02/06/2026
𝗟𝗲 𝘁𝗲𝘀𝘁 𝘃𝗲́𝗴𝗲́𝘁𝗮𝗹𝗶𝗲𝗻 𝗱𝗲 𝗠𝗮𝗿𝗶𝗹𝗼𝘂 𝗲𝘁 𝗻𝗼𝘀 𝗽𝗿𝗲́𝗷𝘂𝗴𝗲́𝘀
Après cinq mois à partager des recettes végétaliennes sans préciser qu’elles l’étaient, Marilou a posé un important constat : les étiquettes confrontent certaines personnes, mais la bouffe végé peut être pour tout le monde.
Mi-mai, Marilou Bourdon a révélé dans une publication Instagram n’avoir partagé que des vidéos de recettes végétaliennes depuis le début de l’année, « sans le dire à personne ».
« Je m’attendais à voir mes statistiques chuter parce qu’avec le temps, j’ai observé qu’à partir du moment où une recette porte une étiquette, plusieurs personnes décident instinctivement qu’elle n’est pas pour elles », a écrit la fondatrice de Trois fois par jour. « J’ai été surprise de voir qu’après cinq mois, mon engagement est resté le même », a-t-elle ajouté.
Personne n’a trouvé que les recettes étaient moins dignes d’intérêt. Tout ce qui comptait, c’était qu’elles semblent appétissantes. « Quand tu enlèves les étiquettes, il reste juste une bonne recette, soutient Marilou, en entrevue avec La Presse. C’est ce qui compte : que la recette soit bonne ou pas bonne. »
Pourtant, l’entrepreneure a constaté au fil des années que le véganisme (et, moindrement, le végétarisme) divise énormément le public. « Les gens s’identifient beaucoup par la façon dont ils mangent », dit Marilou. L’étiquette végé vient ébranler l’identité des gens, estime-t-elle. « Si j’avais affiché le véganisme dans une recette de pâté, par exemple, on aurait critiqué le fait que j’utilise des substituts », ajoute-t-elle.
𝐌𝐚𝐢𝐬 𝐞𝐧 𝐯𝐨𝐲𝐚𝐧𝐭 𝐥𝐚 𝐫𝐞𝐜𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐬𝐚𝐧𝐬 𝐚𝐯𝐨𝐢𝐫 𝐚̀ 𝐩𝐞𝐧𝐬𝐞𝐫 𝐬𝐢 𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐞𝐬𝐭 𝐯𝐞́𝐠𝐚𝐧𝐞 𝐨𝐮 𝐧𝐨𝐧, 𝐩𝐥𝐮𝐬𝐢𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐨𝐧𝐧𝐞𝐬 𝐫𝐞́𝐭𝐢𝐜𝐞𝐧𝐭𝐞𝐬 𝐚𝐮 𝐯𝐞́𝐠𝐞́𝐭𝐚𝐥𝐢𝐬𝐦𝐞 𝐬𝐞𝐫𝐚𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐭𝐞𝐧𝐭𝐞́𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐥’𝐞𝐬𝐬𝐚𝐲𝐞𝐫. « 𝐃𝐞𝐬 𝐜𝐚𝐫𝐧𝐢𝐯𝐨𝐫𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐝𝐞𝐬 𝐯𝐞́𝐠𝐞́𝐬 𝐬𝐞 𝐬𝐨𝐧𝐭 𝐭𝐫𝐞̀𝐬 𝐛𝐢𝐞𝐧 𝐞𝐧𝐭𝐞𝐧𝐝𝐮𝐬 𝐬𝐨𝐮𝐬 𝐝𝐞𝐬 𝐩𝐮𝐛𝐥𝐢𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐝𝐞 𝐫𝐞𝐜𝐞𝐭𝐭𝐞𝐬 𝐯𝐞́𝐠𝐚𝐧𝐞𝐬 ! »
« Quand il est question d’alimentation, beaucoup de gens ressentent qu’il faut que ce soit tout ou rien », observe la nutritionniste-diététiste Élodie Castonguay-Girard, suivie par plus de 27 000 personnes sur sa page Instagram , où elle partage recettes et conseils. Certains de ceux qui ne veulent pas laisser tomber la viande, par exemple, ne sont pas ouverts au fait de manger végé, car ils ont l’impression qu’il faudra apporter des changements radicaux à leur façon de s’alimenter. « Pourtant, on gagnerait tous à être dans la nuance, à répondre à nos besoins dans le moment présent plutôt que de s’imposer une étiquette. »
Élodie Castonguay-Girard voit elle aussi que le végétalisme peut en rebuter beaucoup. Les raisons principales ? D’abord, l’aspect culturel : nos sociétés occidentales sont habituées à la viande. Aussi, un préjugé tenace est celui que la nourriture végé n’a pas bon goût.
« 𝐎𝐧 𝐩𝐞𝐧𝐬𝐞 𝐚𝐮 𝐭𝐨𝐟𝐮, 𝐨𝐧 𝐧’𝐚 𝐩𝐚𝐬 𝐚𝐢𝐦𝐞́ 𝐜̧𝐚 𝐥’𝐮𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐟𝐨𝐢𝐬 𝐨𝐮̀ 𝐨𝐧 𝐥’𝐚 𝐞𝐬𝐬𝐚𝐲𝐞́, 𝐚𝐥𝐨𝐫𝐬 𝐨𝐧 𝐟𝐚𝐢𝐭 𝐥𝐞 𝐥𝐢𝐞𝐧 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐞 𝐭𝐨𝐟𝐮, 𝐜’𝐞𝐬𝐭 𝐜̧𝐚, 𝐥𝐞 𝐯𝐞́𝐠𝐞́𝐭𝐚𝐥𝐢𝐬𝐦𝐞, 𝐞𝐭 𝐝𝐨𝐧𝐜 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐞 𝐯𝐞́𝐠𝐞́𝐭𝐚𝐥𝐢𝐬𝐦𝐞, 𝐜’𝐞𝐬𝐭 𝐲𝐚𝐫𝐤. » - La nutritionniste-diététiste Élodie Castonguay-Girard
Finalement, la nutritionniste-diététiste note que certains hommes associent le régime végé à une tendance féminine, pas assez virile (contrairement à la viande), et ne veulent donc pas y adhérer.
𝐀𝐮𝐭𝐡𝐞𝐧𝐭𝐢𝐜𝐢𝐭𝐞́ 𝐩𝐥𝐮𝐭𝐨̂𝐭 𝐪𝐮𝐞 𝐫𝐞𝐬𝐭𝐫𝐢𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬
Marilou a entamé une réflexion après son constat des derniers mois et sa publication, qui a engendré de nombreuses réactions. C’est sa propre tendance à être attirée par des modes de vie alimentaires lorsque ceux-ci sont invitants qui a motivé son expérience avec les recettes végétaliennes. Elle souhaite que ce soit l’authenticité qui prime, plutôt que les catégorisations. Et, selon elle, chacun se construit « une map » de ses tendances alimentaires au fil du temps, avec un chemin sûr et connu. « On ne veut pas souvent prendre d’autres chemins, même si c’est un raccourci, que c’est mieux pour la santé physique ou mentale. »
« Quand on bâtit un site comme Trois fois par jour, ça vient avec une équipe qui pense à ce qu’on propose et avec la pression de se demander ce que les gens souhaitent. On sait qu’il y a des sections plus populaires. Mais c’est important d’arrêter de voir les choses avec cette idée de performance et de plutôt me dire que moi, je mange vraiment à la maison et c’est correct de le partager », énonce Marilou.
Alors que les tendances alimentaires, parfois poussées par des astuces de marketing, sont nombreuses sur les réseaux sociaux, il peut être difficile de savoir ce qui nous convient. Mais l’alimentation à base de plantes propose de nombreux bénéfices, prouvés scientifiquement, explique Élodie Castonguay-Girard. Inclure le à son , sans se soucier d’en faire toute son identité, à petite ou à grande dose, est notamment une bonne chose pour la santé à long terme comme pour l’environnement, dit l’experte. Deux arguments qui ne sont pas les plus « motivants ou vendeurs ».
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𝐒𝐨𝐮𝐫𝐜𝐞: La Presse
𝐃𝐚𝐭𝐞: 20 mai 2026
𝐉𝐨𝐮𝐫𝐧𝐚𝐥𝐢𝐬𝐭𝐞: Marissa Groguhé