27/06/2026
Et si l'école élémentaire devenait le premier lieu de prévention de la violence ?
Elle ne commence pas au collège : elle devrait débuter dès l'école maternelle.
Cela concerne aussi bien la violence dirigée contre autrui que la violence dirigée contre soi-même. Rappelons au passage qu'une très grande proportion des violences agies s'enracine dans des violences subies : traumatismes, agressions sexuelles, humiliations répétées, maltraitance intrafamiliale...
Pour autant, chacun de nous porte en lui une violence fondamentale. À l'image de nos lymphocytes NK (Natural Killer), qui protègent notre « territoire intérieur », cette énergie est indispensable à notre survie. Toute l'éducation consiste à la contenir, la transformer et la symboliser grâce aux règles, aux lois, aux arts et à la culture.
Cela suppose d'apprendre aux enfants qu'ils ne sont pas des « winners » à qui tout serait permis selon la logique du « Moi d'abord ! », mais des individus capables de s'inscrire dans le corps social.
Pourquoi ne pas enseigner dès l'école élémentaire, au travers d'ateliers pratiques :
• qu’il faut comprendre le sens des règles pour mieux les respecter. Un sens interdit n’est pas seulement un empêchement, il oriente la circulation pour mieux la fluidifier. Or, la multiplication des exceptions — comme le « sauf vélo » — brouille à mes yeux le message éducatif en laissant croire que toute règle serait finalement négociable. Aménageons plutôt des pistes cyclables !
• que saluer l’autre le reconnaît, et que pénétrer son « espace aérien » (environ un bras et demi) est une intrusion imposant un accord tacite. Marcher sur les pieds de quelqu'un, même par inadvertance, appelle naturellement des excuses.
• qu'on ne se bat pas assis : s'asseoir, puis inviter l'autre à faire de même, constitue souvent le premier pas vers l'apaisement ;
• qu'un simple « Il m'a mal regardé ! » ne saurait justifier une agression ;
• que les insultes apparaissent souvent lorsque les arguments manquent et traduisent davantage une faiblesse qu'une force ;
• que rendre quelqu'un « transparent » est parfois aussi violent qu'une agression physique ou verbale.
Ces exercices développeraient les compétences psychosociales (gestion des émotions, empathie, tolérance à la frustration, etc.).
N'oublions pas évidemment le rôle essentiel des arts — chorale, théâtre, musique, dessin, danse — qui transforment les émotions en créations.
Enfin, il est devenu indispensable d'apprendre très tôt à exercer son esprit critique face au numérique, aux réseaux sociaux, aux fausses informations et à l'intelligence artificielle.
Prévenir la violence, ce n'est pas seulement apprendre aux enfants à ne pas frapper, encore moins à ne pas s'armer ! C'est leur apprendre à réfléchir, à trouver la juste distance avec les autres, ni dans le repli défensif, ni dans l'exposition imprudente. C'est tout le sens de l'apprentissage du « vivre ensemble ».