10/09/2026
MES 5 SUJETS DE SANTÉ QUI ME METTENT LE PLUS MAL À L’AISE…
Il y a des sujets dont je parle avec beaucoup d’enthousiasme. Et il y en a d’autres qui me préoccupent profondément.
Pas parce qu’ils sont controversés. Pas parce que je cherche à provoquer.
Mais parce que j’ai parfois l’impression que nous avons perdu de vue certaines questions fondamentales en matière de santé.
Voici cinq situations qui me mettent particulièrement mal à l’aise.
1️⃣ LA BANALISATION DES MÉDICAMENTS POUR LE TDAH CHEZ NOS ENFANTS
Je ne remets pas en question l’existence du TDAH ni le fait que certains enfants bénéficient réellement d’un traitement médicamenteux.
Ce qui me préoccupe, c’est la possibilité que nous accordions parfois trop peu de place aux besoins de soutien, à l’environnement familial et scolaire, au sommeil et aux interventions non médicamenteuses.
Ces médicaments peuvent être utiles, mais ils comportent aussi des effets indésirables qui méritent d’être expliqués.
Avons-nous toujours suffisamment exploré les besoins de l’enfant avant de privilégier une prescription?
2️⃣ L’ACCEPTATION DU SURPOIDS ET LA CONFUSION ENTRE APPARENCE ET SANTÉ
Je suis entièrement favorable au respect des personnes, peu importe leur poids ou leur apparence.
Mais je suis mal à l’aise lorsque le désir légitime de combattre la discrimination nous empêche de discuter des conséquences possibles d’un excès de masse grasse sur la santé.
Le surpoids n’est pas synonyme de mauvaise santé chez tout le monde. La distribution du gras, notamment viscéral, et la santé métabolique comptent énormément.
On peut accepter toutes les apparences sans nier les risques biologiques associés à l’excès de tissu adipeux.
3️⃣ LA CONSOMMATION D’ANTIDÉPRESSEURS CHEZ NOS ADOLESCENTS
La dépression est une véritable maladie et elle peut être extrêmement grave.
Les antidépresseurs peuvent être bénéfiques, notamment dans certaines dépressions modérées à sévères.
Mais je m’interroge sur la place qu’ils occupent dans notre réponse à la détresse psychologique des jeunes.
Avons-nous suffisamment investi dans la psychothérapie, le soutien familial, les relations sociales, l’activité physique et l’amélioration du sommeil?
Avant de chercher uniquement à modifier la chimie du cerveau, cherchons-nous suffisamment à comprendre ce qui contribue à la souffrance?
4️⃣ LES MÉDICAMENTS GLP-1 COMME NOUVELLE RÉPONSE À PRESQUE TOUT
Depuis quelques années, la perte de poids semble être devenue une solution à une multitude de problèmes de santé.
Et les nouveaux médicaments agissant sur les récepteurs du GLP-1 occupent une place grandissante.
Je reconnais pleinement leurs bénéfices démontrés dans certaines populations, notamment sur le poids, le diabète et certains risques cardiovasculaires.
Mais pourquoi parlons-nous parfois davantage de ces médicaments que des stratégies permettant de préserver la santé métabolique à long terme?
Alimentation, activité physique, masse musculaire, sommeil, santé du microbiote…
La perte de poids peut être un outil important, mais la santé et la longévité ne se résument pas au chiffre sur une balance.
5️⃣ LES MÉDICAMENTS ANTICHOLINERGIQUES ET LE RISQUE DE DÉMENCE
C’est probablement l’un des sujets qui me préoccupent le plus.
Certains médicaments largement utilisés possèdent une activité anticholinergique : certains antihistaminiques, médicaments contre l’incontinence, antidépresseurs et somnifères.
Or, une grande étude publiée dans JAMA Internal Medicine a observé qu’une exposition cumulative élevée à des anticholinergiques puissants était associée à une augmentation d’environ 54 % du risque de démence.
Il s’agit d’une association observationnelle, et non de la démonstration que ces médicaments causent directement la démence.
Mais je trouve tout de même préoccupant que tant de personnes ignorent ces données, particulièrement lorsqu’elles prennent ces médicaments pendant plusieurs années.
Pourquoi ces risques potentiels ne font-ils pas davantage partie des discussions entre professionnels de la santé et patients?
Il ne s’agit évidemment pas d’arrêter un traitement prescrit sans accompagnement médical.
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CE QUI ME PRÉOCCUPE DANS CES CINQ SITUATIONS…
Ce n’est pas l’existence des médicaments.
La médecine moderne a accompli des progrès extraordinaires et plusieurs traitements changent réellement des vies.
Ce qui me préoccupe, c’est notre tendance à chercher des solutions pharmacologiques sans toujours accorder suffisamment d’importance à la prévention, à l’environnement, aux habitudes de vie et aux mécanismes biologiques fondamentaux.
Mon expertise est le vieillissement cellulaire et la longévité en santé.
Et cette perspective m’amène à poser une question qui devrait, selon moi, occuper une place centrale dans nos décisions :
Est-ce que nous cherchons seulement à contrôler un symptôme aujourd’hui, ou également à préserver la santé et les capacités de la personne pour les prochaines décennies?
Les deux objectifs ne sont pas incompatibles. Ils devraient être complémentaires.
Je ne prétends pas détenir toutes les réponses. Mais je crois profondément que nous devons pouvoir discuter de ces questions ouvertement, avec rigueur scientifique, nuance et respect.
📚 Quelques références scientifiques (PubMed)
• Gray et al., 2015. Cumulative Use of Strong Anticholinergics and Incident Dementia. JAMA Internal Medicine. PMID : 25621434.
• Livingston et al., 2024. Dementia prevention, intervention, and care: 2024 report of the Lancet standing Commission. Lancet. PMID : 39096926.
• Cipriani et al., 2018. Comparative efficacy and acceptability of 21 antidepressant drugs for the acute treatment of adults with major depressive disorder. Lancet. PMID : 29477251. (Données chez les adultes, et non chez les adolescents.)
👉 Et vous, lequel de ces cinq sujets vous préoccupe le plus?
Je vous invite à partager vos réflexions et à poser vos questions. Mon objectif n’est pas d’imposer une opinion, mais de favoriser des échanges constructifs sur des enjeux de santé qui méritent toute notre attention.