21/08/2026
𝗛𝗢𝗠𝗠𝗔𝗚𝗘 À 𝗕𝗢𝗟𝗬 𝗜𝗦𝗦𝗢𝗨𝗙 𝗗𝗜𝗧 𝗕𝗔𝗞𝗔𝗥𝗬, 𝗠𝗔Ï𝗘𝗨𝗧𝗜𝗖𝗜𝗘𝗡
𝐿'𝑂𝑟𝑑𝑟𝑒 𝑑𝑒𝑠 𝑆𝑎𝑔𝑒𝑠-𝑓𝑒𝑚𝑚𝑒𝑠 𝑒𝑡 𝑀𝑎ï𝑒𝑢𝑡𝑖𝑐𝑖𝑒𝑛𝑠 𝑟𝑒𝑛𝑑 ℎ𝑜𝑚𝑚𝑎𝑔𝑒 à 36 𝑎𝑛𝑛é𝑒𝑠 𝑎𝑢 𝑠𝑒𝑟𝑣𝑖𝑐𝑒 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑓𝑒𝑚𝑚𝑒 𝑒𝑡 𝑑𝑒 𝑙'𝑒𝑛𝑓𝑎𝑛𝑡
À Dédougou, il est difficile, voire impossible, de parler de maternité sans évoquer le nom de Boly Issouf. C'est avec une profonde reconnaissance que l'Ordre des Sages-femmes et Maïeuticiens s'incline aujourd'hui devant l'un de ses membres les plus dévoués, qui s'apprête à quitter le service après 36 années d'une carrière tout entière consacrée aux femmes et aux enfants du Burkina Faso.
Maïeuticien au Centre Hospitalier Régional de Dédougou depuis 2001, Boly Issouf a marqué de son empreinte des générations de patientes et de collègues, qui saluent en lui un homme de rigueur, de cœur et de dévouement.
Né à Dédougou, il entre à l'École des infirmiers brevetés en 1988. Il débute sa carrière en 1990 à Koupéla, avant de rejoindre Ouagadougou pour trois années de formation au cycle des maïeuticiens. Il sert ensuite à Ouahigouya, Batié et Gaoua, avant de poser ses valises au CHR de Dédougou en 2001. Dans son cercle familial, il est affectueusement appelé Bakary.
Interrogé sur ce qui l'a conduit vers ce métier, il répond avec une conviction intacte : « 𝐿𝑎 𝑓𝑒𝑚𝑚𝑒 𝑒𝑠𝑡 𝑣𝑢𝑙𝑛é𝑟𝑎𝑏𝑙𝑒, 𝑒𝑙𝑙𝑒 𝑠𝑜𝑢𝑓𝑓𝑟𝑒, 𝑒𝑙𝑙𝑒 𝑒𝑠𝑡 𝑙𝑒 𝑝𝑖𝑙𝑖𝑒𝑟 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑓𝑎𝑚𝑖𝑙𝑙𝑒, 𝑐'𝑒𝑠𝑡 𝑙𝑎 𝑝𝑟𝑒𝑚𝑖è𝑟𝑒 à 𝑠𝑒 𝑟é𝑣𝑒𝑖𝑙𝑙𝑒𝑟 𝑒𝑡 𝑙𝑎 𝑑𝑒𝑟𝑛𝑖è𝑟𝑒 à 𝑑𝑜𝑟𝑚𝑖𝑟. 𝐷𝑜𝑛𝑐 𝑎𝑖𝑑𝑒𝑟 𝑙𝑎 𝑓𝑒𝑚𝑚𝑒, 𝑐'𝑒𝑠𝑡 𝑎𝑖𝑑𝑒𝑟 𝑙𝑎 𝑓𝑎𝑚𝑖𝑙𝑙𝑒 𝑒𝑡 𝑝𝑎𝑟𝑡𝑎𝑛𝑡 𝑙𝑎 𝑛𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑒𝑛𝑡𝑖è𝑟𝑒. » Pour lui, un bon maïeuticien doit être disponible, savoir écouter, faire preuve de patience et respecter le secret professionnel : « 𝐿𝑎 𝑝𝑎𝑡𝑖𝑒𝑛𝑐𝑒 𝑒𝑠𝑡 𝑙𝑎 𝑐𝑙é 𝑞𝑢𝑖 𝑜𝑢𝑣𝑟𝑒 𝑙𝑎 𝑝𝑜𝑟𝑡𝑒 𝑜ù 𝑙𝑎 𝑝𝑟é𝑐𝑖𝑝𝑖𝑡𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑎 𝑙𝑎𝑖𝑠𝑠é 𝑓𝑒𝑟𝑚𝑒𝑟 », aime-t-il rappeler. Du secret professionnel, il dira simplement : « 𝐿𝑒𝑠 𝑓𝑒𝑚𝑚𝑒𝑠 𝑠𝑜𝑛𝑡 𝑑𝑒𝑠 𝑝𝑢𝑖𝑡𝑠 𝑝𝑟𝑜𝑓𝑜𝑛𝑑𝑠. »
Ces qualités, ses collègues les retrouvent au quotidien. Le Dr Yaméogo, née Coulibaly Alimata, gynécologue au CHR de Dédougou, le décrit comme un professionnel dévoué, compétent et expérimenté, toujours disponible pour ses patientes. Mme Toé/Bambara Martine, sage-femme, salue sa générosité dans la transmission du savoir. Les patientes, elles, le décrivent comme simple, gentil, respectueux, à l'écoute et toujours de bon conseil.
Boly entretient avec ses patientes une relation empreinte d'affection et de malice : il les appelle « 𝑠𝑜𝑟𝑐𝑖è𝑟𝑒𝑠 », une manière, dit-il, de les magnifier.
De ses 36 années de carrière, deux souvenirs restent gravés dans sa mémoire. Le premier, douloureux, celui d'une jeune femme répudiée pendant sa grossesse, abandonnée par son mari, et décédée peu après son accouchement. Le second, empreint de joie, celui d'un couple longtemps confronté à l'infertilité et aux rumeurs, jusqu'à la naissance d'un enfant qui a comblé de bonheur un père submergé d'émotion.
À l'heure de la retraite, Boly Issouf se dit heureux d'avoir consacré 36 années à ce qu'il considère comme « 𝑙𝑒 𝑝𝑙𝑢𝑠 𝑛𝑜𝑏𝑙𝑒 𝑑𝑒𝑠 𝑚é𝑡𝑖𝑒𝑟𝑠 ». Il invite la jeune génération à cultiver la patience, la persévérance et le goût du travail bien fait.
« 𝐼𝑙 𝑣𝑎 𝑏𝑒𝑎𝑢𝑐𝑜𝑢𝑝 𝑛𝑜𝑢𝑠 𝑚𝑎𝑛𝑞𝑢𝑒𝑟 », confie Mme Toé/Bambara Martine. Le Dr Yaméogo lui souhaite une retraite paisible, pleinement méritée.
C'est donc avec une profonde gratitude que l'Ordre des Sages-femmes et Maïeuticiens salue le parcours de Boly Issouf dit Bakary. En 36 années de service, il a incarné avec dignité les valeurs mêmes de notre profession : l'écoute, la patience, la compétence et le respect absolu de la personne humaine.
Avant de partir, il remercie sa famille, ses collègues, sa hiérarchie et la population, et demande pardon à ceux qu'il aurait pu offenser, comme à ceux qui l'auraient offensé, rappelant qu'« 𝑎𝑢𝑐𝑢𝑛 ℎ𝑜𝑚𝑚𝑒 𝑛'𝑒𝑠𝑡 𝑝𝑎𝑟𝑓𝑎𝑖𝑡 ».
𝗔𝘂 𝗻𝗼𝗺 𝗱𝗲 𝗹'𝗲𝗻𝘀𝗲𝗺𝗯𝗹𝗲 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗽𝗿𝗼𝗳𝗲𝘀𝘀𝗶𝗼𝗻, 𝗹'𝗢𝗿𝗱𝗿𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗦𝗮𝗴𝗲𝘀-𝗳𝗲𝗺𝗺𝗲𝘀 𝗲𝘁 𝗠𝗮ï𝗲𝘂𝘁𝗶𝗰𝗶𝗲𝗻𝘀 𝗹𝘂𝗶 𝘀𝗼𝘂𝗵𝗮𝗶𝘁𝗲 𝘂𝗻𝗲 𝗿𝗲𝘁𝗿𝗮𝗶𝘁𝗲 𝗹𝗼𝗻𝗴𝘂𝗲, 𝗽𝗮𝗶𝘀𝗶𝗯𝗹𝗲 𝗲𝘁 𝗵𝗲𝘂𝗿𝗲𝘂𝘀𝗲.