12/07/2026
La chirurgie implantaire guidée représente aujourd'hui une avancée majeure en implantologie moderne grâce à une planification prothétiquement guidée, une meilleure précision du positionnement implantaire et une réduction de la morbidité postopératoire (Vercruyssen et al., 2014). Cependant, cette précision numérique ne doit jamais faire oublier qu'il s'agit d'un outil d'assistance à la décision chirurgicale et non d'un substitut au jugement clinique.
En effet, les protocoles flapless ou totalement guidés limitent l'accès visuel direct au site opératoire. Certaines situations cliniques révèlent, après élévation d'un lambeau, des déhiscences vestibulaires, des fenestrations, une insuffisance d'épaisseur corticale ou des défauts osseux tridimensionnels qui n'étaient pas pleinement perceptibles lors de l'analyse radiologique préopératoire. Ces constatations peuvent modifier immédiatement la stratégie thérapeutique et conduire à une régénération osseuse guidée (Guided Bone Regeneration, GBR) réalisée dans le même temps opératoire.
Ainsi, la chirurgie conventionnelle à ciel ouvert conserve une valeur diagnostique et thérapeutique essentielle. Elle permet une évaluation directe de la morphologie osseuse, de la qualité des tissus et de la nécessité éventuelle d'une augmentation osseuse peropératoire afin d'assurer une stabilité biologique et esthétique à long terme. Cette approche est particulièrement importante lorsque la reconstruction des tissus péri-implantaires conditionne le succès prothétique.
L'opposition entre chirurgie guidée et chirurgie conventionnelle n'a donc plus lieu d'être. Elles sont complémentaires : la première apporte la précision du projet prothétique, tandis que la seconde offre la possibilité d'adapter la thérapeutique aux réalités anatomiques rencontrées au cours de l'intervention. Le chirurgien moderne doit maîtriser ces deux approches afin de choisir, pour chaque patient, la stratégie la plus adaptée plutôt que d'appliquer un protocole unique.