07/30/2026
Je remarque à quel point une grande partie de notre vie s’organise autour des opposés.
Lorsque la peur apparaît, elle devient rapidement le problème… et la sécurité, la solution.
Lorsque le manque se fait sentir, il devient le problème… et l’abondance, la solution.
Lorsque la maladie survient, elle devient le problème… et la santé, la solution.
Lorsque le rejet nous atteint, il devient le problème… et l’approbation, la solution.
Cette manière de voir paraît tellement naturelle que nous la questionnons rarement.
Une situation réelle se présente, parfois difficile, parfois douloureuse, et nous cherchons naturellement ce qui pourrait la transformer. Il n’y a rien à condamner là-dedans.
La peur peut demander une protection.
Le manque peut nécessiter une réponse concrète.
La maladie peut demander des soins.
Une relation peut exiger une parole, une limite ou même un départ.
Mais depuis quelque temps, une autre question me travaille :
Qu’est-ce que nous demandons au pôle recherché, en plus de résoudre ce qu’il peut réellement résoudre?
Demandons-nous à la sécurité de répondre à un danger concret… ou de nous garantir que plus rien ne viendra jamais nous ébranler?
Demandons-nous à l’abondance de répondre à un besoin réel… ou de nous confirmer définitivement que nous avons de la valeur?
Demandons-nous à la santé de soutenir le corps… ou de faire disparaître toute vulnérabilité?
Demandons-nous à l’approbation de reconnaître quelque chose de vrai… ou de nous rendre enfin entiers?
C’est peut-être là que le mouvement se referme.
Non pas parce que la sécurité, l’abondance ou la santé seraient fausses, indignes ou « trop matérielles », mais parce que nous leur confions une tâche qu’aucune condition humaine ne peut accomplir : nous assurer que le pôle refusé ne reviendra jamais.
Or le monde humain oscille.
La sécurité peut être ébranlée.
L’abondance peut devenir manque.
La santé peut rencontrer la maladie.
L’approbation peut se changer en rejet.
Ce qui nous rassure aujourd’hui peut devenir demain une nouvelle source d’inquiétude.
Et si notre souffrance ne venait pas seulement du pôle que nous refusons, mais aussi de l’exigence que son contraire demeure enfin acquis?
Nous passons alors une grande partie de notre existence à tenter de quitter un côté pour rejoindre l’autre, puis à protéger le côté obtenu contre son inévitable changement.
La peur devient une puissance.
La sécurité en devient une autre.
Le manque semble avoir le pouvoir de nous diminuer.
L’abondance reçoit celui de nous restaurer.
La maladie paraît pouvoir nous enlever notre entièreté.
La santé devient chargée de nous la rendre.
Mais ces opposés sont-ils réellement deux pouvoirs qui s’affrontent?
Ou sont-ils les deux pôles mouvants d’une même expérience humaine?
Il ne s’agit pas de nier la peur, le manque ou la maladie. Il ne s’agit pas davantage de renoncer à rechercher la sécurité, l’abondance ou la santé lorsque des réponses concrètes sont nécessaires.
Il s’agit de voir le moment presque invisible où le personnage demande à une condition changeante de lui rendre ce qui n’a peut-être jamais été réellement perdu.
Même la recherche spirituelle peut rester enfermée dans ce mouvement.
Nous pouvons demander à la Source, à la Présence ou à l’E‑S.P.A.C.E. de nous faire passer du « mauvais » côté au « bon », comme si la spiritualité était une puissance supérieure chargée de faire gagner le pôle que nous préférons.
La 4D deviendrait alors simplement la solution spirituelle aux difficultés de la 3D.
Mais est-ce réellement un passage vers une autre profondeur… ou seulement la poursuite du même combat avec un vocabulaire plus spirituel?
La 4D n’est pas le « bon côté » de la 3D.
Elle ne vient pas abolir l’expérience humaine, empêcher ses oscillations ni garantir au personnage une vie sans peur, sans manque et sans vulnérabilité.
Elle ouvre peut-être une reconnaissance plus radicale :
L’expérience peut changer de pôle sans que l’E‑S.P.A.C.E. dans lequel elle apparaît ait jamais changé de côté.
Alors une question demeure ouverte :
Est-ce que je cherche une réponse juste à ce qui se présente… ou est-ce que j’attends encore du pôle opposé qu’il me rende enfin entier?
« L’EXPÉRIENCE CHANGE DE PÔLE;
L’E‑S.P.A.C.E. N’A JAMAIS CHANGÉ DE CÔTÉ. »
Cette interrogation traversera la prochaine halte de la Traversée estivale.
Halte #6
Mardi 4 août 2026 à 19 h
À Brigham et sur Zoom
Participation sous forme d’offrande
Va voir cette page pour plus de détails:
https://yvesmayer.newzenler.com/courses/halte-6