18/10/2026
Depuis que l’automne est arrivé, je suis excitée comme une puce !
Comme à chaque début de saison, avec une impatience toute particulière pour celle-ci : le retour des variations de lumière, les citrouilles, la reprise de la danse, les gens qui se plaignent du temps, les bougies qui illuminent la maison et les changements d’humeur au rythme de la météo…
Merveilleux automne à vous ! 🧡🍂✨
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J’adore l’automne.
Sans doute parce qu’il apparaît après l’été. Et que ce dernier a été si peu respirable cette année.
J’adore l’automne, pour sa lumière et sa météo maussade. Pour sa noblesse et son crachin gris pourri. Pour l’envie de balader et de respirer l’air qui est enfin présent tout le temps.
J’aime ses arbres qui se déshabillent sans pudeur, et cette façon qu’ont les feuilles de tomber sans qu’on parle d’échec. Comme un immense brouillon éparpillé à terre.
J’aime que tout semble ralentir alors que la vie continue de s’agiter partout. Que le ciel puisse être magnifique à dix heures, franchement dégueulasse à midi et qu’il donne l’impression qu’il fasse noir à quatorze heures. Que personne ne lui demande d’être cohérent.
J’aime les premières fraîcheurs sur les joues rouges, les mains qu’on enfouit dans des manches tirées un peu plus loin, les cous qui s’habillent d’écharpes, les trombes de pluie qui tabassent sur les toits des voitures, ces quelques minutes supplémentaires qu’on s’accorde dans l’habitacle avant d’affronter le dehors en courant entre les gouttes. Les fenêtres derrière lesquelles on regarde la pluie avec le plaisir assez étrange de ne pas devoir être dehors.
Et puis j’aime cette permission silencieuse qu’il semble nous donner.
Celle d’être un peu moins flamboyants.
De ne pas fleurir toute l’année.
De laisser certaines choses mourir sans nécessairement chercher à les remplacer.
L’automne ne me donne pas envie de disparaître. Il me donne envie d’habiter.
Mon corps. Ma maison. Mes pensées. Les liens qui me réchauffent et les silences qui ne me font pas peur. Ou un peu moins.
Et toutes ces morts qui toquent à ma porte.
Celles des êtres qui ne sont plus là. Des liens qui se sont défaits. Des histoires qui n’ont pas eu la fin qu’on leur imaginait. Des rêves qu’on a laissés quelque part en chemin. Des versions de soi qu’on a quittées, parfois sans même s’en apercevoir.
Toutes ces petites et grandes morts qui ne demandent pas forcément qu’on les pleure encore. Juste qu’on leur fasse une place. Qu’on reconnaisse qu’elles ont existé. Qu’elles ont compté. Qu’elles font, elles aussi, partie de ce qui continue à vivre en nous.
J’aime que l’automne ne me demande pas de faire le tri entre ce qui me manque et ce dont je suis heureuse d’être débarrassée.
Et puis, quelle aubaine de savoir qu’il reviendra l’année prochaine !
Que chaque automne nous offrira de retrouver nos morts, nos silences, nos renoncements. Pas pour recommencer le même deuil, ni pour en finir avec lui. Juste pour le traverser autrement, avec tout ce que les saisons auront fait de nous.
J’aime cette idée qu’on ne termine jamais vraiment de faire le deuil. Qu’on apprend plutôt à vivre avec, à le rencontrer différemment, au fil des saisons.
Et que pendant ce temps, la nature, elle, continue de nous promettre des printemps. C’est fou, comme je trouve ça doux !
Il y a quelque chose de profondément tendre dans cette saison qui se dépouille et qui, pourtant, n’a jamais autant de couleurs chaudes.
Comme si elle nous rappelait que perdre de la lumière n’est pas nécessairement perdre de sa beauté.
Que l’automne n’est pas seulement la saison où l’on accepte de perdre. C’est aussi celle où l’on découvre qu’on peut continuer à aimer la vie avec tout ce qui n’y est plus.
Et qu’il existe des façons merveilleuses de se sentir vivant, même sous un ciel lourd et infiniment gris…
- Marie Boelaerts