29/08/2026
DÉPENDANCE AFFECTIVE ET PROBLÈME DE SANTE MENTALE : COMMENT FAIRE LA DIFFERENCE ?
Pour commencer, replaçons l’église au milieu du village : la dépendance affective n’est pas un problème de santé mentale. C’est un trouble du comportement relié à une carence affective dans l’enfance (manque de reconnaissance, affection, protection de la part des parents) qui entrave le développement de la confiance et de l’estime. Une fois adulte, le manque de confiance et d’estime peut vous jeter dans toutes sortes de problèmes tels que de mauvaises relations avec les autres (vie privée, sociale ou professionnelle), devenant *Desperado (celui qui donne tout) ou *Trou noir affectif (celui qui prend tout), alternant parfois d’un rôle à l’autre selon les circonstances (dominateur ou dominé). Cette carence vous rend également très sensible aux blessures de votre enfance, traînées dans la vie d’adulte : rejet, abandon, trahison, injustice et humiliation entraînant une peur irraisonnée de la solitude qui vous propulse dans les addictions. Près de 98 % de la population souffre d’un manque de confiance et d’estime sur une échelle de 1 à plus de 10 (Échelle de Richter de la dépendance affective, selon Pascale Piquet). Si vous êtes entre 1 & 4, le simple fait de lire « Le syndrome de Tarzan » (Béliveau éditeur) vous remettra sur les rails, grâce à une certaine compréhension des relations affectives. En revanche, si vous êtes à « plus de 5 », ça se corse : c’est l’enfant intérieur (qui rime avec « peurs ») qui prend souvent les commandes, vous privant de tout raisonnement d’adulte et vous entraînant dans toutes sortes de situations souffrantes et de plus en plus violentes : violence verbale, psychologique, physique, économique et sexuelles. Là, vous avez besoin d’aide pour rectifier le tir et « muscler » confiance et estime qui sont les clefs d’une vie privée, sociale et professionnelle épanouie.
Le décor étant planté, mon propos aujourd’hui est de vous démontrer que la dépendance affective peut effectivement masquer un réel problème de santé mentale. Et je vous expliquerai, à la fin de cet article, comment faire la différence. Je m’inscris en faux contre les termes « pervers narcissique manipulateur » (PN), et les victimes veulent souvent m’arracher la tête, sans se pencher sur ce que je défends : cette étiquette est soit appliquée à une personne qui ne la mérite pas, l’ex ou tout autre personne qui vous a juste contrarié, soit elle camoufle un véritable danger : une personne souffrant d’une maladie mentale diagnostiquée ou pas. Il faut savoir que pervers narcissique n’existe pas en psychiatrie, c’est « profil narcissique » qui est répertorié. Mon intention est donc de vous encourager à regarder où vous mettez les pieds dans votre vie privée, mais également à évaluer qui est votre supérieur hiérarchique dominateur, votre collègue de travail fourbe, votre voisin conflictuel, bref, repérer si vous avez affaire à une personne raisonnable (que l’on peut raisonner) ou à quelqu’un qui n’a plus aucune limite. Je vous propose, ci-dessous, une liste de comportements que vous reconnaîtrez peut-être chez vous et chez certaines personnes de votre entourage et que vous avez peut-être eu la bonne idée de repousser. Pour ceux et celles habitués à mon vocabulaire, vous repèrerez les comportements spécifiques au Trou noir affectif et au Desperado, ainsi que ceux qui leur sont communs. Voici la liste :
• Peur d’être abandonné et rejeté par les autres.
• Blessures d’humiliation, d’injustice et de trahison.
• Difficulté à supporter la solitude.
• Faible confiance et estime de soi.
• Sentiment permanent de grand vide intérieur
• Grande sensibilité à la critique négative de la part des autres.
• Mensonges.
• Relations instables ou conflits avec les proches.
• Image négative de soi-même, se dévaloriser, à se sentir incompris.
• Humeur changeante : être de bonne humeur et devenir rapidement irritable, triste ou angoissée.
• Poussées de colère : par exemple, se fâcher soudainement contre des personnes qu’on apprécie et se mettre à les détester.
• Attitudes hostiles ou rigides : s’acharner à avoir le dernier mot, devenir accaparant et jaloux.
• Changer souvent d’idée, de positionnement, de perception.
• Comportements addictifs : alcool, drogues, nourriture, sexe, dépenses exagérées, etc.
Vous venez de lire les symptômes énoncés sur le site du gouvernement québécois concernant plus particulièrement le problème de trouble de personnalité limite (TPL). Ça défrise, je sais ! Mais rassurez-vous, même si vous vous êtes reconnu (ou si vous avez reconnu quelqu’un d’autre) sous certains aspects, cela ne signifie pas que vous ayez réellement un problème de TPL. Vous remarquez que chaque point s’apparente à ce que l’on ressent également en dépendance affective et émotive.
Comment faire la différence ? C’est très simple !
TOUS les mauvais comportements des êtres humains se retrouvant à « 5 et plus » sur l’échelle de Richter de la dépendance affective sont initiés par l’enfant intérieur, ce terroriste terrorisé qui détourne votre raison, quand les blessures d’abandon, de rejet, d’humiliation, d’injustice et de trahison sont activées (Sauf, bien sûr, dans les cas de maladies mentales graves qui sont du ressort de la psychiatrie). Idem quand une personne a un trouble de la personnalité, les symptômes ont un tronc commun avec la dépendance affective, cependant, ses réactions sont dans l’excès. Certes, quand on touche à l’une des blessures de l’enfance, les réactions peuvent être très violentes, mais si vous êtes en dépendance affective, vous réussirez, peut-être avec une aide extérieure aussi, à vous ramener à vos valeurs. Quand quelqu’un est atteint de TPL ou tout autre forme de trouble de la personnalité, rien ne peut la ramener, on ne peut plus la raisonner, au sens où elle n’est plus « raisonnable », elle tombe dans une obsession de destruction que même la police et les tribunaux peinent à stopper. Tombant dans le « je t’aime » et vous plaçant sur un piédestal tant que vous correspondiez à ce qu’elle attendait de vous, la personne peut tomber dans le « je te hais » (Dr Jekyll & Mr Hyde) en un claquement de doigt, si vous avez involontairement appuyé sur le bouton rouge qui la déclenche. À ce moment-là, sa seule préoccupation sera de vous détruire, coûte que coûte, et tous les coups seront permis, mensonges, manipulation, rien ne l’arrêtera, si ce n’est un tribunal et encore… C’est ainsi que vous vous retrouvez devant un ex-mari ou une ex-femme qui mettra tout en œuvre pour vous nuire, un patron qui vous jettera illégalement à la porte sans indemnité, une personne qui vous traînera devant un tribunal pour des raisons insensées, un voisin prêt à tout pour vous faire déménager, un parent qui s’évertuera à détruire votre vie, votre propre enfant qui a décidé de se venger de vous pour tous les moyens, l’ex de votre nouvelle relation qui vous fera payer le fait de l’avoir remplacé. Vous devenez leur obsession et même de nombreuses années plus t**d, ils n’auront de cesse que « vous faire payer » : vous devenez leur seule raison et motivation de se lever le matin…
Vous vous souvenez du film « Liaison fatale » qui n’est qu’une fiction : « une brève aventure d'un soir avec un homme marié pousse une femme dans le harcèlement obsessionnel, menaçant la sécurité de la famille de son amant ». Ça vous fait sourire, ce n’est qu’un film. Alors, plongeons dans la réalité d’un fait divers qui a ébouriffé l’Amérique, voire le monde entier : « L'astronaute de la NASA, Lisa Nowak, a parcouru plus de 1 500 kilomètres en voiture pour agresser Colleen Shipman, la nouvelle compagne de son amant et collègue, l'astronaute William Oefelein. Pour gagner du temps et rouler d'une traite sans s'arrêter aux toilettes, elle portait des couches de protection maximale pour adultes, un équipement que les astronautes utilisent habituellement durant les lancements spatiaux ». Qui aurait pu penser, considérant son métier et les tests psychologiques auxquels cette profession est soumise, que les 1 500 kilomètres parcourus d’une traite ne lui auraient pas permis de faire demi-tour en se ramenant à la raison ? Ils l’ont arrêtée à temps ! Éliminer un ou une rival(e) ou, sans aller jusque-là, se venger, traverse l’esprit de nombreuses personnes, mais de là à passer à l’acte, il y a de nombreux pas que les personnes ayant un trouble de la personnalité franchiront allègrement parce que RIEN ne peut plus les raisonner. La personne en dépendance affective enragée parce que très blessée peut commettre un geste impulsif ponctuellement, mais elle se ramènera à ses belles valeurs. En revanche, la personne souffrant d’un trouble du comportement vous foncera dessus comme un taureau furieux sur une cape rouge et, croyez-moi, ni la loi, ni le temps, ni la police ne l’arrêtera, à part peut-être, et je dis bien peut-être, un juge et une sentence à la hauteur des actes commis. Et encore…
Vous avez le choix de vous éloigner de toute personne aux comportements que vous jugez excessifs et qui piétinent vos valeurs. Quand vous remarquez que cette personne ne peut pas se maîtriser, que son attitude change du tout au tout, que vous ne la reconnaissez plus quand elle est en crise, voire qu’elle vous fait peur, il se peut qu’elle présente un problème de santé mentale qu’elle vous cache ou non diagnostiqué. Si vous vous engagez tout de même avec cette personne, même si elle ne fait pas bouillir votre lapin (« Liaison fatale ») ou ne met pas des couches culottes pour rouler pendant des kilomètres afin « d’estourbir » sa rivale, je peux vous prédire d’expérience et surtout de l’expérience de nombreux de mes clients, que quand une personne de ce profil décide de vous « pourrir » la vie, votre cauchemar ne fait que commencer…
Et la bonne nouvelle, c’est que si vos parents ou tout autre personne (ex, patron, faux amis, etc.) vous ont maltraité à cause d’un problème de santé mentale (même très grave) diagnostiqué ou pas, au lieu de rester leur victime, vous avez toujours tout loisir de vous reprendre en main en musclant votre confiance et votre estime, une fois adulte : cela s’appelle la résilience. Certains de mes clients reviennent de très loin et sont heureux aujourd’hui. À vous de décider !
*Cf. « Le syndrome de Tarzan » ou Libérez-vous des lianes de la dépendance affective, par Pascale Piquet (Béliveau éditeur)
Sources : site du gouvernement québécois sur les maladies mentales (troubles de personnalité limite - TPL)