui signifie que cela a compté.

Nous apprenons à parler. Bien moins à recevoir ce qui nous est confié comme une part de l’autre.

Une responsabilité immense, comme thérapeute, et plus fondamentalement encore, comme être humain.

Trop de personnes ne se taisent pas parce qu’elles n’ont rien à dire. Elles se taisent parce qu’elles ont déjà trop souvent parlé sans être véritablement rencontrées.

Alors non, parler ne fait pas toujours du bien.

Ce qui peut faire du bien, c’est de découvrir que ce qu’on a osé déposer existe désormais quelque part dans l’espace de la relation, dans ce mouvement vivant entre nous.

Et que, cette fois, cette parole ne sera ni laissée tomber, ni rendue invisible.

🌙✨
- Marie Boelaerts

Il est arrivé un peu en avance. Je suis allée à sa rencontre dans la salle d’attente.Il me dépassait facilement de 50 cm...
11/10/2026

Il est arrivé un peu en avance. Je suis allée à sa rencontre dans la salle d’attente.

Il me dépassait facilement de 50 cm. Pourtant, une fois assis sur mon fauteuil de consultation, il m’a semblé tout petit…

Non pas de taille. Petit de ne pas savoir que faire de ses mains, qu’il triturait sans cesse. Fragile de ne pas savoir poser son regard dans le mien. Presque frêle, malgré sa large carrure, de ne pas savoir comment prendre sa place sur mon canapé deux personnes.

Sa famille s’inquiétait pour lui. C’est au nom de celle-ci qu’il était venu.

Il ne savait pas me dire comment il allait, sauf qu’il en avait bavé et qu’il était tout sauf intéressant, capable de s’exprimer, voire intelligent.

Je lui ai demandé s’il avait l’habitude de se diminuer autant ou si c’était simplement pour marquer le coup de notre premier rendez-vous.

Il a souri…

Et j’ai senti que j’avais gagné un peu de terrain. Dans l’espace qu’il met habituellement entre lui et les gens, j’ai senti la possibilité d’obtenir un passe-droit vers un peu de son authenticité.

Il aurait pu ne pas revenir. Je lui ai proposé un rendez-vous dans une semaine ou dans deux. Il a choisi la semaine suivante.

Il m’a regardée quelques secondes de son regard bleu, toujours inquiet.
Je le lui ai fait remarquer.

Il est parti en souriant : « Je ne regarde pas les gens. »

« Ça tombe bien. Je suis simplement psy, pas les gens. Et on va tenter de créer un espace où vous pourrez choisir ce qu’on regarde ensemble… ou non. »

Il a souri, à nouveau, en coin cette fois-ci.
Il m’a payée. Et il est parti…

— FENÊTRE SUR PSY…
Marie Boelaerts

Il y a des gens qui n’ont pas les mots…Que ce soit pour évoquer comment ils vont quand cela va bien,et encore moins lors...
06/10/2026

Il y a des gens qui n’ont pas les mots…

Que ce soit pour évoquer comment ils vont quand cela va bien,
et encore moins lorsqu’il s’agit d’oser se déposer et se dire quand tout devient chaotique.

Souvent, à force de n’avoir jamais été encouragés à parler de leurs sentiments,
d’avoir vu leurs émotions de cœur d’enfants banalisées ou niées,
ils ont appris à faire comme si.

Comme si tout allait bien.
Comme si rien n’allait mal.

Le cœur souvent caché derrière un tas de croyances, dont celle qu’être émotionnel, ce n’est pas fait pour eux.

Parlez-leur de vulnérabilité,
ils détournent parfois le regard
et amorcent un recul tactique.

Il y a des gens dont l’être finit parfois par déborder en symptômes,
dont l’extérieur semble froid
et pourtant…

À l’entrée de leur cœur,
il y a un garde-fou
qui ne laisse que rarement passer,
avec contrôle et parcimonie,
l’humanité d’un être soigneusement choisi.

Il y a des gens qui n’ont pas les mots
et qui en méritent…

Cœur sur eux 🫶🏼✨

S’il y a bien une chose que je ne suis pas, c’est mesurée.Dyscalculique au premier degré, cela ne m’a jamais aidée à com...
01/10/2026

S’il y a bien une chose que je ne suis pas, c’est mesurée.

Dyscalculique au premier degré, cela ne m’a jamais aidée à compter. (Oups…)

Mesurer mon engagement, doser mon énergie, savoir jusqu’où donner sans me perdre en chemin… ce sont des concepts qui me sont longtemps restés assez étrangers. J’apprends. Non pas avec facilité.
Quel est le principe de la mesure quand on s’engage à fond ? Quand s’impliquer devient aussi évident que de respirer ?

Mon baromètre intérieur oscille volontiers entre « wow, c’est géniaaaaal » et « non, je ne veux pas de cette partie ». Entre être extatique et affirmer très clairement mon point de vue, je ne pense pas être la reine de la mesure émotionnelle et de la neutralité. (Encore un mot que je n’aime pas du tout…)

Un jour, quelqu’un a noté que j’étais dotée d’une « implication émotionnelle excessive ». Et ce n’était pas pour m’encourager à persévérer, ni dans le but de me flatter. (Bien entendu, quand on a la capacité socio-émotionnelle d’une huître…)

Bref, je suis engagée.
Pas mesurée.

La souffrance est un très bon maître.

Non pas pour arrêter de s’engager. (On ne change pas un ADN de bélier…)
Pour apprendre à y inclure la protection.
La protection comme mesure.
(Direct, perso, ça ne me vend pas du rêve, moi…)

Peut-être que la mesure, finalement, ce n’est pas donner moins.
C’est apprendre à ne pas se donner tout entière à chaque fois.

Je relis cette phrase. Encore et encore.
J’apprends. ✨☀️

Retrouver le chemin de l’écriture et rencontrer la mesure… Tout un programme !Je n’ai pas écrit ici depuis avril.Je n’ai...
28/09/2026

Retrouver le chemin de l’écriture et rencontrer la mesure… Tout un programme !

Je n’ai pas écrit ici depuis avril.
Je n’ai d’ailleurs quasiment plus écrit depuis lors, à quelques exceptions près.

Pourtant, écrire a pour moi l’exceptionnelle saveur de la liberté d’être.
Celle qui vient lorsque quelque chose en moi a besoin à la fois de contenance, d’espace et d’affirmation.

Je n’écris pas quand je suis trop dans le sombre.
Je n’écris pas non plus quand je suis trop dans le lumineux.
Il me faut sans doute cet entre-deux particulier où quelque chose cherche doucement à prendre forme et à devenir mots.

J’ai aussi traversé une phase de rejet des réseaux sociaux.
Il y a parfois, dans le fil que me propose mon algorithme, un tel télescopage entre les nouvelles terribles du monde et les futilités douces du quotidien que je ne savais plus très bien comment habiter cet espace. Alors, je m’en suis éloignée. Cela me donnait la nausée : le monde fracassé à travers mon écran.

Et pourtant, l’automne me donne envie de revenir ici, comme il m’apaise après un été chargé et m’appelle vers moi.

Quelques mots bienveillants reçus pour prendre de mes nouvelles.
Mille idées de partage accumulées et l’envie, peu à peu, de les déposer ici.

Ce recul m’aura néanmoins permis de comprendre quelque chose : il me faut trouver un équilibre entre la charge que je mets dans mes mots, l’ampleur du temps que je leur consacre, et mon envie qu’ils puissent rencontrer, au bon moment, celui ou celle qui aura besoin de s’y sentir relié·e.

Alors je vais essayer autrement.

Scinder davantage mes élans.
Les déposer en différents éclats.
Laisser plus d’espace entre eux.
Ne pas toujours tout donner en une seule fois, au risque d’ensevelir sous un texte trop dense ce que j’aimerais simplement faire résonner.

Fameux apprentissage pour moi, je vous assure 🤭

Coucou à vous. Cela faisait longtemps… ☀️
À bientôt donc.
Par petits éclats…

— Marie Boelaerts ✨

Un de mes premiers textes sur les réseaux. Un élan du cœur pour parler de ce rôle si particulier : celui de la Mère…✨🫶🏻Q...
10/05/2026

Un de mes premiers textes sur les réseaux.
Un élan du cœur pour parler de ce rôle si particulier : celui de la Mère…
✨🫶🏻
Qu’elle vous soit douce, douloureuse, nostalgique, indifférente, complexe : passez une belle journée de dimanche sous le signe de la Mère… 🌷

✧ 𝐀𝐮 𝐟𝐢𝐥 𝐝𝐞𝐬 𝐦𝐨𝐭𝐬 : 𝐫𝐞𝐯𝐞𝐧𝐨𝐧𝐬 𝐚̀ 𝐥𝐚 𝐦𝐞̀𝐫𝐞 ✧

𝘌𝘯 𝘤𝘦 𝘫𝘰𝘶𝘳 𝘥𝘦 𝘧𝘦̂𝘵𝘦 𝘥𝘦𝘴 𝘮𝘦̀𝘳𝘦𝘴, 𝘫’𝘢𝘷𝘢𝘪𝘴 𝘦𝘯𝘷𝘪𝘦 𝘥𝘦 𝘥𝘦́𝘱𝘰𝘴𝘦𝘳 𝘤𝘦𝘴 𝘮𝘰𝘵𝘴.
𝘗𝘰𝘶𝘳 𝘩𝘰𝘯𝘰𝘳𝘦𝘳 𝘵𝘰𝘶𝘵𝘦𝘴 𝘭𝘦𝘴 𝘮𝘦̀𝘳𝘦𝘴.
𝘊𝘦𝘭𝘭𝘦𝘴 𝘲𝘶𝘪 𝘴𝘰𝘯𝘵 𝘭𝘢̀. 𝘊𝘦𝘭𝘭𝘦𝘴 𝘲𝘶𝘪 𝘯𝘦 𝘭𝘦 𝘴𝘰𝘯𝘵 𝘱𝘭𝘶𝘴.
𝘊𝘦𝘭𝘭𝘦𝘴 𝘲𝘶’𝘰𝘯 𝘤𝘩𝘦́𝘳𝘪𝘵. 𝘊𝘦𝘭𝘭𝘦𝘴 𝘲𝘶’𝘰𝘯 𝘱𝘭𝘦𝘶𝘳𝘦. 𝘊𝘦𝘭𝘭𝘦𝘴 𝘲𝘶’𝘰𝘯 𝘥𝘦𝘷𝘪𝘦𝘯𝘵. 𝘖𝘶 𝘱𝘢𝘴.

———
Revenons à la « mère ».

Humains, nous sommes tou·te·s né·e·s du ventre d’une femme.
C’est une réalité simple. Un fondement de notre identité.
Nous serons toujours en lien avec elle —
qu’il soit tendre, difficile, brisé, silencieux ou lumineux.

La mère fait partie de notre ossature.
C’est, comme j’aime le dire, notre jambe gauche.
Un pilier. Une trace. Une empreinte profonde.
Même lorsqu’elle chancelle, même lorsqu’on s’en éloigne.

Et pourtant…
la maternité — reçue, donnée, transmise, refusée —
charrie en elle une infinité de visages, d’émotions, de fractures et d’élans.
Alors, en ce jour qu’on nomme « fête des mères »,
prenons un instant pour ouvrir les yeux et le cœur
à toutes les réalités qui s’y glissent. Et à toutes celles qui y saignent.

À toutes les mères qu’on appelle « maman »,
et qui rassurent d’un mot, d’une main posée, d’un silence aimant.
À celles dont il a fallu se séparer pour exister, se protéger, se (re)construire.
À celles qui donnent tout — jusqu’à l’épuisement —
et qui portent, en sourdine, la charge mentale d’un foyer, d’une famille, d’un monde à maintenir.
À celles qui n’ont pas su, pas pu…
et qui ont fait « comme elles ont pu » : maladroitement, courageusement, imparfaitement.
À celles qui ont découvert que la maternité n’est pas un conte,
mais parfois un combat, une perte de soi, une révélation aussi.

À celles qui ont choisi de ne pas être mères,
et que la société regarde encore avec suspicion ou mépris.
À celles qui n’y parviennent pas, et dont le ventre ou le cœur pleure ce manque.
À celles qui élèvent seules.
À celles qui culpabilisent — tout le temps, pour tout, même pour ce qui ne leur appartient pas.
À celles qui vivent avec la peur constante de « mal faire ».
À celles qui ne savent pas comment laisser leurs enfants s’éloigner,
car elles craignent de ne plus exister sans eux.

À celles qui sont « seulement » belles-mères,
et qui donnent, avec courage, ce qu’elles peuvent : présence, heurt, tendresse, soutien… ou distance parfois.
Sans toujours être reconnues pour cela.
À celles qu’on appelle jolies-mamans,
mais dont la place reste floue,
entre amour discret et légitimité fragile.

À celles qui ne verront jamais les blessures qu’elles ont infligées.
À celles qui le savent trop bien, et qui se le reprochent en boucle.
À celles qui ne seront plus jamais appelées « maman » :
parce que l’enfant est parti, parce que la vie a fauché, parce que l’indicible est arrivé.
À celles que la langue ne sait pas nommer : mères désenfantées,
portant ce vide comme une absence au cœur du corps.

À celles qui sont mortes,
emportées par la vieillesse, la maladie, ou le silence intérieur.
Et qu’on cherche encore, au fond de nos gestes, dans nos choix, dans notre peau.

À celles qui n’ont pas d’enfant,
et qui ont déposé leur maternité dans un projet, une œuvre, une transmission.
À celles qui ont fait pousser du vivant autrement,
qui ont donné forme au soin, à l’accueil, à la création.
Pour honorer cette énergie maternelle
qu’elles ne porteront peut-être jamais dans leur chair,
mais pleinement dans leur vie.

Et à cette mère intérieure que chacun·e peut cultiver,
à cette capacité à se materner soi-même,
à être mère-veilleux·se pour soi.

À tous ces chemins de mères :
ceux qu’on chérit, qu’on fuit, qu’on pleure, qu’on guérit, qu’on bénit.

À la mère humaine — imparfaite et essentielle.
Qu’on garde en soi comme une boussole…
ou dont on apprend, peu à peu, à se séparer avec tendresse, rage ou résilience.

À la mère.
✧
𝘔𝘢𝘳𝘪𝘦 𝘉𝘰𝘦𝘭𝘢𝘦𝘳𝘵𝘴

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