08/13/2026
🧠Attention aux diagnostics express en santé mentale
Vous remplissez un questionnaire… et quelques minutes plus t**d : « Vous avez un TDAH », « vous êtes autiste », « vous souffrez de tel trouble ».
Un questionnaire ne donne pas un diagnostic.
Un même symptôme peut avoir plusieurs explications, et un questionnaire, pris isolément, ne permet pas nécessairement de les distinguer. La littérature sur le TDAH montre d’ailleurs que les échelles de symptômes utilisées seules ont une spécificité insuffisante pour établir le diagnostic.
Un diagnostic sérieux repose sur une constellation de symptômes et leur organisation clinique : leur apparition, leur évolution, les contextes dans lesquels ils surviennent, leur impact sur le fonctionnement, l’histoire développementale et les autres hypothèses qui pourraient expliquer les difficultés.
Même mes collègues en psychologie me disent que, pour eux, poser un diagnostic peut parfois nécessiter plusieurs rencontres.
Et en neuropsychologie, l’évaluation peut comprendre des entretiens avec la personne, l’analyse de son histoire développementale, des tests standardisés et, lorsque c’est pertinent, des entretiens avec des membres de la famille ou d’autres personnes qui la connaissent bien. L’ensemble des entretiens, de l’évaluation et des analyses peut facilement représenter jusqu’à six heures de travail clinique.
C’est justement parce qu’un diagnostic ne consiste pas à additionner les réponses à un questionnaire. Il faut intégrer l’ensemble des informations et comprendre comment les symptômes s’organisent chez cette personne précise.
📚 Référence scientifique
Marshall, P., et al. (2021). Diagnosing Attention-Deficit/Hyperactivity Disorder (ADHD) in Adults: A Qualitative Review of the Utility of Assessment Measures and Recommendations for Improving the Diagnostic Process. The Clinical Neuropsychologist, 35(8), 1654–1675.
🎬 Montage : navin — Ibrahim Adamou
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