Mon coach à moi - Stéphane Lapeyre

Mon coach à moi - Stéphane Lapeyre 👉Entraîneur privé dédié aux professionnels à l'agenda chargé.
👉Entraîneur privé pour retraités actifs soucieux de leur vitalité.

08/24/2026

Il y a une fierté un peu particulière à descendre un escalier de côté, deux jours après une séance de jambes. Comme une médaille. La preuve, se dit-on, qu'on s'est « vraiment » entraîné.

Alors je vais casser quelque chose. Les courbatures ne mesurent pas la qualité d'une séance. Elles mesurent surtout que tu as fait un effort inhabituel. Un débutant a mal partout ; un sportif aguerri, presque jamais — et devine lequel des deux progresse le plus. Être « raqué » le lendemain, ce n'est ni un diplôme ni un échec : c'est une information, rien de plus.

Derrière cette croyance, il y en a une plus grande et plus vieille : « no pain no gain. » Pas de douleur, pas de résultat. On a grandi avec, quelque part entre les cassettes d'aérobie des années 80 et l'imaginaire militaire. Sauf que la science de l'entraînement a avancé depuis.

Le progrès ne vient pas de la douleur. Il vient d'un bon stimulus, répété, puis de la récupération qui laisse le corps s'adapter. Encore faut-il distinguer deux sensations qu'on mélange sans arrêt.

Il y a le bon inconfort : l'effort, la brûlure d'un muscle qui travaille, le souffle court. Celui-là construit, tu peux le traverser. Et il y a la douleur, la vraie : l'articulation qui proteste, la pointe vive, celle qui s'installe le lendemain et reste. Celle-là te demande d'arrêter. L'ignorer n'a jamais rendu personne plus fort — seulement plus blessé.

Après 50 ans, la nuance devient capitale. Pousser dans la douleur ne fait pas progresser, ça abîme. Et une blessure, c'est des semaines d'arrêt, donc du recul. « No pain no gain » finit très souvent en « beaucoup de douleur, aucun gain ».

Attention, l'excès inverse est un piège tout aussi bête. Personne ne progresse dans le confort total, à ne jamais forcer. Le vrai travail demande un effort réel, un inconfort assumé — mais un inconfort choisi et dosé, pas une douleur subie qu'on exhibe comme un trophée.

Au fond, on a moralisé la souffrance. Comme si se faire mal prouvait qu'on le méritait. Ton corps, lui, ne distribue pas de bons points à la douleur. Il répond à la justesse.

Alors voici une idée à contre-courant de tout ce qu'on t'a appris : une bonne séance ne devrait pas te laisser complètement vidé. Bien menée, elle te laisse fatigué, d'accord — mais souvent plus vivant qu'en arrivant. La tête plus claire, le corps réveillé, l'envie de revenir demain. Si tu ressors systématiquement à plat, détruit, méfie-toi : c'est rarement le signe d'une bonne séance, plus souvent celui d'une séance de trop.

Serrer les dents dans la douleur, tout le monde peut le faire une fois.
En faire juste assez, assez souvent, assez longtemps pour être encore là dans dix ans — voilà la vraie force.

08/22/2026

Il y a quelques semaines, une femme s'est relevée du sol sans prendre appui sur ses mains.

Rien de spectaculaire, en apparence. Elle s'est simplement remise debout. Mais pour elle, c'était énorme : ça faisait des années qu'elle n'y arrivait plus. Et quelque part, elle avait fini par croire qu'elle n'y arriverait plus jamais.

Ce jour-là, ce n'est pas un exercice qu'elle a réussi. C'est une idée qui s'est fissurée. L'idée que c'était fini pour elle. Que son corps ne ferait plus que décliner. Que le mieux était derrière.

Et des moments comme celui-là, j'en vois souvent. L'homme qui remonte enfin son escalier sans s'arrêter à mi-chemin. La femme qui rattache ses souliers debout, sans devoir s'asseoir. Le grand-père qui se met par terre pour jouer avec ses petits-enfants — et qui se relève sans qu'on l'aide. La cliente qui soulève une charge qu'elle regardait, quelques mois plus tôt, comme une montagne.

Parce que la vraie prison, à cinquante, soixante, soixante-dix ans, ce n'est presque jamais le corps. C'est l'histoire qu'on se raconte sur lui. « Je suis trop vieux. » « C'est trop t**d. » « Ce n'est plus de mon âge. » On range ces phrases comme des évidences, et on cesse d'essayer — non pas parce qu'on ne peut plus, mais parce qu'on a arrêté de croire qu'on pouvait.

Et puis le corps répond. Et dans cette victoire, en apparence minuscule, il y a quelque chose d'immense : la preuve, dans sa propre chair, qu'on s'était trompé.

Oui, il y a de la fierté d'y être arrivé — et elle est méritée. Mais ce que je vois surtout sur les visages, à mon studio, c'est autre chose. De la surprise. Presque de l'émerveillement. Comme si on venait de leur rendre quelque chose qu'ils avaient enterré : la possibilité.

Je crois que c'est ça, au fond, une partie de mon métier. Pas fabriquer des corps parfaits. Rendre aux gens la conviction que leur histoire n'est pas écrite.

Alors si toi aussi tu as rangé ton corps du côté des choses qui ne feront que se dégrader, laisse-moi te dire une chose : tu serais sans doute le premier surpris de ce dont il est encore capable. Il suffit, souvent, de lui donner une seule occasion de te le prouver.

08/18/2026

Pose une question simple à quelqu'un qui se dévoue à tout le monde : « Toi, qu'est-ce qui te fait du bien ? » Souvent, il y a un silence.

Il te dira sans hésiter les rêves de ses enfants, les soucis de son conjoint, les urgences de son équipe. Mais ce qui le nourrit, lui — plus personne ne le sait. Pas même lui.

Voilà le vrai coût de tout donner aux autres. Ce n'est pas la fatigue — la fatigue, au moins, ça se voit. C'est l'effacement. On disparaît un service à la fois, jusqu'à devenir un rôle, et non plus une personne.

Et ce rôle, tu l'enseignes. Tes enfants ne feront pas ce que tu leur dis ; ils feront ce que tu fais. En te regardant te mettre en dernier, ils apprennent que c'est ça, être un adulte responsable. Tu crois te sacrifier pour eux. Tu leur transmets, en silence, ta propre façon de t'oublier.

Il y a plus inconfortable encore. Être indispensable, c'est une place très sûre. Tant qu'on te réclame de partout, tu n'as jamais à te demander qui tu es quand tu ne sers à rien. Se rendre nécessaire, c'est parfois la plus discrète des cachettes. On appelle ça du dévouement.
C'est aussi, souvent, une manière de ne jamais avoir à se rencontrer soi-même.

Et l'amour que tu donnes depuis cet endroit-là — épuisé, à sec — n'est pas ton meilleur amour.
C'est ce qu'il te reste, distribué par habitude.
Prendre soin de toi ne retire rien à ceux que tu aimes. C'est la seule façon de leur offrir mieux qu'un reste.

Un jour, pourtant, les enfants partiront. L'entreprise tournera sans toi. Ceux que tu portais marcheront seuls.
Et il restera une personne, face à elle-même — qui n'aura jamais appris à se tenir compagnie.

Tu n'as pas besoin de plus de volonté pour t'occuper de toi. Tu as besoin d'arrêter de croire que ce serait voler du temps à ceux qui le méritent plus. Personne ne le mérite plus que toi.

Alors ramène-toi au premier plan de ta propre vie.
Pas demain, pas quand tout sera réglé — ce jour-là n'arrive jamais.
Remets ton nom en haut de la liste, juste à côté de ceux que tu portes. Accorde-toi la priorité que tu offres à tout le monde, sauf à toi.

Et si tu ne sais pas par où commencer, commence par le plus concret : ta santé. Ton corps, ton sommeil, ton énergie — le socle sur lequel tout le reste repose, et le seul territoire qui n'appartient qu'à toi.
C'est souvent là qu'une vie se remet en mouvement : un geste à la fois, pour la personne que tu as trop longtemps laissée en dernier.

08/15/2026

Il y a un âge où l'on croise son reflet dans une vitrine et où, l'espace d'une seconde, on ne se reconnaît pas.

Ça n'a rien à voir avec la vanité. C'est plus discret, et bien plus profond.
Une femme m'a dit un jour : « je ne me reconnais plus. » Elle ne parlait pas de ses 10 lbs en plus. Elle parlait d'elle.

Parce qu'à cinquante ans, tu portes en toi une image. Celle de tes trente-cinq ans — le corps que tu avais sans y penser, le visage, l'énergie qui allait de soi. Et chaque matin, sans même t'en rendre compte, tu te compares à elle. Une image figée, qui n'a pas pris une ride, qui n'existe plus que dans ta tête.
Comment veux-tu rivaliser avec un souvenir ?

Mais voici ce que je veux te dire, et je le pense profondément : tu n'as rien perdu.

Ton corps n'a pas décliné. Il a évolué. Comme tout ce qui est vivant, il a changé — parce que tu as vécu, porté, traversé, aimé. Ce qui fait mal, ce n'est pas ce changement. C'est de le refuser. De t'accrocher à une version de toi qui a fait son temps, et de traiter tout le reste comme une trahison.

Tu n'es pas en guerre avec ton corps. Tu refuses simplement qu'il ait avancé. Et tant que tu refuses, tu restes coincée entre celle que tu n'es plus et celle que tu n'oses pas encore devenir.

Alors laisse reposer l'ancienne image. Pas pour l'oublier — pour qu'elle cesse de te servir de juge chaque matin.

Et surtout, comprends une chose que trop de gens ratent : accepter ton évolution, ce n'est pas te résigner. C'est même l'inverse.

Ton corps peut encore changer, se raffermir, te surprendre — pas en ressortant les vieilles recettes qui t'ont épuisée, mais en faisant autrement. La vraie première question n'est donc pas « comment redevenir celle d'avant ? ». C'est : suis-je prête à faire autrement ?

Faire autrement, ça se mérite. Ça demande de regarder certaines croyances en face et de les lâcher. D'accepter d'être un peu vulnérable. De cesser d'avoir peur. De rester ouverte. Et d'arrêter de gober tout ce qu'on te répète — à commencer par le fameux « de toute façon, à mon âge, c'est les hormones ». Elles ont bon dos, les hormones.

Parce que le jour où tu arrêtes d'essayer de redevenir celle que tu étais, tu deviens libre. Libre de rencontrer celle que tu es aujourd'hui — et de choisir, enfin, celle que tu veux devenir.

Ton corps n'est pas un souvenir à regretter. C'est un point de départ.

Et si cette question — « suis-je prête à faire autrement ? » — te trotte dans la tête en me lisant, écris-moi. On peut juste en parler. Souvent, tout commence là.

08/13/2026

« Pilates deux fois par semaine, alimentation saine… et le poids monte quand même. »
Je reçois ce message presque chaque mois. Et presque à chaque fois, la personne en conclut qu'elle n'en fait pas assez.
C'est la conclusion logique. C'est aussi la mauvaise.
Ce qui change en périménopause, ce n'est pas la quantité. C'est autre chose — et votre balance est mal placée pour le voir.

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Le message tenait en deux lignes.« Prise de poids en périménopause. Pilates deux fois par semaine et alimentation saine, ça ne semble pas suffisant. »Je le reçois sous une forme ou une autre presque chaque mois. Toujours la même construction : un constat, une pratique régulière, une aliment...

08/11/2026

On n'a jamais autant mesuré son corps. Et on ne l'a jamais aussi peu écouté.

Depuis un an, je vois arriver la même chose à mon studio, à Québec : des gens de 45, 55, 65 ans avec la montre, l'anneau connecté, le pistolet de massage, parfois le bain froid. Ils suivent leur fatigue — et leur entraînement — sur un écran. Une cliente m'a dit récemment : « mon application me dit que je fais trop de cardio et pas assez de musculation. » Le plus troublant, ce n'est pas l'application. C'est qu'elle la croyait plus qu'elle ne se croyait elle-même.

Comprends-moi bien : le froid, ça marche. Il calme le système nerveux, il améliore le sommeil — c'est réel, c'est documenté. Mais deux choses qu'on te cache. Un : pris tous les jours, juste après ta musculation, il freine le muscle que tu cherches justement à bâtir. Deux : il n'a jamais eu le pouvoir de remplacer les bases. Un capteur mesure. Il ne répare pas, et il ne te connaît pas.

Alors avant de parler bain froid ou anneau connecté à qui que ce soit — un homme de 52 ans comme une femme de 60 — je pose trois questions. Tu dors bien ? Tu manges et t'hydrates correctement ? Tu bouges un peu, tous les jours ? Si une seule de ces cases est mal cochée, tout le reste n'est qu'un sparadrap sur une fracture.

Le trio qui bat tous les gadgets réunis ? Un bon oreiller — qui fera plus pour ton sommeil que n'importe quel anneau. Un travail sur ta conscience et ton état d'esprit. Quinze minutes de marche facile par jour. Gratuit, ennuyant, sans rien à vendre — c'est exactement pour ça qu'aucune marque ne t'en parle.

Ces outils ne sont pas l'ennemi. Mais un chiffre ne te dira jamais comment tu te sens vraiment. Le problème, c'est que ça t'éloigne de ton ressentit, d'apprendre à connaitre tes sensations (bonnes ou mauvaises).
La vraie récupération ne s'achète pas et ne se lit pas sur un écran. Elle se construit dans tes journées — et elle commence quand tu réapprends à t'écouter.

08/08/2026

Je sais que je vais moins bien le jour où je perds le goût des choses que j'aime faire habituellement.

Bien avant que la fatigue soit évidente, il y a de petits signes. Je deviens impatient. Irritable pour un rien. À l'entraînement, ma performance baisse un peu — mais surtout, l'envie d'y aller s'émousse. Mon sommeil se dérègle. Et ce signal-là, le plus fiable de tous : ce qui d'habitude me remplit se met à me peser. Quand ce que j'aime devient une corvée, je sais.
Le corps parle toujours avant la tête.

On croit souvent que ce sont les autres qui nous vident. Les gens négatifs. Les bêtises qu'on entend à longueur de journée sur l'entraînement, la nutrition, le sommeil — et crois-moi, il y en a. Ça me désole. Parfois ça me fait même de la peine. Mais honnêtement ? Ça ne me vide pas.

Ce qui me vide, vraiment, c'est d'en faire trop. Trop donner, trop dire oui, vouloir être partout à la fois. Le vrai voleur d'énergie, chez moi, n'a jamais été dehors. Il a toujours été à l'intérieur. Et j'apprends, lentement, à moins le nourrir — c'est de moins en moins le cas.

Ce qui me remplit, à l'inverse, n'a rien de spectaculaire. Me reposer, sous toutes ses formes. Prendre du temps pour moi. Être seul, vraiment seul. Dormir. Rien qu'on pourrait mettre en vitrine.

Et une chose, plus grande que les autres : partir. Voir ailleurs. Pas pour fuir — pour me rappeler que le monde est vaste, et que ma fatigue du moment n'est pas toute l'histoire. Changer d'horizon me redonne quelque chose que le repos seul ne donne pas : de l'espoir.

Parce que quand on est vidé, on n'a pas besoin de plus de discipline. On a besoin d'une raison de relever la tête.

Je ne cherche pas à ne jamais descendre. Descendre fait partie de la vie — comme les marées, comme les saisons. Vouloir s'y opposer, c'est déjà s'épuiser. J'ai appris à accepter ces fluctuations, parfois même à les accueillir. Ce que je cherche, ce n'est pas à les empêcher — c'est à reconnaître mes signaux assez tôt, et à savoir, chaque fois, ce qui me relève.

Connaître ce qui te remplit n'est pas un luxe. C'est ce qui te permet de tenir longtemps sans te perdre en chemin. Et le jour où plus rien ne semble te remplir, offre-toi un horizon. Parfois, il suffit de voir ailleurs pour se rappeler qu'on va quelque part.

08/03/2026

« Cette fois, c'est la bonne. »

Tu l'as peut-être dit dix fois. Vingt fois. Chaque lundi de reprise, chaque nouvelle méthode, chaque livre qu'on t'a promis miraculeux. Et à chaque fois, au début, ça marchait. Le poids descendait. Tu y croyais.

Puis, quelques semaines plus t**d, il remontait. Souvent un peu plus haut qu'avant. Et tu en as tiré la seule conclusion qu'on t'a appris à tirer : « c'est moi. Je manque de volonté. »

Non. Ça n'a jamais été une question de volonté.

Quand tu coupes brutalement, ton corps ne comprend pas « je veux rentrer dans mes vêtements de l'été dernier ». Il comprend une seule chose : « la nourriture se fait rare, il faut survivre. » (C'est très imagé).
Et il enclenche un programme vieux de millions d'années.

Il baisse la flamme — ton métabolisme ralentit, tu brûles moins à ne rien faire.
Il dérègle tes signaux : l'hormone qui crie « mange » monte, celle qui murmure « c'est bon, tu peux t'arrêter » s'efface. Tu as plus faim, et tu es moins vite comblé — les deux en même temps. Et pour finir, il puise dans ton muscle, ce tissu qui était justement ton meilleur brûleur.

Au bout de quelques semaines, te voilà avec un corps qui brûle moins, qui réclame plus, et qui a moins de muscle pour se défendre. Ce n'est pas un échec de ta part. C'est ton corps qui fait parfaitement son travail. Et passé 40 ans, avec les hormones qui changent déjà, il le fait encore plus vite.

Mais le vrai dégât n'est pas là où tu crois.

Ce n'est pas le poids repris. C'est l'épuisement de recommencer ce combat tous les deux ans, pendant des années.
Se priver, craquer, culpabiliser, repartir. Le lundi qui remet tout à zéro. Les aliments rangés en « permis » et « interdits ». La balance qui décide de ton humeur avant même ton café. Une guerre de tranchées contre ton propre corps. Et ça n'use pas que le corps. Ça use la confiance. À force d'échouer, tu finis par ne plus croire que tu es capable de changer. Ça, c'est la vraie blessure.

Alors après des années à voir ce cycle se répéter, dans mon studio à Québec, voici comment je travaille. À rebours de tout ce qu'on t'a vendu.

Avant de changer, on observe.
Avant de couper, on ajoute ou on ajuste.
Avant de perdre, on comprend.

Parce que ton corps ne se met pas en mode défense quand tu lui donnes plus. Il s'y met quand tu lui retires.

Observer, d'abord : ce que tu manges vraiment, comment tu te sens, comment tu dors. Sans te juger. Comprendre, ensuite, ce que ton corps essaie de te dire. Et seulement là, ajuster — ajouter une protéine, un légume, réorganiser un repas. On ne retire rien de force. On construit.

Ça a l'air bien trop simple pour marcher. C'est exactement pour ça que ça marche : on cesse d'affoler un corps qui n'a jamais eu besoin d'être puni. Tu ne fabriques pas une diète de plus, qui s'effondrera comme les précédentes. Tu bâtis une façon de manger qui tient — parce qu'elle ne repose pas sur ce que tu t'enlèves, mais sur ce que tu ajoutes.

Le vrai gâchis, dans toutes ces années, ce n'est pas le poids. C'est le temps passé à te croire coupable d'un échec qui n'était pas le tien.

Ce n'était jamais toi. C'était la carte qu'on t'avait donnée. Et une carte, ça se change.

08/01/2026

Il y a des gens qui ne se baignent plus. Pas parce qu'ils n'aiment pas l'eau. Parce qu'ils n'aiment pas se voir en maillot.

Je le sais parce qu'on me le confie, l'air de rien. Le paréo qu'on garde toute la journée. Le « allez-y sans moi, je vous regarde ». Et toujours la même promesse silencieuse : « quand j'aurai perdu mes dix ou vingt livres, là, je participerai vraiment. »

Sauf que l'été, lui, n'attend pas que tu sois prêt.

On dit « se sentir bien dans son corps » comme si ça dépendait du corps qu'on a. C'est faux. J'ai vu des corps sculptés, tout près de l'idéal des magazines, habités par des gens malheureux, en guerre chaque matin avec leur reflet. Et j'ai vu des gens très loin de tout « idéal » se sentir parfaitement chez eux dans leur corps. Ça ne se joue pas là où on croit. Se sentir bien, ce n'est pas qu'une affaire de silhouette.
C'est une affaire de relation.
Alors bien sûr, le surpoids excessif, la difficulté à bouger... ne vous fera pas vous sentir bien dans votre corps.

Parce que le corps idéal, lui, n'existe pas. C'est une cible qui recule à mesure que tu avances — et le jour où tu l'atteindrais, elle ne te donnerait pas ce que tu étais venu chercher.

Alors non, il ne s'agit pas seulement de « s'assumer », de faire la paix avec un corps qu'on n'aime pas. C'est plus profond que ça. Et surtout, ça s'apprend.

Aimer son corps, ça commence par le respecter : le nourrir, le faire bouger, l'écouter — arrêter de le punir pour ce qu'il n'est pas.
Mais avant même de respecter ton corps, il y a une marche plus basse, celle qu'on saute presque toujours : te respecter, toi.
Cesser de t'asseoir sur le banc de ta propre vie. Te traiter avec la dignité que tu offrirais, sans hésiter, à quelqu'un que tu aimes.

Et je ne vais pas te servir le discours facile du « aime ton corps ».
Certains matins, tu ne l'aimeras pas, et c'est correct. L'amour, ça vient plus t**d — parfois. Le respect, lui, tu peux le décider aujourd'hui.

Parce que tes enfants, tes petits-enfants, les gens qui t'aiment, ils ne se souviendront pas de ton tour de taille cet été-là. Ils se souviendront si tu es entré dans l'eau avec eux. Si tu étais sur la photo, ou juste à côté. Si tu riais, ou si tu tirais sur ton paréo.

Le corps « parfait », tu l'attends peut-être depuis vingt étés. Et pendant ce temps, les étés, eux, ne reviennent pas. Surtout ici, à Québec, où ils sont déjà si courts.

Alors cet été, commence par la seule marche qui dépend vraiment de toi.
Respecte-toi assez pour mettre le maillot et entrer dans l'eau. Pas quand tu seras prêt — maintenant, dans le corps qui te porte, qui te permet de nager, de rire, d'être là.

C'est ça, le vrai luxe d'un été. Pas une silhouette. Une présence.

07/31/2026

Le dimanche soir, le plan est toujours magnifique.

Lever à six heures. Trente minutes de marche. Un vrai déjeuner. La salle trois fois par semaine. Couché à dix heures et demie. C'est écrit, c'est clair, c'est raisonnable.

Le mardi soir, il est vingt et une heures, la journée a débordé, et le carnet reste fermé.

J'ai vu cette scène des centaines de fois en vingt-cinq ans. Et la conclusion que les gens en tirent est presque toujours la même : « je manque de discipline ». Je ne suis pas d'accord.

Ce plan n'a jamais été écrit pour eux. Il a été écrit pour la personne qu'ils aimeraient être un dimanche soir — reposée, optimiste, avec une semaine encore vierge devant elle. Cette personne existe. Elle n'est simplement pas celle qui doit exécuter le mardi.

Une routine qui tient n'est pas une routine plus ambitieuse. C'est une routine assez petite pour survivre à une mauvaise semaine. Deux séances tenues quarante semaines, ça fait quatre-vingts séances. Quatre séances tenues cinq semaines, ça fait vingt séances et un abandon. Ce n'est pas une question de courage, c'est de l'arithmétique.

Alors je pose la question autrement, et elle est plus difficile qu'elle en a l'air : quelle est la plus petite chose que vous seriez encore capable de faire, un mardi soir, dans une mauvaise semaine, dans trois mois ?

https://www.moncoachamoi.com/post/comment-creer-une-routine-sante-qui-tient-apres-45-ans

Le dimanche soir, le plan est magnifique.Lever à six heures. Trente minutes de marche. Un vrai déjeuner. L'entraînement le mardi, le jeudi, le samedi. C'est écrit, c'est clair, c'est raisonnable.Le mardi soir, il est vingt et une heures, la journée a débordé, et le carnet reste fermé.Ce n'es...

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