Florence de Coccola

Florence de Coccola Psychanalyste. Consultante secteur social et médico-social.

Mon dernier manuscrit « Tant qu’il reste quelqu’un pour se lever » est un écrit qui s’inscrit à la frontière de la litté...
22/12/2025

Mon dernier manuscrit « Tant qu’il reste quelqu’un pour se lever » est un écrit qui s’inscrit à la frontière de la littérature et de la psychanalyse, sans se laisser enfermer dans aucune des deux.
Il ne s’agit ni d’un recueil de cas cliniques, ni d’un essai théorique, ni d’un texte littéraire au sens classique. C’est un ouvrage de portraits incarnés, suivis de lectures psychanalytiques, qui fait le choix assumé de ne jamais réduire un sujet à un symptôme, ni une vie à une interprétation.
Chaque texte est né d’une rencontre. Non pour exposer, mais pour laisser une trace juste : celle d’un moment où une parole, un silence, un geste, ont fait basculer quelque chose dans l’existence d’un sujet.
Le parti pris éditorial est clair :
- une écriture accessible sans être simplifiée
- une psychanalyse rigoureuse sans jargon défensif
- une attention constante à l’éthique de la nomination et de la représentation.
Ce livre s’adresse autant aux lecteurs familiers de la psychanalyse qu’à celles et ceux qui travaillent dans le champ du soin, du social, de l’accompagnement, ou simplement à des lecteurs sensibles à une écriture incarnée, attentive à la fragilité humaine.
Il interroge, à travers des figures singulières, des questions universelles :
- comment consentir à vivre quand la fatigue s’installe ?
- que devient le sujet lorsque les idéaux s’effondrent ?
- comment la parole, lorsqu’elle est tenue avec justesse, peut encore ouvrir un espace de transformation ?
Ce manuscrit n’ambitionne pas de produire un savoir de plus. Il propose une forme, un rythme, une tenue. Une manière de dire que tant qu’il reste quelqu’un pour se lever, pour écouter sans dominer, pour parler sans assigner, la psychanalyse et la littérature ont encore quelque chose d’essentiel à transmettre.

Et apprendre aujourd’hui grâce à mon très cher Saül Karsz que mon texte « Retrouver la substantifique moelle de nos méti...
16/11/2025

Et apprendre aujourd’hui grâce à mon très cher Saül Karsz que mon texte « Retrouver la substantifique moelle de nos métiers » (LinkedIn, nov. 2025) a été sélectionné pour figurer dans la bibliographie et dans le dossier participant des prochaines Journées de Pratiques Sociales, qui auront lieu à Paris les 8-9-10 décembre.

Ces journées questionneront un thème brûlant et nécessaire : « Interventions sociales, éducatives, thérapeutiques au temps du néolibéralisme avancé : débâcle ou opportunité ? »

Mon texte sera commenté oralement au cours d’une intervention. Il sera mis en circulation aux côtés de celui d’Angélique Revest , « La solidarité en sursis ».

Je suis honorée, touchée, et reconnaissante que cette réflexion, née d’une pratique, d’un terrain, d’un engagement humain, trouve sa place dans cet espace exigeant où se rencontrent pensée critique, éthique, clinique et action sociale.

Un merci particulier à Saül, pour sa confiance, son regard, sa rigueur intellectuelle et surtout cette bonté rare qui donne envie de continuer à penser, écrire et agir. Il y a des transmissions qui nourrissent, celle-ci en fait partie.

Pour celles et ceux qui souhaitent participer à ces journées, s’inscrire, débattre, respirer, questionner et peut-être se réarmer :
Inscription ici : https://www.pratiques-sociales.org/journees-detude-et-de-formation-2025-les-8-9-10-decembre-a-paris/

Parce que nos métiers méritent mieux que la résignation.
Parce qu’ils sont faits de chair, de pensée, de lien et de dignité.
Parce que, plus que jamais, penser ensemble est un acte politique.

Florence de Coccola
Psychanalyste | Directrice | Formatrice | Autrice

Et recevoir ce si beau message de mon très cher Pr Roger Gil  Recension. Florence de Coccola. Exister avec élégance. Ess...
12/11/2025

Et recevoir ce si beau message de mon très cher Pr Roger Gil

Recension. Florence de Coccola. Exister avec élégance. Essai d’expression poétique de la condition humaine. Préface de Roger Gil. Editions l'Harmattan, Paris, 2025.

« Dans son ouvrage : « Exister avec élégance », Florence de Coccola invite le lecteur à partager un voyage intérieur où l’écriture explore un territoire intime et collectif, fait de fragments à relire. L’ouvrage privilégie les facettes de l’humanité plutôt que l’enchaînement linéaire des chapitres, révélant tensions entre lumière et ténèbres, rupture et libération.
L’auteure propose d’« exister avec élégance » : mots choisis, quête d’authenticité et d’harmonie, parfois par la révolte ou la résistance. La résistance est aussi perçue comme amour qui reconnaît la lumière dans les failles, alternant silence et parole « invisible », espérance et sourire apaisant.
Le texte célèbre la complexité et la complémentarité des personnes, l’effort vers une compréhension mutuelle en dépit de la vulnérabilité de la condition humaine.
L’écriture allie esthétique et poétique : métaphores et images tissent une cascade vivante d’élans, d’espérances et d’émotions.
Des images fortes (la peau comme seuil, le rire comme clairière, la rupture comme faille) soulignent les trébuchements et les réajustements de l’existence.
Malgré blessures et erreurs, le message est d’apprendre à vivre, aimer la vie et trouver la paix face aux mystères qui nous dépassent.
Nourrie de culture philosophique, littéraire et psychanalytique, la pensée de l’auteure donne à l’ouvrage une dense dimension humaniste.
Ce texte est une ode à la vie et à la tendresse, invitant à la lecture, à la relecture, au partage et au débat pour faire résonner l’espérance en l’humanité. En somme un bel ouvrage à lire et à méditer. »

27/10/2025

Je sais exactement à quel moment j’ai compris que j’étais à ma place en tant que psychanalyste. Ce ne fut ni une décision spectaculaire, ni un choix soudain. Ce fut autre chose, quelque chose de plus lent, de plus intime, de moins triomphant : un assentiment silencieux. Une reconnaissance intérieure. Une place qui, loin d’être prise, s’est laissée rencontrer.
J’ai toujours pensé que l’on ne devient pas psychanalyste par vocation. Ce mot sonne trop religieux, trop héroïque, trop artificiel. On le devient peut-être par nécessité. Par fidélité à quelque chose qui nous traverse sans que nous sachions d’où cela vient. On le devient parce que l’on a éprouvé que la parole est une maison, parfois en ruine, parfois presque inhabitable… mais dont il reste toujours une porte à entrouvrir.
Ce n’est pas un métier. On peut être boulanger, maçon, professeur, avocat, infirmière. Mais psychanalyste… non. Ce n’est pas une profession que l’on coche dans une case administrative. C’est une manière de se tenir dans l’existence. Une éthique avant d’être une pratique. Une responsabilité avant d’être un faire. Une écoute avant d’être un dire.
Je me sens à ma place non parce que j’aurais la certitude de savoir. Au contraire : je me sens à ma place parce que je n’ai jamais prétendu détenir ce que l’autre ignorait. Je ne suis pas là pour expliquer la vie ; je suis là pour faire place à la vie dans ce qu’elle a de plus indomptable, de plus répété, de plus blessé aussi. Je suis là pour écouter ce qui, chez chacun, échoue d’abord à se dire. Ce qui passe par le tremblement d’une voix, le battement d’un silence, une phrase interrompue. Je suis là pour soutenir l’inavouable, pas pour le juger. Pour accueillir la honte, pas pour l’alimenter. Pour donner consistance au sujet, pas pour le diriger.

Je me souviens de cet homme de cinquante ans qui, lors de sa première séance, resta assis face à moi sans un mot. Trente-cinq minutes de silence. Un silence massif, compact, saturé de peur. Je l’entendais pourtant ce silence, je le sentais, il tremblait dans la pièce. Quand l’heure s’est terminée, il a dit seulement : « Ici, je crois que j’ai le droit de ne pas être fort. » À cet instant, je n’ai rien répondu. Aucun commentaire, aucune interprétation. Juste cette phrase déposée, presque fragile, qui venait dire davantage qu’un long récit. Je n’ai rien répondu parce que, déjà, il avait commencé à parler, non par les mots, mais par le geste même de venir, de se tenir debout face à lui-même. C’est cela, être psychanalyste : savoir entendre ce qui ne s’est pas encore formulé.

La psychanalyse m’a appris qu’il n’y a pas de hasard dans ce qui insiste. Que le symptôme n’est pas un ennemi à abattre, mais un message à traduire. Que chaque répétition douloureuse, chaque impasse, chaque survivance de douleur est un appel adressé à quelqu’un, un appel parfois enfoui, mais tenace. Freud l’a écrit avec une simplicité qui demeure une boussole : là où était le ça, le je doit advenir. Winnicott a ajouté que le sujet ne se déploie que lorsqu’il se sent suffisamment en sécurité pour exister sans menace. Et Lacan a ouvert la voie : l’inconscient est structuré comme un langage. Depuis, je sais que chaque être humain est une énigme vivante, non pas un problème à résoudre, mais un déploiement de sens à accueillir.

Il y a aussi cet enfant, huit ans, cabossé par une violence qu’il ne pouvait pas nommer. Un de ceux qui dessinent plutôt que parler. Il venait chaque semaine et plaçait sur la table toujours les mêmes trois figurines : un tigre, un fermier, et un petit garçon sans yeux. Semaine après semaine. Aucun récit. Juste ce rituel. Et puis un jour, il a mis le garçon dans la gu**le du tigre. Et il a murmuré, très bas : « C’est lui le père. » Le jeu venait de faire surgir la vérité avant les mots. Il n’y avait rien à interpréter trop vite, rien à expliquer. Seulement accompagner, tenir cet espace où enfin quelque chose de lui osait apparaître. L’écoute psychanalytique n’est pas un savoir sur l’autre ; elle est une fidélité à ce qui cherche à naître.

On dit parfois : mais comment supportes-tu de recevoir tant de souffrance ? Je réponds : je ne la supporte pas, je la reçois. Nuance essentielle. La souffrance de l’autre n’a pas besoin d’un mur mais d’une présence. Elle n’attend ni conseils ni solutions toutes faites. Elle attend un lieu. Une adresse. Quelqu’un devant qui déposer ce qui n’a jamais trouvé sa place. Être psychanalyste, c’est être ce lieu, pas un refuge confortable, non, mais un espace exact, tenu, rigoureux, où la parole ne se perd pas.
Être psychanalyste, c’est aussi consentir à l’impossible. Impossible de savoir à l’avance ce qui viendra, impossible de diriger un parcours psychique, impossible de prévoir le moment où un sujet rencontrera ce qu’il cherche. Impossible également de se protéger complétement : on est traversé, déplacé parfois, questionné souvent. Et pourtant, je m’y sens infiniment à ma place. Parce que cette impossibilité n’est pas un obstacle. Elle est la condition du vivant.
Je ne suis pas là pour rassurer. Je ne suis pas là pour conseiller. Je suis là pour soutenir un chemin de vérité. Une vérité singulière, jamais universelle. Une vérité qui n’est ni morale ni sociale, mais intime, profonde, parfois douloureuse, et pourtant libératrice. Quand quelqu’un entre dans mon cabinet, je ne cherche pas à savoir qui il devrait être, je cherche à entendre qui il est.

Il y a cette femme aussi, quarante-trois ans, incapable d’aimer sans s’effondrer. Elle disait qu’elle « devenait trop » ou « pas assez », qu’elle « fatiguait les autres », qu’elle « ne savait pas garder quelqu’un ». En vérité, elle était simplement amputée de son droit au désir. Enfant, on lui avait appris à se taire, à obéir, à ne rien vouloir. Elle avait confondu amour et effacement. Je n’avais pas à la consoler. Je devais lui permettre de se rencontrer enfin, de retrouver sa voix, celle qui, longtemps, avait manqué d’adresse. Ce qu’elle a trouvé dans l’analyse n’est pas un manuel de vie, mais un espace où elle a pu devenir auteur de son existence.

Je me sens à ma place quand je vois la parole faire son travail souterrain, quand je vois peu à peu un être se réconcilier avec lui-même. Non pas en devenant parfait, propre. Mais en devenant juste. En se tenant dans sa propre humanité, complexité comprise. Quand un analysant ose dire enfin ce qu’il a toujours craint d’entendre sortir de sa bouche, je sais que quelque chose est en train de naître.
Je me sens à ma place quand l’inconscient surgit, quand un lapsus éclaire une vie entière, quand une association libre relie le présent au passé avec une force inattendue, quand une répétition trouve son origine, quand l’autre ose se tenir au bord de ce qu’il fuyait.
Je me sens à ma place parce que je crois à la puissance du langage. Parce que je sais que parler, ce n’est pas bavarder : c’est chercher une voie. Chercher une vérité. Chercher une existence.

Je n’idéalise jamais la psychanalyse. Elle n’est pas miracle, elle n’est pas magie. Elle ne promet rien, sinon un travail. Et je crois que c’est sa grandeur. Elle ne confond pas soin et morale. Elle ne cherche pas à faire entrer les êtres dans des cases. Elle ne prétend pas rééduquer. Elle ouvre, elle ne ferme pas. Elle ne dicte aucune direction ; elle révèle ce qui, en chacun, cherche sa propre orientation.
Je me sens à ma place comme psychanalyste parce que je crois que la liberté existe, pas comme un slogan, comme une conquête fragile, exigeante, infiniment humaine. Une liberté qui ne nie pas l’histoire, mais la traverse. Une liberté qui sait d’où elle vient et qui pourtant choisit où aller. Une liberté qui ne nie pas l’inconscient mais dialogue avec lui.
Être psychanalyste, ce n’est pas guérir les autres. C’est les accompagner à se rencontrer. À s’entendre. À se relier. À se dire. À se choisir. Et parfois, à se relever.

Dans cette place silencieuse où je me tiens, je ne cherche pas à être admirée, ni aimée, ni indispensable. Je cherche seulement à être juste. Juste à ma place. Juste dans mon écoute. Juste dans ma présence. Juste dans mon engagement.
Et au fond, je crois que je fais ce travail pour une seule raison : parce que j’ai foi en l’humain. Profondément. Radicalement. Sans naïveté, sans illusion. Une foi simple : je crois que personne n’est condamné à répéter toujours la même douleur. Que chacun peut s’accorder cette possibilité inouïe : devenir sujet de sa propre vie.
Voilà pourquoi je me sens à ma place.

Texte de Florence de Coccola

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