07/22/2026
Texte d’un professeur à l'Université Laval et chercheur à l'IUCPQ. Il s'intéresse à la santé cardiométabolique et voici son opinion que je partage (mon commentaire en image ajoute des causes constructives et compare à une situation similaire chez la femme)
Il dit:
« Je salue la prise de position du Dr Rémi Rabasa-Lhoret dans La Presse concernant la tendance actuelle à vouloir prescrire de la testostérone à grande échelle.
Cette tendance ne se limite pas à l’armée américaine. Elle s’inscrit dans un mouvement beaucoup plus large, notamment dans certains cercles masculinistes et sur les réseaux sociaux, où la testostérone est devenue un symbole de virilité, de performance et de « puissance masculine ».
Le problème? La biologie humaine est beaucoup plus complexe que ces slogans.
Un faible taux de testostérone n’est pas simplement un manque d’« hormones de mâle ». Il peut être la conséquence de plusieurs facteurs comme l’inactivité physique, le diabète de type 2, des troubles du sommeil, certaines maladies chroniques, le stress, mauvaise qualité de l’alimentation, etc.
La solution n’est pas toujours d’injecter une hormone. Il faut d’abord comprendre pourquoi les taux sont bas.
La supplémentation testostérone est un traitement médical utile pour les personnes qui présentent un véritable déficit en testostérone confirmé par une évaluation médicale. Mais chez les hommes qui n’ont pas d’indication médicale claire, il n’existe aucune preuve solide que la supplémentation améliore la longévité, la santé globale ou les performances.
Et ce n’est pas un traitement anodin.
Une administration de testostérone sans indication peut interrompre la production de spermatozoïdes et compromettre la fertilité, augmenter le nombre de globules rouges et le risque de complications liées aux caillots et de maladies cardiovasculaires, possiblement de certains cancers aussi. Elle doit nécessiter une surveillance médicale rigoureuse.
Ce qui est particulièrement préoccupant, c’est lorsque des solutions pharmacologiques deviennent des symboles de masculinité et remplacent une approche plus nuancée de la santé des hommes.
Nous avons effectivement un problème lorsque certains discours réduisent la masculinité à la force, à la domination et aux taux d’hormones.
La santé des hommes mérite mieux que des promesses faciles et des solutions miracles.
La santé doit être guidée par les données probantes, pas par l’idéologie «
- Benoît Arsenault