10/07/2026
Ce que 2026 m’a fait traverser jusqu’à maintenant -
Une connaissance reste une connaissance tant qu'elle n'a pas rencontré la vie.
Le premier grand passage a eu lieu avant même mon départ du salariat, le 23 mars, avec ma quasi-noyade. J’ai rencontré l’océan et une force beaucoup plus grande que moi. Je tentais de survivre en me battant contre l’eau, jusqu’à reconnaître que cette lutte était épuisante et, au fond, contre nature. L’océan m’a confrontée à quelque chose que je suis encore en train d’intégrer : je ne peux pas tout maîtriser.
Quelques semaines plus t**d, j’ai quitté le salariat. J’ai quitté une structure sécurisante, une « cage dorée », sans savoir exactement ce qui allait prendre sa place. J’ai fait un saut dans l’inconnu. Le vide.
Depuis mon départ, je n’ai pas construit une nouvelle carrière selon un plan préétabli. J’ai expérimenté : j’ai créé des cercles, des cérémonies de la Rose, des expériences autour du cacao, des espaces en nature. J’ai changé de lieux, testé des formats, rencontré des femmes, créé des collaborations et observé les réponses du réel. Certaines choses ont fonctionné et d’autres moins.
J’ai appris à ne pas interpréter chaque absence de réponse comme un échec. J’apprends à observer avant de forcer, à laisser la vie répondre, à ne pas tirer sur la fleur et à ne pas arracher les feuilles. Pendant ces quatre mois, Espace Sacré a lui aussi commencé à changer. Je ne cherche plus seulement à être entrepreneure. Je cherche à reconnaître la forme juste pour ce que je suis devenue.
Le pèlerinage en France aura été l’un des pétales les plus incarnés de mon année. Sainte-Baume, les Saintes-Maries, les terres cathares, les pas posés dans les lieux, les rencontres, les silences et surtout cette intention : marcher pour rendre grâce. Je n’ai pas seulement réfléchi à la notion de la Voie de la Rose, je l’ai marchée. Quelque chose de plus grand que la Voie de la Rose s’est incarnée dans cette expérience.
Cette évidence que je ne veux pas proposer aux femmes une voie que j’aurais simplement étudiée ou théorisée de l’extérieur, car je vis ce chemin depuis l’intérieur. Le pèlerinage m’a rappelé que la voie ne se révèle pas toujours avant de partir. Elle se révèle en marchant.
On m’a suggéré de prendre davantage ma place d’enseignante dans mes cérémonies de la Rose. Je reconnais qu’il existe un véritable espace de transmission. Je peux transmettre des connaissances, des repères, des symboles, des pratiques, des éléments de la lignée et des clés de compréhension, mais je ne veux pas devenir pour autant « l’enseignante de la Rose » au sens de celle qui détiendrait toute la vérité sur cette voie.
Je ne suis pas l’encyclopédie de la lignée de la Rose et je n’ai pas besoin de le devenir. La lignée de la Rose peut nourrir l’imaginaire et le mental. Elle peut être fascinante et riche, mais ce n’est pas l’axe principal de la Voie de la Rose que je propose. Mon axe est davantage celui-ci : la connaissance ouvre la conscience, le corps fait sa propre expérience, le rituel donne du sens au passage et la femme revient à son propre centre. Bien sûr, je peux prendre ma place et transmettre sans avoir besoin de tout savoir et partager ce que j’ai expérimenté puis reconnaître honnêtement ce que je ne connais pas encore.
Je vois aujourd’hui un lien profond entre l’océan et ma relation à la Rose. Un système à maîtriser demanderait de connaître toutes les règles, tous les symboles, toutes les réponses, toutes les nuances. Or, l’océan m’a appris autre chose : je ne maîtrise pas l’océan, j’apprends à le connaître, à sentir ses courants, à reconnaître sa force, à savoir quand avancer, quand ralentir, quand flotter, et quand rejoindre la rive. C’est aussi ainsi que je veux vivre la Rose. Je peux guider et tenir un espace avec elle, mais je n’ai pas besoin de posséder la voie pour la marcher.
Je vois déjà 2026 comme une année de mort-renaissance. Plusieurs choses sont mortes ou sont en train de mourir : une ancienne façon de survivre, révélée par l’océan; une sécurité professionnelle, avec mon départ du salariat; certaines représentations de ce que devait être mon entreprise; le besoin de tout comprendre avant de me sentir légitime et l’idée que je devrais déjà savoir exactement où je vais.
Quelque chose d’autre est en train de naître; une femme qui habite davantage sa vie. Une entrepreneure qui expérimente sans tout contrôler. Celle qui accepte de ne pas être l’experte. Une femme qui marche sa voie au lieu de seulement en parler. Une Voie de la Rose qui devient de plus en plus incarnée. Bref, un Espace Sacré qui existe à partir de mon expérience réelle.
Je sens pourtant que cette traversée n’est pas terminée, alors je marche, j’écoute et j’expérimente dans l’instant. Je laisse mourir ce qui n’est plus vivant et, en même temps, je donne de l’espace à ce qui cherche à naître. Je ne suis pas en train de construire une nouvelle vie, je suis en train de naître à la mienne avec ces parts d’inconnu et de mystères qui émergent et avec lesquelles j'ai plus d’aisance à naviguer.
La Rose n'est pas un territoire que tu dois connaître depuis la connaissance, c'est un chemin dans lequel tu marches dans l’expérience, la voie depuis l’intérieur de ton être. C’est ainsi qu’elle se révèle.
Peut-être est-ce là que commencent les pétales bleus...
Je suis là pour marcher avec toi.
Je te transmets des repères à partir d’une voie que tu habites toi-même.
Avec Amour,
Mélanie