Louis Masurel - Thérapeute Gestalt, TCC, Systémique, EMDR

Louis Masurel - Thérapeute Gestalt, TCC, Systémique, EMDR Le thérapeute pour les gens qui sont bloqués dans leurs vies ! Chaque séance se déroule en individuel et en face-à-face, dans le dialogue.

La durée d’une séance est de 45 minutes. Lors de la première séance, nous explorons ensemble ce qui vous amène en thérapie, vos attentes et vos besoins. C’est l’occasion de répondre à vos questions, notamment sur ma manière de travailler pour appréhender le travail thérapeutique. Nous établissons également le cadre de la thérapie, élément essentiel de notre engagement mutuel, ainsi que les modalités pratiques.

24/08/2026
⭐ Et si votre plus grande compétence avait d’abord été une façon de vous protéger ?Vous êtes peut-être celui qu’on appel...
24/08/2026

⭐ Et si votre plus grande compétence avait d’abord été une façon de vous protéger ?

Vous êtes peut-être celui qu’on appelle quand ça ne va pas.

Celle qui trouve les solutions.

Celui qui comprend rapidement.

Celle qui organise.

Celui qui rassure.

Celle qui anticipe.

Celui qui sait quoi faire quand tout le monde panique.

Et probablement qu’au fil des années, vous êtes devenu très bon.

Compétent.

Fiable.

Solide.

Professionnel.

On vous fait confiance.

Mais j’aimerais vous poser une question un peu étrange :

Et si certaines de vos plus grandes compétences avaient aussi une histoire émotionnelle ?

Pas nécessairement un traumatisme.

Pas nécessairement une enfance malheureuse.

Mais parfois une adaptation.

Parce qu’un enfant ne développe pas seulement des compétences à l’école.

Il apprend également à fonctionner dans son environnement.

Il observe.

Il expérimente.

Il s’adapte.

Et lorsqu’une stratégie fonctionne suffisamment souvent, il peut devenir extraordinairement bon dans cette stratégie.



Certains enfants apprennent très tôt à comprendre les autres

Imaginez un enfant qui découvre que l’ambiance autour de lui peut changer rapidement.

Il devient attentif.

Il observe les visages.

Les silences.

Les intonations.

Il apprend à détecter ce qui se passe.

Quelques années plus t**d, cette capacité peut devenir :

une extraordinaire intelligence relationnelle.

Un autre découvre que les problèmes doivent être réglés rapidement.

Il apprend à trouver des solutions.

Adulte, il devient :

un excellent manager.

Un autre reçoit beaucoup de reconnaissance lorsqu’il réussit.

Il apprend à travailler énormément.

Adulte, il devient :

un professionnel extrêmement performant.

Une autre a découvert qu’aider les autres maintenait la relation.

Elle devient attentive, empathique, disponible.

Adulte, elle devient :

une merveilleuse accompagnante.

Voilà pourquoi je ne veux surtout pas regarder nos adaptations uniquement comme des blessures.

Elles ont parfois fabriqué de véritables compétences.

La difficulté commence ailleurs.



Quand « je sais faire » devient « j’ai besoin de faire »

Il existe une différence immense entre :

« Je peux vous aider. »

et :

« J’ai besoin de vous aider. »

Entre :

« Je comprends rapidement votre problème. »

et :

« J’ai besoin de résoudre votre problème pour me sentir utile. »

Entre :

« Je suis compétent. »

et :

« J’ai besoin que vous reconnaissiez ma compétence pour sentir que j’ai de la valeur. »

C’est ici que la compétence peut progressivement devenir une prison.

Parce que vous ne la choisissez plus complètement.

Vous avez besoin de l’utiliser pour obtenir quelque chose émotionnellement.

Une place.

De la reconnaissance.

De l’amour.

De la gratitude.

De l’admiration.

De la sécurité.

Ou simplement cette sensation profondément rassurante :

« Je sers à quelque chose. »



🛟 Et c’est parfois là qu’apparaît le Sauveur

Vous connaissez peut-être le triangle de Karpman :

Victime – Sauveur – Persécuteur.

C’est un modèle clinique ancien issu de l’analyse transactionnelle, utile comme grille de lecture, mais qui ne constitue pas une loi scientifique générale de la personnalité.

Dans la posture du Sauveur, quelque chose de subtil peut se produire :

je vous apporte quelque chose que vous ne m’avez pas nécessairement demandé.

Je vous explique.

Je conseille.

Je prends en charge.

Je préviens.

Je trouve la solution.

Je fais à votre place.

Avec souvent une excellente intention :

vous aider.

Mais parfois, derrière cette intention, existe une attente beaucoup moins consciente :

« Si je vous apporte tout cela, peut-être que vous me donnerez enfin ce dont j’ai besoin. »



Et qu’attendez-vous secrètement en retour ?

C’est peut-être LA question de cet article.

Lorsque vous aidez beaucoup quelqu’un…

qu’espérez-vous recevoir ?

De la gratitude ?

De la reconnaissance ?

Une place ?

De l’affection ?

Le sentiment d’être important ?

Qu’on prenne enfin soin de vous ?

Qu’on vous demande comment vous allez ?

Qu’on vous dise :

« Heureusement que tu es là. »

Il n’y a aucune honte à découvrir cela.

Au contraire.

Parce que soudain, votre comportement devient compréhensible.

Peut-être avez-vous passé des années à apporter aux autres…

exactement ce que vous auriez aimé recevoir.



Faites un exercice très simple

Prenez une feuille.

Écrivez les cinq choses que vous apportez le plus spontanément aux autres.

Par exemple :

J’écoute.

Je rassure.

Je trouve des solutions.

J’organise.

Je comprends.

Puis, devant chacune, écrivez :

« Et si je m’apportais cela à moi-même, à quoi cela ressemblerait-il ? »

Vous écoutez les autres ?

Écoutez-vous.

Vous rassurez les autres ?

Demandez-vous ce dont vous avez besoin pour vous rassurer.

Vous encouragez les autres ?

Regardez comment vous vous parlez lorsque vous échouez.

Vous trouvez des solutions pour tout le monde ?

Prenez vingt minutes pour réfléchir à votre propre vie.

Vous demandez constamment aux autres :

« Comment vas-tu ? »

Essayez :

« Et moi, comment vais-je vraiment ? »

Cela paraît presque trop simple.

Et pourtant…

Essayez.



Parce que personne ne viendra vous sauver

Cette phrase peut sembler dure.

J’aimerais qu’elle soit entendue exactement à l’inverse.

C’est une bonne nouvelle.

Cela ne signifie pas :

« Vous êtes seul. »

Nous avons besoin des autres.

Nous avons besoin d’aide.

D’amour.

De soutien.

De relations.

Et parfois de professionnels.

Mais aucun partenaire, aucun ami, aucun manager, aucun thérapeute ne peut vivre votre vie à votre place.

Même en thérapie, le thérapeute n’est pas là pour devenir votre Sauveur.

Il peut accompagner.

Questionner.

Soutenir.

Proposer.

Créer un cadre.

Aider à traverser certaines expériences.

Mais progressivement, quelque chose doit pouvoir revenir entre vos mains :

votre propre pouvoir d’agir.



La transformation n’est donc pas de tuer le Sauveur

C’est essentiel.

Ne jetez surtout pas vos compétences !

Votre sensibilité n’est pas le problème.

Votre capacité d’analyse n’est pas le problème.

Votre intelligence relationnelle n’est pas le problème.

Votre capacité à anticiper n’est pas le problème.

Votre compétence professionnelle n’est pas le problème.

Votre envie d’aider n’est même pas le problème.

La question est :

« Puis-je conserver toutes ces qualités sans avoir besoin qu’elles me donnent une place ? »

Voilà le changement.



Du Sauveur au Leader

Le Sauveur pense parfois :

« Vous avez besoin de moi. »

Le Leader peut penser :

« Voilà ce que je sais faire. Si cela vous est utile, je peux vous le proposer. »

Le Sauveur anticipe :

« Je vais régler le problème avant même que vous me le demandiez. »

Le Leader demande :

« Voulez-vous mon aide ? »

Le Sauveur prend en charge :

« Laissez, je vais le faire. »

Le Leader accompagne :

« Comment voulez-vous avancer et de quoi avez-vous besoin de ma part ? »

Le Sauveur peut vivre le refus comme :

« On ne veut pas de moi. »

Le Leader peut entendre :

« Cette personne ne veut pas de mon aide maintenant. Cela ne dit rien de ma valeur. »

Et là, quelque chose se détend.



Vous découvrez peut-être alors pourquoi certaines personnes vous rejettent

Pas nécessairement parce que vous êtes « trop ».

Pas nécessairement parce qu’elles sont ingrates.

Et certainement pas parce que toute aide crée du rejet.

Mais parfois parce qu’une aide non demandée peut être vécue comme intrusive.

Imaginez quelqu’un qui vous explique comment résoudre un problème que vous vouliez simplement partager.

Vous vouliez :

être entendu.

Il vous donne :

une solution.

Vous vouliez :

être accompagné.

Il prend :

le contrôle.

Vous vouliez :

être reconnu dans votre difficulté.

Il vous montre :

comment faire mieux.

Même avec énormément d’amour…

cela peut éloigner.



⭐ Alors voici le test du Leader compétent

La prochaine fois que vous avez immédiatement envie d’aider quelqu’un, arrêtez-vous quelques secondes.

Et posez-vous cinq questions :

1. Est-ce que cette personne m’a demandé quelque chose ?

2. Qu’est-ce que j’ai envie de lui apporter ?

3. Qu’est-ce que j’espère recevoir, consciemment ou inconsciemment, en échange ?

4. Que ressentirais-je si cette personne refusait complètement mon aide ?

Et surtout :

5. Ce que j’allais lui donner, comment puis-je m’en donner une petite partie maintenant ?

Cette dernière question peut changer énormément de choses.



Faites l’expérience cette semaine

Repérez une situation où votre réflexe habituel serait :

expliquer,

conseiller,

réparer,

rassurer,

organiser,

prendre en charge.

Cette fois…

attendez.

Respirez.

Écoutez.

Puis demandez :

« Vous voulez simplement que je vous écoute ou vous aimeriez qu’on cherche une solution ensemble ? »

Et regardez ce qui se passe.

Peut-être qu’on vous répondra :

« Écoute-moi juste. »

Alors écoutez.

Sans réparer.

Sans conseiller.

Sans démontrer votre compétence.

Et observez surtout ce que cela provoque en vous.

De l’impuissance ?

De l’inutilité ?

De l’inquiétude ?

De la frustration ?

Une peur de ne plus avoir de place ?

Voilà peut-être l’émotion intéressante.

Pas celle de l’autre.

La vôtre.



C’est peut-être elle que votre compétence protégeait

Et c’est là que le travail devient profondément thérapeutique.

Vous ne cherchez plus seulement :

« Comment arrêter de sauver les autres ? »

Vous commencez à demander :

« Qu’est-ce qui devient douloureux en moi lorsque je ne sauve personne ? »

C’est très différent.

Peut-être apparaît :

la peur de ne pas compter,

la tristesse de ne pas avoir reçu,

la honte de ne pas être assez,

l’impuissance,

la solitude,

le sentiment de ne servir à rien.

Et au lieu de retourner immédiatement sauver quelqu’un pour faire disparaître cette sensation…

vous pouvez commencer à rester là.

À l’écouter.

À la comprendre.

À demander ce dont vous avez besoin.

C’est là que la compétence cesse progressivement d’être une stratégie obligatoire.

Elle redevient une ressource.



Et votre compétence peut devenir encore meilleure

C’est le paradoxe.

Lorsque vous n’avez plus besoin d’aider…

vous pouvez parfois beaucoup mieux aider.

Parce que vous pouvez écouter avant d’intervenir.

Demander avant de conseiller.

Respecter un non.

Tolérer que l’autre choisisse une solution différente de la vôtre.

Laisser quelqu’un apprendre.

Laisser quelqu’un se tromper.

Laisser quelqu’un réussir sans vous.

Et même regarder quelqu’un traverser une difficulté sans immédiatement lui retirer son pouvoir d’agir.

Voilà une belle image du leadership.



Un vrai Leader n’a pas besoin d’être indispensable

Il peut dire :

« Voici ce que je sais faire. »

« Voici ce que je peux apporter. »

« Voici mes limites. »

« Voici ce que je ne sais pas. »

« Voici ce que je vous propose. »

Et ensuite…

il laisse l’autre libre.

Libre d’accepter.

Libre de refuser.

Libre de choisir quelqu’un d’autre.

Libre de ne pas comprendre.

Libre même de ne pas reconnaître immédiatement sa valeur.

Parce que sa compétence ne sert plus principalement à demander :

« Donnez-moi une place dans votre vie. »

Elle devient :

« Voici ma place. Voici ce que je sais faire. Et je choisis comment je veux l’utiliser. »



Votre exercice : la carte de vos compétences cachées

Prenez une feuille et créez quatre colonnes.

1. MA COMPÉTENCE

Qu’est-ce que je sais particulièrement bien faire ?



2. SON HISTOIRE

Dans quelles situations ai-je appris ou renforcé cette compétence ?



3. SON ANCIEN CONTRAT

Qu’est-ce que j’espère parfois obtenir en utilisant cette compétence ?

Reconnaissance ?

Sécurité ?

Amour ?

Place ?

Utilité ?



4. MA COMPÉTENCE LIBRE

Comment utiliserais-je exactement la même qualité si je n’avais plus rien à prouver ni à obtenir ?

Prenez votre temps.

Vous pourriez découvrir quelque chose d’assez bouleversant :

certaines parties de vous que vous preniez pour des blessures sont devenues de magnifiques ressources.

Il ne s’agit pas de les supprimer.

Il s’agit de les libérer.



De la compétence de survie à la compétence choisie

Voilà peut-être le troisième pilier du leader de sa vie.

Pas :

« Je n’ai besoin de personne. »

Pas :

« Je dois être le meilleur. »

Pas :

« Je vais sauver tout le monde. »

Mais :

« Je reconnais ce que la vie m’a appris. Je garde mes compétences. Je prends soin de ce qu’elles cherchaient autrefois à protéger. Et aujourd’hui, je choisis librement où, quand et avec qui je veux les mettre au service. »

Vous ne perdez pas votre empathie.

Vous perdez progressivement l’obligation d’être empathique pour mériter votre place.

Vous ne perdez pas votre capacité à résoudre.

Vous perdez l’obligation de résoudre pour vous sentir important.

Vous ne perdez pas votre puissance.

Vous perdez l’obligation de démontrer votre puissance.

Et peut-être est-ce précisément là que commence une compétence beaucoup plus profonde :

Savoir que vous avez de la valeur, même lorsque vous n’êtes en train de sauver personne.



Et si vous vous reconnaissez ?

Comprendre intellectuellement ces mécanismes constitue parfois seulement la première étape.

Certains automatismes d’auto-sacrifice, de surinvestissement ou de difficulté à recevoir peuvent être profondément ancrés dans notre histoire relationnelle.

C’est aussi un travail que nous pouvons faire ensemble en thérapie :

Identifier ce que vous êtes devenu excellent à faire.

Comprendre ce que cette compétence a parfois cherché à protéger.

Rencontrer l’émotion qui apparaît lorsque vous cessez de l’utiliser automatiquement.

Vous apporter une partie de ce que vous attendiez des autres.

Puis retrouver votre compétence…

mais cette fois comme un choix.

Et cette semaine, je vous laisse avec cette question :

Si vous n’aviez plus besoin d’être utile à personne pour avoir votre place… lesquelles de vos compétences auriez-vous encore profondément envie d’offrir au monde ?

Peut-être que celles-là sont justement les plus importantes.

Parce qu’elles ne viennent plus d’un manque à combler.

Elles viennent de vous.

Voici qui je suis.Pas seulement à travers un titre, une fonction ou une méthode, mais à travers mon histoire, mes appren...
21/08/2026

Voici qui je suis.

Pas seulement à travers un titre, une fonction ou une méthode, mais à travers mon histoire, mes apprentissages, mes boucles, mes ressources, mes choix et la direction que je donne aujourd’hui à ma vie.

C’est aussi cette démarche que je propose à mes clients : mettre en image ce qu’ils vivent pour mieux le comprendre, voir ce qui se répète, reconnaître leurs ressources et identifier ce qu’ils peuvent concrètement transformer.

À partir de nos séances, je crée pour chacun une synthèse visuelle personnalisée : une carte claire de ce qui s’est joué, de ce qui a été compris et des pistes qui peuvent désormais être expérimentées dans la vie réelle.

Parce que parfois, voir son histoire autrement permet déjà de commencer à l’habiter autrement.

Si cette façon de travailler vous parle et que vous avez envie de mieux comprendre vos propres mécanismes, vos répétitions et ce que vous souhaitez construire maintenant, vous pouvez me contacter pour que nous en parlions.

17/08/2026
🛡️ Et si votre sécurité dépendait encore d’un contrat que personne n’a signé ?« Si je fais ce qu'il faut pour les autres...
17/08/2026

🛡️ Et si votre sécurité dépendait encore d’un contrat que personne n’a signé ?

« Si je fais ce qu'il faut pour les autres, alors tout ira bien. »

Vous n'avez probablement jamais prononcé cette phrase.
Vous ne l'avez jamais écrite.
Vous ne l'avez signée avec personne.
Et pourtant…
Peut-être qu'une partie de votre vie est encore organisée autour d'elle.
Vous acceptez une invitation alors que vous êtes épuisé.
Vous répondez immédiatement à un message alors que vous aviez besoin de calme.
Vous évitez de dire à votre conjoint ce qui vous dérange.
Vous acceptez encore une tâche au travail.
Vous rassurez quelqu'un alors que vous auriez vous-même besoin d'être rassuré.
Vous souriez.
Vous arrangez.
Vous anticipez.
Vous vous adaptez.
Et lorsque tout le monde semble aller bien…
vous respirez enfin.
Voilà le piège.
Vous avez peut-être appris à chercher votre sécurité… dans l'état émotionnel des autres.

LE CONTRAT INVISIBLE

Pendant l'enfance, nous dépendons réellement des autres.
Nous avons besoin d'adultes pour être protégés, nourris, apaisés et accompagnés.
Notre système relationnel apprend donc progressivement ce qui semble favoriser le maintien du lien et de la sécurité.
Chez certains, cela pourra devenir quelque chose comme :
« Si je suis sage, je suis tranquille. »
« Si je ne dérange pas, je garde le lien. »
« Si les autres vont bien, je peux aller bien. »
« Si je suis utile, j'ai une place. »
« Si je comprends les besoins des autres avant les miens, j'évite le conflit. »
« Si personne n'est mécontent de moi, je suis en sécurité. »
Ces phrases ne sont pas nécessairement des souvenirs conscients.
Et elles ne signifient pas forcément que vos parents ont été « mauvais ».
Elles représentent plutôt une manière simple de mettre des mots sur ce que votre système relationnel a pu apprendre au fil de ses expériences.
Votre cerveau a fait son travail :
il s'est adapté.
Le problème n'est pas que cette stratégie ait existé.
Le problème apparaît lorsqu'elle devient votre seule manière de vous sentir en sécurité.

LE CONTRAT DEVIENT ALORS :

« Je prends soin de votre état pour pouvoir contrôler le mien. »

Et là, quelque chose de subtil se produit.
Vous croyez parfois être entièrement tourné vers l'autre.
Vous voulez qu'il soit heureux.
Vous voulez éviter de le blesser.
Vous voulez l'aider.
Vous voulez maintenir la paix.
Mais derrière cette générosité peut parfois se cacher une autre nécessité :

« J'ai besoin que vous alliez bien pour que moi, je puisse aller bien. »

Ce n'est pas de l'égoïsme.
Ce n'est pas non plus nécessairement pathologique.
C'est parfois simplement une ancienne stratégie de sécurité.

ET ELLE COÛTE CHER

Parce qu'à partir du moment où votre sécurité dépend de l'autre…
vous devez surveiller l'autre.
Est-il content ?
Est-elle vexée ?
Ai-je dit quelque chose de travers ?
Est-ce qu'il m'en veut ?
Est-ce qu'elle va partir ?
Ai-je suffisamment donné ?
Aurais-je dû répondre autrement ?
Et sans vous en rendre compte, votre attention quitte progressivement un endroit essentiel :
vous-même.
Vous savez parfaitement ce que les autres ressentent…
mais beaucoup moins ce que vous ressentez.
Vous savez ce qu'ils veulent…
mais vous hésitez lorsqu'on vous demande :
« Et vous, qu'est-ce que vous voulez ? »

LE PARADOXE : PLUS VOUS CHERCHEZ LA SÉCURITÉ CHEZ L'AUTRE, PLUS VOUS POUVEZ VOUS INSÉCURISER

Pourquoi ?
Parce qu'il existe un problème impossible à résoudre :
vous ne contrôlerez jamais complètement l'état émotionnel d'un autre être humain.
Vous pouvez être attentionné…
et quelqu'un peut être déçu.
Vous pouvez être gentil…
et quelqu'un peut être en colère.
Vous pouvez expliquer parfaitement votre position…
et quelqu'un peut ne pas la comprendre.
Vous pouvez aimer profondément quelqu'un…
et cette personne peut traverser une mauvaise journée.
Vous pouvez faire de votre mieux…
et être critiqué.
Si votre sécurité exige que tout le monde soit satisfait de vous, votre sécurité dépend d'une variable que vous ne maîtrisez pas.
C'est épuisant.

ALORS POSEZ-VOUS UNE QUESTION
La prochaine fois que vous vous surprenez à vouloir arranger, rassurer, vous taire ou céder, ne vous jugez pas.
Dites simplement :

« Tiens… quel contrat suis-je en train d'essayer de respecter ? »

Puis complétez cette phrase :
« Si je __________________ pour les autres, alors je serai en sécurité. »
Peut-être écrirez-vous :
Si je suis gentil…
Si je ne dis rien…
Si je suis indispensable…
Si je réussis…
Si je ne déçois personne…
Si je prends tout en charge…
Si j'évite le conflit…
Si je comprends tout le monde…
Si je reste disponible…
Si je fais plaisir…

alors je serai en sécurité.
Regardez votre phrase.
Sans la combattre.
Sans essayer immédiatement de la changer.
Juste avec curiosité.

Tiens…
Voilà peut-être une règle que j'ai apprise.

ET MAINTENANT, AJOUTEZ UNE DEUXIÈME QUESTION

« Est-ce encore vrai aujourd'hui ? »
C'est ici que peut apparaître ce que j'aime appeler l'étonnement.
Parce que votre réaction automatique peut vous raconter :

« Si je dis non, je vais perdre le lien. »
Mais aujourd'hui…
êtes-vous certain que c'est vrai ?

« Si je déçois quelqu'un, je vais être rejeté. »
Vraiment ?

« Si je ne l'aide pas, je suis une mauvaise personne. »
Est-ce un fait… ou une ancienne règle ?

« Si quelqu'un est en colère contre moi, je suis en danger. »
Êtes-vous réellement en danger aujourd'hui ?
Parfois oui.
Souvent non.
Et c'est précisément cette distinction qu'il faut réapprendre à faire.

LE NOUVEAU CONTRAT

Il ne s'agit surtout pas de passer de :
« Je m'occupe toujours des autres »
à :
« Je ne m'occupe plus jamais de personne. »
Ce serait simplement changer de prison.
La sécurité psychologique n'est ni la fusion ni l'isolement.
Elle permet progressivement quelque chose de beaucoup plus subtil :

« Je peux être avec vous sans m'abandonner. »
Je peux vous aimer et dire non.
Je peux vous écouter et m'arrêter lorsque je n'ai plus d'énergie.
Je peux vous aider sans vous sauver.
Je peux entendre votre déception sans immédiatement réparer.
Je peux être en désaccord et rester en relation.
Je peux vous laisser traverser votre émotion sans considérer qu'elle est ma responsabilité.
Et surtout :

je peux commencer par vérifier ce qui est juste pour moi.

LA SÉCURITÉ NE DEVIENT DONC PAS « JE N'AI BESOIN DE PERSONNE »

Nous avons besoin les uns des autres.
La recherche sur l'attachement montre même quelque chose de très beau : se sentir soutenu par des relations suffisamment sécurisantes favorise l'exploration et l'autonomie.
La sécurité relationnelle et l'autonomie ne sont donc pas ennemies.
Elles peuvent se nourrir mutuellement.
Le changement n'est pas :
« Je n'ai plus besoin de vous. »
Il ressemble davantage à :
« Je peux compter sur vous sans me remettre entièrement entre vos mains. »
Et :
« Je peux compter sur moi sans devoir me couper de vous. »
Voilà une sécurité beaucoup plus adulte.

FAITES CET EXERCICE

Prenez une feuille et tracez deux colonnes.

MON ANCIEN CONTRAT
Complétez spontanément :
Pour être en sécurité avec les autres, je dois…

Je ne dois surtout pas…

Quand quelqu'un est mécontent de moi, je…

Quand quelqu'un souffre, je me sens obligé de…

Ce que j'espère secrètement recevoir en échange est…

Cette dernière question est importante.
Peut-être :
de l'amour,
de la reconnaissance,
de la tranquillité,
de la gratitude,
une place,
le sentiment d'être utile,
la certitude de ne pas être abandonné.
Il n'y a rien de honteux là-dedans.
Votre stratégie avait une fonction.

PUIS ÉCRIVEZ VOTRE NOUVEAU CONTRAT
Cette fois, commencez par vous.
Quand quelque chose me dérange, je peux…

Quand je ressens une émotion, j'ai le droit de…

Quand quelqu'un est déçu par mon choix, je peux…

Pour rester en lien avec moi-même, j'ai besoin de…

Puis écrivez votre propre phrase.
Elle pourrait ressembler à :

« J'aime les autres. Les autres peuvent m'aimer. Je peux exprimer ce que je pense, respecter ce que je ressens et rester en lien. Ma sécurité ne dépend plus de ma capacité à satisfaire tout le monde. »
Ne la récitez pas comme une pensée positive.
Testez-la.

CAR LE CERVEAU APPREND AUSSI PAR L'EXPÉRIENCE

Choisissez cette semaine une situation suffisamment petite.
Pas le conflit familial que vous évitez depuis quinze ans.
Quelque chose de simple.
Dire :
« Non merci, ce soir je préfère rentrer. »
« Je ne suis pas disponible aujourd'hui. »
« Je ne suis pas d'accord. »
« J'ai besoin d'y réfléchir avant de vous répondre. »
« Je vous aime, mais je ne peux pas prendre cela en charge pour vous. »
Puis observez.
Que se passe-t-il dans votre corps ?
Peur ?
Culpabilité ?
Tension ?
Envie de vous justifier ?
Envie de revenir sur votre décision ?
Respirez.
Attendez.
Et regardez surtout ce qui se passe réellement.
Peut-être que l'autre sera contrarié.
Et que vous serez toujours là.
Peut-être qu'il ne comprendra pas immédiatement.
Et que le lien survivra.
Peut-être même qu'il respectera davantage votre position.
Vous venez alors d'offrir à votre système une expérience nouvelle :

« Je peux être moi… et rester en lien. »

C'EST PEUT-ÊTRE CELA, DEVENIR LE LEADER DE SA VIE

Ce n'est pas devenir invulnérable.
Ce n'est pas n'avoir besoin de personne.
Ce n'est certainement pas ne plus faire plaisir aux autres.
Faire plaisir peut être merveilleux…
lorsque c'est un choix.
La différence tient parfois dans une seule question :

« Est-ce que je fais cela parce que j'en ai envie… ou parce que j'ai peur de ce qui arriverait si je ne le faisais pas ? »
Voilà un magnifique détecteur.
Le plaisir dit :
« Je choisis de donner. »
L'ancien contrat dit :
« Je dois donner pour être tranquille. »
Et progressivement, vous pouvez passer de :
« Je dois gérer les autres pour être en sécurité »
à :

« Je m'écoute, je me respecte, je choisis comment entrer en relation… et je découvre que je peux traverser la réaction des autres. »


ET SI C'EST DIFFICILE ?

C'est normal que comprendre ne suffise pas toujours.
Certains apprentissages relationnels sont anciens, automatiques et chargés émotionnellement.
Un ami suffisamment sécurisant peut parfois offrir un regard précieux.
Et lorsque ces mécanismes sont répétitifs, douloureux ou profondément enracinés, la psychothérapie peut permettre de les explorer dans un cadre dédié et d'expérimenter progressivement d'autres façons d'être en relation.
C'est précisément l'un des travaux que je propose en thérapie :
repérer l'ancien contrat,
comprendre ce qu'il cherchait à protéger,
accueillir les émotions qui apparaissent lorsqu'on cesse de l'obéir,
puis construire de nouvelles expériences relationnelles.
Non pas pour devenir indépendant des autres.
Mais pour pouvoir dire :

« Je vous aime. J'aime être en lien avec vous. Et je ne dois plus me quitter moi-même pour rester avec vous. »

Cette semaine, je vous laisse donc avec une seule question :

Quel contrat invisible avez-vous passé avec les autres pour vous sentir en sécurité ?

Et surtout…

si vous n'aviez plus besoin de respecter ce contrat aujourd'hui, qu'auriez-vous envie de faire différemment ?

Peut-être que la sécurité commence exactement ici :
non pas lorsque tout le monde autour de vous va bien…
mais lorsque vous découvrez que, quoi que les autres ressentent, vous pouvez rester présent à vous-même.

❤️ Votre salaire raconte-t-il quelque chose de votre attachement ?Vous travaillez.Vous donnez beaucoup.On compte sur vou...
10/08/2026

❤️ Votre salaire raconte-t-il quelque chose de votre attachement ?

Vous travaillez.
Vous donnez beaucoup.
On compte sur vous.
Vous êtes compétent.
Et pourtant…
Quand vient le moment de demander une augmentation, quelque chose se resserre.
« Ce n’est peut-être pas le bon moment. »
« Je ne suis peut-être pas encore assez bon. »
« Ils vont penser que j’exagère. »
« Je devrais déjà être reconnaissant d’avoir ce poste. »
Alors vous attendez.
Encore six mois.
Encore une année.
Parfois beaucoup plus.
Et si, derrière une question apparemment économique, se cachait parfois aussi une question relationnelle ?
Pas toujours.
Pas chez tout le monde.
Mais suffisamment souvent pour qu’elle mérite d’être explorée.

Avant d’apprendre à négocier notre salaire, nous avons appris à être en relation

Un enfant ne grandit pas seulement avec de la nourriture, une chambre et une éducation.
Il apprend progressivement :
« Est-ce que je peux compter sur quelqu’un ? »
« Est-ce que mes besoins ont de l’importance ? »
« Est-ce que je peux demander ? »
« Est-ce que je peux déplaire sans perdre la relation ? »
« Est-ce que je peux être moi et rester aimé ? »
C’est notamment ce que la théorie de l’attachement cherche à comprendre.
Et contrairement à une simplification encore fréquente, cette construction ne se résume pas à « la mère ».
Il existe des figures d’attachement.
Un parent, mais aussi plusieurs adultes significatifs, peuvent participer au développement de l’enfant : père, mère, grands-parents ou autres personnes prenant soin de lui.
La question intéressante n’est donc pas :
« Qu’est-ce que ma mère m’a fait ? »
Mais plutôt :
« Qu’est-ce que mes expériences relationnelles répétées m’ont appris à attendre de moi, des autres et de la relation ? »
Et cette question peut nous accompagner jusque dans l’entreprise.

Votre patron n’est pas votre parent. Mais votre système relationnel vient travailler avec vous.

C’est probablement là que les choses deviennent passionnantes.
Les recherches sur l’attachement au travail suggèrent que nos orientations d’attachement peuvent être associées à notre manière de vivre le stress, les relations professionnelles, les superviseurs ou encore l’épuisement professionnel.
Mais ces relations sont complexes et ne déterminent jamais à elles seules notre vie professionnelle.
Imaginez néanmoins quelqu’un qui a progressivement appris :
« Pour garder le lien, je dois être utile. »
Que risque-t-il de faire au travail ?
Donner davantage.
Accepter encore une mission.
Être disponible le soir.
Ne pas vouloir décevoir.
Et lorsque vient le moment de demander quelque chose pour lui…
Hésiter.
Une autre personne a pu apprendre :
« Demander m’expose au rejet. »
Elle pourra devenir extrêmement autonome.
Ne rien demander.
Tout faire seule.
Et même lorsqu’elle dispose d’arguments objectifs pour négocier davantage, elle pourra avoir du mal à entrer dans cette négociation.
Une autre encore peut avoir appris :
« Le conflit menace la relation. »
Dire à son responsable :
« Ma rémunération ne correspond plus à mes responsabilités. »
ne sera alors peut-être pas vécu comme une simple conversation économique.
Son organisme peut également y percevoir un enjeu relationnel.
Et voilà pourquoi la question du salaire devient intéressante.

💰 Votre salaire n’est PAS votre valeur

C’est probablement la phrase la plus importante de cet article.
Votre salaire ne mesure pas votre valeur humaine.
Une infirmière, un éducateur, un chercheur, une caissière ou un enseignant peuvent apporter énormément à la société et être insuffisamment rémunérés.
Le salaire dépend d’un marché, de rapports de force, d’un secteur professionnel, d’une géographie, d’une formation, de discriminations éventuelles, de la conjoncture et de nombreux facteurs qui nous dépassent.
Tout n’est donc pas de notre responsabilité.
Mais nous pouvons poser une autre question :
« Est-ce que ma relation à ma propre valeur influence la manière dont je défends mes intérêts dans les marges de manœuvre dont je dispose réellement ? »
Là, la question devient thérapeutiquement intéressante.
Est-ce que je négocie ?
Est-ce que je demande ?
Est-ce que je connais ma valeur sur le marché ?
Est-ce que j’ose envoyer mon CV ailleurs ?
Est-ce que je reste dans une entreprise qui ne me convient plus uniquement parce que partir m’effraie ?
Est-ce que je confonds fidélité et sacrifice ?
Est-ce que je supporte des comportements que je conseillerais immédiatement à quelqu’un que j’aime de ne pas accepter ?

🏢 « Ici, nous sommes une famille »

Cette phrase mérite parfois d’être interrogée.
Une entreprise peut être chaleureuse.
Un manager peut être profondément humain.
Des collègues peuvent devenir des amis.
Un collectif professionnel peut réellement constituer une source importante d’appartenance.
Mais une entreprise reste également une organisation avec des intérêts économiques.
Elle rémunère votre travail.
Vous lui apportez du temps, des compétences et de la valeur.
Alors lorsque l’entreprise dit :
« Nous sommes une famille »,
une petite question peut être salutaire :
« Cette appartenance m’aide-t-elle à grandir… ou m’empêche-t-elle de partir ? »
Parce qu’il existe une différence fondamentale entre :
« Je reste parce que je choisis cette entreprise. »
et :
« Je reste parce que je ne supporte pas émotionnellement l’idée de la quitter. »
Une relation professionnelle saine peut créer de l’attachement et de l’appartenance.
Mais elle devrait aussi permettre la différenciation, la négociation, le désaccord et, un jour peut-être, le départ.

Le connu n’est pas nécessairement le bon

C’est probablement l’un des phénomènes les plus intéressants en thérapie.
Nous imaginons spontanément rechercher ce qui nous fait du bien.
Ce n’est pas toujours aussi simple.
Notre cerveau utilise constamment les expériences antérieures pour interpréter ce qui se passe maintenant.
Les expériences répétées construisent des attentes.
Et ces attentes influencent notre perception des situations nouvelles.
Attention cependant :
Cela ne signifie pas que « notre cerveau recherche la souffrance ».
Ce serait trop simple.
Je préfère dire :
« Notre cerveau interprète plus facilement le monde à partir des modèles qu’il connaît déjà. »
Et cela change énormément de choses.
Une relation connue peut sembler étrangement normale…
même lorsqu’elle est inconfortable.
Un manager humiliant.
Un partenaire distant.
Une relation où il faut toujours prouver.
Un environnement dans lequel nos besoins passent systématiquement après ceux des autres.
Non parce que nous aimons souffrir.
Mais parce que notre système possède déjà une carte pour naviguer dans ce territoire.

Et c’est là que commence le leadership

Pas avec :
« Je dois changer. »
Mais avec quelque chose de beaucoup plus doux.
Quelque chose que j’aime appeler :
L’ÉTONNEMENT.
Vous vous surprenez en train de dire oui alors que vous vouliez dire non.
Et pendant une seconde :
« Tiens… pourquoi est-ce que je viens encore de faire ça ? »
Vous avez envie de demander une augmentation et immédiatement une voix apparaît :
« Tu exagères. »
Tiens…
Vous envisagez de quitter votre entreprise et une culpabilité étrange apparaît :
« Après tout ce qu’ils ont fait pour moi… »
Tiens…
Vous êtes maltraité dans une relation et votre première pensée consiste à comprendre l’autre plutôt qu’à vous protéger.
Tiens…
Cet étonnement crée un espace.
Entre l’automatisme et vous.
Et dans cet espace apparaît une nouvelle question :
« Ce que je ressens appartient-il entièrement à la situation d’aujourd’hui… ou une ancienne règle est-elle également en train de se rejouer ? »
Puis une seconde :
« Si je n’avais rien à prouver, rien à mériter et personne à sauver… qu’est-ce que j’aurais envie de faire maintenant ? »
Voilà une question de leader.

Faites l’expérience cette semaine

Je vous propose cinq questions.
Prenez une feuille.
Et répondez sans chercher la bonne réponse.
1. ARGENT
Si je devais négocier ma rémunération demain, qu’est-ce qui me ferait le plus peur ?
2. TRAVAIL
Si je savais avec certitude que personne ne m’en voudrait, est-ce que je choisirais encore cette entreprise, ce métier ou cette fonction ?
3. LIMITES
Qu’est-ce que j’accepte professionnellement que je conseillerais à quelqu’un que j’aime de refuser ?
4. RELATION
Lorsque mon responsable est mécontent de moi, est-ce que je peux rester en désaccord sans avoir immédiatement besoin de restaurer son approbation ?
5. LIBERTÉ
Si je me sentais profondément légitime et suffisamment en sécurité, quelle conversation aurais-je dans les trente prochains jours ?
Ne changez rien immédiatement.
Observez.
L’objectif n’est pas de démissionner demain matin.
Ni d’aller réclamer 30 % d’augmentation.
L’objectif est de découvrir :
Où se trouve ma liberté de choix ?

❤️ De l’attachement au leadership
Pour moi, un leader de sa vie n’est pas quelqu’un qui n’a plus peur.
C’est quelqu’un qui commence à distinguer :
Ce qu’il ressent.
Ce qu’il a appris.
Ce que la situation exige réellement.
Et ce qu’il choisit aujourd’hui.
Un attachement suffisamment sécurisant ne signifie pas :
« Je n’ai besoin de personne. »
Presque l’inverse.
Il permet davantage de dire :
« J’ai besoin des autres, je peux les aimer, je peux recevoir d’eux… et je peux rester moi. »
Au travail :
« Je peux appartenir à cette entreprise sans lui appartenir. »
Dans le couple :
« Je peux vous aimer sans me perdre. »
Dans l’amitié :
« Je peux être proche de vous sans devoir devenir indispensable. »
Et face à soi-même :
« Je peux prendre soin de moi sans devoir obtenir l’autorisation de quelqu’un. »
C’est peut-être cela, finalement, la première qualité du leader :

Être en lien sans abandonner sa liberté.

Et si vous reconnaissez votre histoire ?
Vous pouvez commencer seul.
Observer.
Écrire.
Demander le regard d’une personne suffisamment fiable.
Faire une expérience différente.
Poser une petite limite.
Demander quelque chose.
Recevoir sans immédiatement rendre.
Négocier.
Dire non.
Et observer ce qui se passe en vous.
Certaines difficultés sont cependant profondément enracinées ou associées à des expériences relationnelles difficiles ou traumatiques.
Dans ces situations, un accompagnement psychothérapeutique peut aider à comprendre les automatismes et surtout à expérimenter progressivement d’autres manières d’être avec soi et avec les autres.
C’est aussi le travail que je propose en thérapie :
Comprendre ce que votre histoire vous a appris.
Repérer ce qui se rejoue aujourd’hui.
Créer un instant d’étonnement.
Puis construire progressivement de nouvelles expériences pour retrouver davantage de choix.
Pas pour accuser vos parents.
Pas pour réécrire votre enfance.
Pas pour expliquer que tout vient de votre attachement.
Mais pour poser cette question profondément adulte :
« Maintenant que je comprends mieux ce que j’ai appris hier… qu’est-ce que je choisis de faire aujourd’hui ? »
Et peut-être commencer par celle-ci :

Votre travail, votre salaire et vos relations professionnelles correspondent-ils à la personne que vous êtes aujourd’hui… ou encore à celle qui avait appris à s’adapter pour conserver le lien ?

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