07/08/2026
ELLE AVAIT BU.
ELLE ÉTAIT EN JUPE.
ELLE ÉTAIT SEULE.
ELLE AVAIT FLIRTÉ.
Alors…
elle l’aurait cherché ?
Non.
Et pourtant, ces phrases existent encore :
« Tu as vu comment elle était habillée ? »
« Elle avait beaucoup bu… »
« Elle était en fin de soirée… »
« Après, faut pas s’étonner… »
Mais depuis quand la vulnérabilité donne-t-elle des droits sur le corps de quelqu’un ?
Si je vois une jeune fille vulnérable, mon premier réflexe est de vouloir la protéger.
Pas d’en profiter.
La vulnérabilité appelle la protection.
Elle ne donne aucun droit.
Une jupe n’est pas un consentement.
Un décolleté n’est pas un consentement.
Un sourire n’est pas un consentement.
Le maquillage n’est pas un consentement.
L’alcool n’est pas un consentement.
Flirter n’est pas un consentement.
Avoir dit oui à un ba**er n’est pas avoir dit oui à un rapport sexuel.
Et avoir dit oui quelques minutes auparavant ne signifie pas qu’on ne peut pas dire non ensuite.
Le consentement peut s’arrêter à tout moment.
Alors posons-nous une question simple.
Un homme qui se promène torse nu, alcoolisé, seul, t**d dans la nuit…
mérite-t-il d’être violé ?
Non.
Alors pourquoi serait-ce différent pour une femme ?
La seule personne responsable d’un viol est celle qui le commet.
L’agresseur.
MAIS APRÈS ?
C’est là que beaucoup de choses deviennent beaucoup plus complexes.
Parce que parler ne signifie pas être guérie.
Déposer plainte ne signifie pas être guérie.
Raconter son histoire ne signifie pas être guérie.
Sourire ne signifie pas être guérie.
Reprendre une vie « normale » ne signifie pas être guérie.
On peut travailler.
Aimer.
Avoir des enfants.
Rire.
Faire des projets.
Et pourtant porter encore les conséquences d’un traumatisme.
Parce qu’un viol ne s’arrête pas forcément lorsque l’agression s’arrête.
Le cerveau et le corps peuvent continuer à fonctionner comme si le danger était encore présent.
Hypervigilance.
Cauchemars.
Troubles du sommeil.
Anxiété.
Dépression.
Souvenirs intrusifs.
Dissociation.
Fatigue.
Douleurs.
Troubles digestifs.
Troubles gynécologiques.
Troubles sexuels.
Le traumatisme peut laisser des traces que personne ne voit.
ET PARFOIS, LE TRAUMATISME PREND UNE FORME QUE L’ON NE COMPREND PAS.
Certaines victimes vont fuir toute sexualité.
D’autres vont, au contraire, rechercher énormément de sexualité.
Multiplier les partenaires.
Avoir des rapports à risque.
Rechercher des situations dangereuses.
Avoir une sexualité compulsive.
Et là encore, le jugement arrive :
« Elle recommence. »
« Elle n’a rien compris. »
« Elle cherche les problèmes. »
« À force, c’est qu’elle aime ça. »
Mais…
Et si ce comportement était justement une conséquence du traumatisme ?
Certaines victimes peuvent chercher à reprendre le contrôle de leur corps.
À reprendre possession de leur sexualité.
À se prouver qu’elles peuvent choisir.
À rechercher de l’affection.
De la validation.
Une sensation de puissance.
Ou simplement tenter, sans même en avoir conscience, de comprendre ou de maîtriser quelque chose qui leur a été imposé.
Le cerveau traumatisé ne fonctionne pas toujours comme avant.
Et ce qui semble incompréhensible de l’extérieur peut parfois être une tentative de survivre intérieurement.
Alors non.
Elle ne « cherche » pas nécessairement le danger.
Elle peut être en train de chercher une façon de vivre avec ce qui lui est arrivé.
Et surtout :
Un comportement à risque n’est jamais un consentement à être violée.
ET PUIS UN JOUR… ELLE PARLE.
Parfois quelques semaines après.
Parfois quelques années.
Parfois vingt, trente ou quarante ans plus t**d.
Et certains demandent :
« Pourquoi maintenant ? »
Parce que le traumatisme n’a pas d’horloge.
Une odeur.
Une date.
Une rencontre.
Une séparation.
Une grossesse.
Un événement familial.
Un mot.
Une image.
Et quelque chose peut remonter.
Pas parce qu’elle invente.
Pas parce qu’elle cherche l’attention.
Mais parce que parfois, il faut des années pour comprendre ce que l’on a vécu.
Alors cessons de demander :
« Pourquoi était-elle habillée comme ça ? »
« Pourquoi avait-elle bu ? »
« Pourquoi est-elle retournée dans cette situation ? »
« Pourquoi n’a-t-elle pas parlé plus tôt ? »
Et commençons à demander :
« Qu’est-ce qui lui est arrivé ? »
Parce que cette question change tout.
Elle replace la responsabilité là où elle doit être.
Elle permet de regarder la victime autrement.
Avec moins de jugement.
Avec plus d’humanité.
Et peut-être, enfin, avec ce réflexe qui devrait être le premier :
Protéger les personnes vulnérables plutôt que chercher ce qu’elles auraient fait pour mériter ce qui leur est arrivé.
Une victime n’a pas besoin d’être parfaite.
Elle n’a pas besoin d’être prudente en permanence.
Elle n’a pas besoin d’être sobre.
Elle n’a pas besoin d’avoir une sexualité irréprochable.
Elle n’a pas besoin d’avoir toujours fait les bons choix.
Elle a simplement le droit de ne pas être violée.
Et rien.
Ni sa tenue.
Ni son alcoolisation.
Ni son comportement.
Ni sa sexualité.
Ni ses fragilités.
Ni ses erreurs.
Rien ne transforme jamais une victime en responsable de la violence qu’un autre a choisi de lui faire subir.
Partageons. Parce que changer les mentalités, c’est aussi changer le regard porté sur les victimes. 🙏🏻