02/10/2026
🚨 Une hausse inquiétante des prescriptions de psychostimulant chez les jeunes
Radio-Canada vient de publier un article interessant suite aux données recueillies auprès des pharmacies de la province par IQVIA Canada.
Ce que j'en retiens...
La proportion de personnes ayant réellement un TDAH se situerait globalement entre 5 et 7 % de la population.
Au Québec, en 2023-2024, 10 % des garçons et 6 % des filles âgés de 10 à 14 ans avaient reçu un diagnostic de TDAH.
En parallèle, l’usage des psychostimulants pour traiter le TDAH est en hausse chez les jeunes, et cette hausse est encore plus marquée en Estrie.
• 32 % des ados garçons sont médicamentés pour un possible TDAH. Près de 1 garçon sur 3 😲
alors que seulement 13 % ont un diagnostic.
• 22 % des ados filles sont médicamentées,
pour environ 7 % de diagnostics réels.
L’écart entre le nombre de diagnostics et le nombre de jeunes médicamentés est saisissant, voire choquant !!!
Ces chiffres nous amènent à nous questionner sérieusement :
• Quelle proportion de jeunes médicamentés ne présentent pas réellement un TDAH?
• Est-ce que les symptômes seraient parfois lié à des enjeux psychoaffectifs, d’anxiété ou environnemental?
• Combien présentent en réalité d’autres profils neurodéveloppementaux moins bien reconnus et parfois mal compris?
Dans ma pratique, je constate beaucoup de diagnostics posés à la vas vite en clinique médicale. Les évaluations médicales sont gratuites, rapides et accessibles, et répondent souvent à l’urgence vécue dans les milieux scolaires qui doivent gérer des enfants agités ou ayant de la difficulté à se concentrer.
À l’inverse, les évaluations neuropsychologiques sont longues, coûteuses et souvent au privé, donc moins accessibles pour plusieurs familles.
Je vois aussi trop souvent une interprétation hâtive de symptômes comme l’agitation, l’impulsivité ou les difficultés de concentration. Ces manifestations peuvent cocher les cases comportementales d’un TDAH, mais elles peuvent avoir de multiples autres causes.
Avant de conclure à un TDAH, une évaluation approfondie est essentielle pour comprendre la source réelle de ces difficultés.
⚠️ Et je veux être très claire :
Pour plusieurs enfants qui présentent une réelle condition de TDAH, la médication est essentielle. Elle peut grandement les aider à mieux réussir à l’école, à améliorer leur fonctionnement social et à préserver leur estime de soi.
Mais prenons le temps de ne pas sauter aux conclusions trop rapidement.
Comprendre doit toujours précéder la prescription.
🧭 Quelques repères concrets pour les parents qui se questionnent si leur enfant à un TDAH :
👉 1. Si c’est possible, viser une évaluation approfondie
La crème de la crème demeure une évaluation en neuropsychologie, car elle permet de mieux comprendre le fonctionnement cognitif, attentionnel et émotionnel de l’enfant, et de distinguer un TDAH d’autres enjeux possibles.
👉 2. Explorer des interventions avant de conclure trop vite
Consulter en psychoéducation, ergothérapie ou autres professionnels du développement de l’enfant peut aider à mettre en place des stratégies concrètes. Observer les effets de ces interventions dans le temps permet souvent d’y voir plus clair.
👉 3. Rester ouvert à plusieurs hypothèses
L’objectif est de comprendre la fonction des difficultés et non de lancer la pierre à qui la faute.
👉 4. Adopter de bonnes habitudes de vie
Ça peut sembler simple, mais c’est fondamental!
✔️ un sommeil suffisant et régulier
✔️ une alimentation saine
✔️ limiter le temps d’écran
✔️ bouger chaque jour
Les effets de ces habitudes sont réels, documentés et souvent sous-estimés. Elles peuvent avoir un impact majeur sur l’attention, l’autorégulation et le comportement.
Pour lire ou écouter l'article de Radio-Canada :
24% des adolescents et 16% des adolescentes du Québec se sont vus prescrire un pschostimulant pour le TDAH en 2024, une tendance à la hausse depuis 2019.