Pays Loudunais.des lieux et des gens

Pays Loudunais.des lieux et des gens Le pays Loudunais couvre la partie nord du département de la Vienne, aux confins du Poitou, de la Touraine et de l'Anjou.

"La connaissance est la seule chose qui s'accroit lorsqu'on la partage"
Théophraste Renaudot......................................
© 2025 tous droits réservés Cette région bénéficie d'un riche patrimoine historique, architectural et culturel. Généalogiste depuis plus de 20 ans, j’ai appris à connaître ce pays, celui de mes ancêtres, l’histoire de ses habitants, mais aussi l’histoire des endroit

s où ils vivaient. Je guiderais vos pas sur les chemins de la découverte, sur les sentiers de l’histoire des lieux et des gens du Loudunais.

«L’ombre du bûcher» ou le destin d’Urbain Grandier (1590 – 1634) S’il est une figure marquante et tragique du XVIIe sièc...
29/04/2026

«L’ombre du bûcher» ou le destin d’Urbain Grandier (1590 – 1634)

S’il est une figure marquante et tragique du XVIIe siècle en France, dont la vie et la mort s’inscrivent dans un contexte historique complexe, marqué par les tensions religieuses, politiques et sociales de l’époque, Urbain Grandier en est l’incarnation. Prêtre controversé, tristement célèbre pour ces frasques et ses malheurs, il est à l’origine d’un des épisodes les plus sombres de l’histoire religieuse de la ville de Loudun, accusé de sorcellerie et de possession au sein du couvent des ursulines, il fut condamné et brûlé vif en place publique.

Né en 1590 à Bouère, commune française, située la région des Pays de la Loire, fils d’un notaire royal de Sablé-sur-Sarthe, Grandier est formé chez les Jésuites au collège de La Madeleine à Bordeaux. Après son noviciat, à vingt-sept ans, grâce à l’influence de son oncle, il obtient deux postes prestigieux, curé de l’église Saint-Pierre-du-Marché et chanoine de l’église Sainte-Croix à Loudun, dans le diocèse de Poitiers, en juillet 1617. La France du XVIIe siècle, est sous le règne de Louis XIII (1610-1643) et de son ministre, le cardinal de Richelieu, elle est marquée par les guerres de Religion (1562-1598) et la Contre-Réforme catholique. Le pouvoir royal, cherche à renforcer l’autorité de l’Église et à éradiquer l’hérésie. La chasse aux sorcières et aux possessions démoniaques est fréquente, souvent instrumentalisée pour des raisons politiques ou personnelles... Le pays est marqué par les tensions religieuses entre catholiques et protestants, malgré l’édit de Nantes (1598) qui avait accordé une certaine tolérance aux huguenots. Loudun, est alors une place forte catholique, mais la région reste sous surveillance en raison de la proximité avec des foyers protestants comme La Rochelle. Loudun est encore une ville fortifiée, ses rues sont étroites, souvent en terre battue, bordées de maisons à colombages ou en pierre. La place du marché est le cœur de la vie sociale. La ville est entourée de remparts médiévaux, avec plusieurs portes. Le château situé sur une colline, lui donne une position défensive avantageuse. La ville est un carrefour commercial entre le Poitou, l’Anjou et la Touraine, mais elle reste modeste comparée aux grandes cités comme Poitiers ou Tours.

La collégiale Sainte Croix, l’église Saint-Pierre, les couvents des Ursulines et des Capucins dominent le paysage urbain. Le château de Loudun, partiellement en ruine, rappelle le passé médiéval de la ville. Loudun est une ville de province typique de l’Ancien Régime : fortifiée, religieuse, hiérarchisée, et marquée par les tensions politiques et sociales de l’époque. Elle illustre à la fois la vitalité des petites cités françaises et les peurs qui traversent la société, à la veille des grands bouleversements du XVIIe siècle. La culture est profondément marquée par la religion. Les livres sont rares, réservés aux élites. Les croyances populaires mêlent christianisme et superstitions (peurs des sorcières, des démons). Les fêtes religieuses sont l’occasion de rassemblements, mais aussi de tensions entre les autorités et la population. Au début du XVIIe siècle, l'édit de Nantes (1598) a fait de Loudun une des places de sureté des Protestants. Le Cardinal de Richelieu, dont la famille, d'ancienne noblesse (noblesse de robe et d'épée) à la fois poitevine et parisienne, soucieux de développer sa propre ville à 20 km à l'est, ne favorise pas Loudun. En 1631 il ordonne la démolition du château de Loudun dont les pierres seront (selon la légende) utilisées pour construire les maisons de sa « cité idéale ». Richelieu favorise cependant l’implantation à Loudun de nombre d’ordres religieux. Loudun compterai alors environ 5 à 10 000 habitants voir plus selon certains historiens, majoritairement catholiques. La société est très hiérarchisée : noblesse, clergé, bourgeois (marchands, artisans), et paysans. L’agriculture domine (céréales, vigne), mais la ville abrite de nombreux artisans (tisserands, forgerons) et des marchands. Le marché hebdomadaire est un moment clé de la vie locale. L’Église catholique structure la vie quotidienne. Les processions, les fêtes religieuses et les confréries rythment l’année. Les couvents (comme celui des Ursulines) jouent un rôle social important. En 1632 une grande Peste frappe plusieurs milliers d'habitants, c'est dans cette ambiance qu'a lieu l'affaire Urbain Grandier en 1633.

L’attirance, l’éloquence, le charisme et son attention à son apparence, valent à Grandier une grande popularité, mais aussi l’envie de ses rivaux, notamment parmi le clergé local. Son succès et son indépendance d’esprit lui attirent de nombreux ennemis, tant parmi les ecclésiastiques que dans la noblesse provinciale. Grandier est un prêtre charismatique, érudit, mais aussi séducteur et provocateur. Il s’attire l’hostilité des autorités locales (notamment du gouverneur de Loudun, Jean de Laubardemont, et du cardinal de Richelieu) en raison de ses prises de position politiques, de sa vie dissolue, et de ses critiques contre le pouvoir royal. Il est accusé d’avoir séduit plusieurs femmes, dont la fille du procureur royal, et d’avoir écrit un pamphlet contre Richelieu. Le XVIIe siècle est une période de renforcement du pouvoir royal et de lutte contre les dissidences, notamment sous l’impulsion du cardinal de Richelieu. Grandier, par son franc-parler et ses critiques envers l’Église et le pouvoir, devient donc rapidement une cible.

En 1632, des religieuses ursulines de Loudun, dont la supérieure Jeanne des Anges, commencent à manifester des signes de possession démoniaque (crises, blasphèmes, visions). Les exorcistes, envoyés par l’Église, désignent rapidement Urbain Grandier comme responsable, l’accusant d’avoir ensorcelé les religieuses à distance, avec l’aide du diable. Grandier est arrêté, torturé et jugé pour sorcellerie. Le procès est marqué par des exorcismes publics spectaculaires, où les religieuses accusent Grandier de les avoir violées ou possédées. Ces accusations s’inscrivent dans un climat de superstition et de chasse aux sorcières, mais aussi dans une volonté de discréditer et d’éliminer un adversaire. Le procès de Grandier est marqué par des irrégularités et des manipulations. On lui attribue un pacte avec le diable, des écrits blasphématoires et des pratiques magiques. Malgré l’absence de preuves tangibles, il est condamné à mort et brûlé vif le 18 août 1634 sur la place du marché, qui porte aujourd’hui son nom. Son exécution est un exemple frappant de l’instrumentalisation de la justice et de la religion à des fins politiques.

L’affaire est largement considérée comme un règlement de comptes politique, Richelieu ayant utilisé l’Église pour éliminer un opposant. Le contexte de peur de la sorcellerie, la crédulité face aux possessions et la manipulation des religieuses par les exorcistes ont joué un rôle clé. L’affaire de Loudun est l’un des derniers grands procès de sorcellerie en France, elle a inspiré de nombreux auteurs, comme Alexandre Dumas et Aldous Huxley, et reste un symbole des excès de l’intolérance et de la manipulation politique à l’époque moderne. Son histoire illustre les dangers de la superstition, de la calomnie et de l’arbitraire, dans une France en pleine mutation sous l’autorité grandissante de l’État royal et de l’Église. Cette histoire a inspiré de nombreuses œuvres, dont le roman d’Aldous Huxley Les Diables de Loudun (1952) et le film de Ken Russell The Devils (1971).

Bien que l’affaire n’éclate qu’un peu plus t**d, dans le contexte de ce début du XVIIe siècle qui est déjà marqué par des tensions religieuses et des accusations de sorcellerie, Elle illustre comment la religion, la justice et la politique peuvent s’entremêler pour condamner un innocent. L’affaire de Loudun est l’un des derniers grands procès de sorcellerie en France, avant que le rationalisme des Lumières ne remette en cause ces croyances. Cet événement illustre l’atmosphère de superstition, de peur du diable et de lutte contre l’hérésie qui règne alors à cette époque.

Sources: (Loudun histoire civile et religieuse) A. Lerosey + sources Web. Divers

Michel Lecomte © 2026 tous droits réserves

« L’ECHO DES VOIX OUBLIEES » Chroniques poétiques par Michel LecomteLe chant du LoudunaisEntre la Dive et les vents lége...
31/12/2025

« L’ECHO DES VOIX OUBLIEES »
Chroniques poétiques par Michel Lecomte

Le chant du Loudunais
Entre la Dive et les vents légers, là où le temps s’est arrêté, se dresse un village, humble et fier, bercé par l’ombre des peupliers
Les murs de pierres, usés par l’âge, gardent la trace oubliée d’un autre temps, les pas pressé des vieux sages et les rires oubliés des enfants.
Entre les champs dorés du Loudunais, ou le vent danse avec les blés, se dresse un bourg, doux et silencieux, gardien des pas oubliés.
Les toits de tuiles plates, portent l’ombre des anciens jours, leurs rires, leurs peines, leur courage et le parfum de leurs amours.
Le chant lent et discret de son étang, chuchote aux saules ses secrets, tandis qu’au loin, la cloche discrète rythme le temps des regrets.
Sur la place, à l’ombre des arbres centenaires, assis sur le mur de pierres, les vieillards parlent encore des souvenirs d’hier.
Coincé en l’Anjou et la Touraine, là où la Vienne danse et s’étire, le pays Loudunais déploie sa lumière sereine, là où l’histoire s’admire.
Ici les hommes ont bâti, aimé, rêvé, dans l’ombre des églises, des châteaux élevés, leur âme vit encore en chaque pierre usée.
O Loudunais, terre de douceur et de paix au passé plein d’audace, là où mon cœur se repose, ou chaque jour renait d’un passé jamais las.
Entre le chaud parfum de la terre et la claire lumière du ciel, je revenais tous les étés, tel un pèlerin fidèle.
O village, berceau de mon lignage, tes ruelles sont mes racines et dans ce silence ancestral, je retrace l’écho des voix qui me murmurent et m’illuminent.
Michel Lecomte © 2025 tous droits réserves

*** LES CHRONIQUES DE MES AIEUX ***Chapitre I : La mémoire des deux clochers.Jules Renard a écrit :‘’La patrie, c'est to...
22/12/2025

*** LES CHRONIQUES DE MES AIEUX ***
Chapitre I : La mémoire des deux clochers.

Jules Renard a écrit :‘’La patrie, c'est toutes les promenades qu'on peut faire à pied autour de son village’’
En généalogie aïeux est le pluriel d’aïeul « toutes personnes desquels on descend ». Avant d’être le celui de nos aïeux, chaque village est d’abord un clocher qui domine la ligne des plaines, des monts et des champs. Le village de nos aïeux est souvent une exception, d’abord parce qu’il fait partie de notre histoire, et parce qu’on y découvre souvent aussi des anecdotes ou des particularités passionnantes, que chaque généalogiste ne se lasse pas de raconter.
Etonnante commune que celle de la Roche-Rigault, rassemblant sur son territoire deux anciennes paroisses aux magnifiques églises romanes (Claunay) et (Le Bouchet) construites et sculptées dans la pierre de pays, le tuffeau, et de multiples petits hameaux souvent plein de charme. À cheval entre les deux paroisses, se trouvait La Roche Rigault qui n’était alors qu’un simple hameau, et il en sera ainsi jusqu'au XXe siècle. En 1967 Claunay devient Claunay-en-Loudun, en 1972 Claunay-en-Loudun devient La Roche-Rigault et en 1978 La Roche-Rigault absorbe le Bouchet.
C’est sur ces deux paroisses que nous retrouvons nos ancêtres (ceux de notre lignée paternelle : (les Lecomte) ou ils sont enracinés probablement depuis plus de 400 ans. Au plus loin que j’ai pu remonter, j’ai retrouvé la famille Lecomte à Claunay vers 1650, jusqu’à mon grand-père Marcel né en 1909 a Le Bouchet.

Claunay.
Le hameau de Claunay s’inscrit dans un doux vallon ou se partagent forêts et cultures agricoles dans une harmonie paisible laissant libre cours à l’imagination, L’église Saint-Germain de Claunay a été fondée an Xe siècle par le Seigneur Thomas de Loudun, qui la donna, en 1088, à l'Abbaye de Maillerais. Au XIVème siècle, elle abrita les prières des chevaliers Robert Frét**d de Turzay, Chambellan du Roi Philippe VI, et Huguet Frét**d de Turzay , fils de Robert qui défendit glorieusement en 1350 le château de Loudun assiégé par les Anglais, c'est Huguet plus connu sous le diminutif de Huet, a qui la légende attribue la victoire sur le Basilic de Coulaine. Et les Quirit de Rigné, qui tous chassèrent les armées anglaises en Loudunais. Elle eut des curés éminents : au XVIIe siècle : Louis de Sainte-Marthe, frère de Scèvole, et Nicolas Charles de Sainte-Marthe, très savants historiens et au XIXe siècle, Pierre Edouard Dessenne, l'artiste constructeur d'orgues. Le 18 Mai 1924, le feu ruina cette église, Par la générosité de tous, elle fut aussitôt restaurée. Le culte reprit solennellement et deux nouvelles cloches furent baptisées le 25 Avril 1925.

Le Bouchet.
Le Bouchet, joli hameau serré autour de son église romane à l’orée de la grande forêt de Scévolles. Ici on ferait son nid sans hésiter tant la sérénité du lieu est profonde. C’est là que sont déclarés, les naissances de mon arrière-grand-père Louis Narcisse en 1881, et de mon grand-père Marcel en 1909 tous les deux nés au hameau de Charrière. Hameau qui lui aussi se trouve à cheval entre deux communes, Rossay et Le Bouchet. L'église Saint-Pierre Du Bouchet fut construite au XIIe siècle sur l'emplacement d'un temple gallo-romain dédié aux divinités sylvestres, temple dont les matériaux furent utilisés dans ses substructions. En 1719, la ruine de l'édifice était presque totale et deux années de travaux furent nécessaires pour le rendre au culte. En 1850, restauration complète de la nef. Décor sculpté sur frises et chapiteaux. La façade, sans arcatures multiples, avec un porche unique sans tympan, soutenu par des colonnettes engagées, est dans les traditions locales de l'école romane poitevine. Le transept est couvert d'une coupole d'importation aquitaine.
Lu dans le registre paroissial de la commune de "Le Bouchet" :
"Aujourd'hui vingt sixièmes jour de Juin mille sept cent vingt un, nous René Serruau de Neruault, prêtre, bachelier en théologie, curé de Saint Pierre du Bouchet, nous sommes rendus à l'église dudit St Pierre pour la réconcilier, polluée par une ruine totale depuis quelques années ayant en main la permission de Monseigneur Jean Claude, notre révérendissime Evêque. La cérémonie s'est faite en présence de Messieurs les curés de Dercé, Maulay, Messemé et de Messieurs nos paroissiens et de beaucoup d'autres dont partie ont avec nous soussigné la permission de la susdite réconciliation en date du dix-neuf février de la présente et susdite année fait au dit Bouchet les jours et an que dessus."

La forêt de Scévolles.
Cette forêt est une zone d’intérêt écologique, faunistique et floristique. Son nom évoque le grand poète français du xvie siècle, Scévole de Sainte-Marthe, issu d'une illustre famille loudunaise. Il fut l'ami intime de Ronsard, qui fut reçu avec Renaudot et bien d'autres dans son salon littéraire à Loudun. Le massif forestier s'étend sur 4 000 hectares, chênes et noisetiers y côtoient robiniers et pins. De nombreux animaux y trouvent refuge : cerfs, chevreuils, sangliers, renards, blaireaux, fouines etc... Elle a servie notamment au maquis de Scévolles pendant le conflit de 1939-1945

Pierre levée de Maisonneuve.
Ce dolmen néolithique est situé au lieu-dit le Bouchet. Il est visible aux abords de la forêt de Scévole. Le dolmen n'est que partiellement conservé, En effet, avec le développement de l'agriculture intensive, et surtout à partir de 1955, date du début du remembrement, nombre de dolmens ont été démantelés.

La Chapelle Belloin.
Entre ces deux hameaux pittoresques, le coteau argilo-calcaire où, très tôt s’est établie la forteresse de la Chapelle Belloin, Le nom du Château viendrait en fait, d'une chapelle implantée dans le village, à côté du château aujourd'hui disparu. Jouissant d’une superbe vue panoramique sur la forêt et sur la Pays Loudunais, la Chapelle Bellouin est un château qui date du 12e siècle. Au 14e siècle, le château a été reconstruit par le cardinal Simon de Cramaud. À la Renaissance, Henry Bohier a transformé la Chapelle Bellouin en même temps que son frère s'occupait de Chenonceaux. Le roi François 1° en est devenu propriétaire. Il l'a donné à son page, Jehan Escoubleau de Sourdis, la famille de Sourdis qui est restée dans le premier cercle à la cour des rois de France jusqu'au décès de Gabrielle d'Estrées, leur nièce et fille adoptive. Le Cardinal de Richelieu a acheté le château. Il a été réuni au Duché Pairie du cardinal de Richelieu par lettre patentes de LOUIS XIII. Le château de La Chapelle Bellouin, à La Roche-Rigault, a ainsi tant bien que mal résisté aux assauts du temps. Le blason qui est encore présent dans l'entrée aujourd'hui, est ainsi celui de Jehan Escoubleau de Sourdis. Les bâtisses sont inscrites comme monument historique en 1932 et reçoivent le 1er prix des chefs d’œuvre en péril en 1980.

Michel Lecomte © 2025 tous droits réserves

Quelques souvenirs de l’Eglise du Martray par Fernande GermainL'église Saint-Hilaire et ma familleL'église Saint-Hilaire...
19/12/2025

Quelques souvenirs de l’Eglise du Martray par Fernande Germain
L'église Saint-Hilaire et ma famille
L'église Saint-Hilaire du Martray a été témoin des grands moments de ma famille. L'évocation de cette église me rappelle une foule de souvenirs. Une seule maison séparait la maison de mes parents du presbytère. Mes grands-parents habitaient rue du Vieux Cimetière : à deux pas de la Porte du Martray. Mes parents s'y marièrent, le 1919-08-30. J’ai été tenue sur les fonds baptismaux en juin 1920. J'y ai fait ma communion solennelle en juin 1931 et m'y suis mariée, le 1941-04-19.
Impressions d'enfance
Lorsqu’enfant j’allais à la messe j’étais séduite par les personnages et les couleurs des tableaux qui s'y trouvaient. Et malgré moi, mon esprit divaguait bien loin des ferveurs religieuses pour me retrouver à rêver sur ces images. Les dimensions du vitrail qui s'étend sur tout le chevet et qu'il éclaire de multiples couleurs, m'impressionnaient même si à cette époque-là je ne pouvais imaginer ce que signifiait la Transfiguration qu'il représente.
Le prédicateur en chaire
Lors des offices, lorsque le prédicateur montait en chaire pour son sermon, je le voyais gravir, lentement et avec solennité, les quelques marches en bois impeccablement cirées et prendre place au-dessus de nous dans ce qui me paraissait un véritable édifice sculpté. Il avait rejoint les personnages majestueux des tableaux et du chemin de croix. Sa voix résonnait de l'autorité de ces personnages.
Mai, c'est le mois de Marie, c'est le mois le plus beau
Enfant, comme j’habitais tout près de l’église, je voyais arriver avec joie le mois de mai pour aller chaque soir au Mois de Marie. La réunion se tenait dans la chapelle Notre-Dame-de-Recouvrance, on pouvait admirer ce retable d'une beauté remarquable représentant la Vierge-à -l’Enfant. J'admirais les visages purs et doux de l'enfant Jésus et de la Vierge. Ils étaient pour moi l'évocation du bonheur. La richesse des tissus, la finesse du tulle finement esquissée m'émerveillaient. Qui n'aurait pas désiré avoir de tels atours. Les soirs de mai, avec le printemps naissant, c’était un plaisir pour une petite fille de chanter « C’est le mois de Marie, c’est le mois le plus beau ».
Galerie des enfants de chœur
Chose assez rare, on pouvait y voir les photos des enfants de chœurs qui étaient là d’années en années. Nous retrouvions les jeunes connus du quartier pour les années les plus récentes — une sorte de notoriété pour eux. Cela se passait en 1928-1930. Lors de ma dernière visite en 2005, j'ai revu ces photos. Elles sont toujours à la même place. Et lorsque l’église est ouverte (malheureusement ce n’est pas assez souvent pour celui qui apprécie les beautés liturgiques) c’est toujours avec joie que je viens revoir un de mes petits cousins, qui avait 12 ans à l’époque ou mon parrain qui était suisse avec son bel habit, sa barrette à cornes, et sa canne à pommeau.
L'autel Sainte-Radegonde
Je ne peux clore cette description de l’église sans vous parler de l’autel de Sainte-Radegonde. Enfant, j’étais très impressionnée par cet autel car en plus des ex-voto accrochés aux parois il y avait des reliques, des objets, qui rappelaient les grâces accordées par cette sainte, avec tout ce que cela implique d’étonnement…
Découverte de la salle capitulaire des Carmes lors de ma communion solennelle
A l’extérieur de l’église Saint-Hilaire-du-Martray, il y a les restes d’un cloître des Carmes dont la salle capitulaire ou la Chapelle de la Bonne mort. Urbain Grandier y a été jugé. Pour ce qui est du nom Chapelle de la bonne Mort, comme elle se trouvait près de l’ancien cimetière des huguenots, elle aurait servi, en cas de découvertes de squelettes humains, de chapelle afin qu'ils aient les dernières prières avant l’au-delà.
Lors de ma communion solennelle, aux vêpres, le prêtre nous amena dans cette salle capitulaire pour nous recueillir. J’avouerai que je n'ai pas apprécié cette dernière station. L'endroit est lugubre, nous savions qu’Urbain Grandier y avait été jugé, d’une part et d’autre part situé en sous-bassement, il ressemblait un peu à un cachot.
L'abbé Dupuis — un curé remarquable
Nous n’allons pas quitter l'église du Martray sans parler de l’abbé Dupuis. Un prêtre remarquable qui était très en avance sur son temps. Nous le connaissions très bien. Il était notre voisin de jardin et ma famille avait un ami commun : Marcel Renault avec qui il faisait des essais d’inventions. On m'a raconté qu'ils avaient construit un poste à galène pour recevoir les ondes radio. Ils avaient trouvé le moyen de faire un projecteur cinématographique. Chaque dimanche après-midi, après les vêpres, les enfants de la paroisse avaient leur séance de cinéma. Pour salle, il avait restauré une grande remise, près du presbytère. Des chaises ou des bancs y étaient installés, avec une allée centrale dans laquelle il mettait son projecteur, et ainsi nous pouvions assister, à notre séance, pour terminer notre dimanche. Je me souviens qu’il avait passé le film Surcouf qui m’avait enchanté. On peut retrouver sur le livre Histoire des rues de Loudun, tome Le bourg du Martray et le faubourg du Vieux-Cimetière, page 74, C - La restauration du presbytère, on voit nettement le portail où se trouvait cette salle transformée en cinéma.
Mon mariage
Mon souvenir le plus marquant est mon mariage le 1941-04-19, au bras de mon père entrant dans l'église du Martray qui m’avait vu grandir. A la Marche nuptiale jouée au violon par mon parrain André Garnier, le suisse des années 1930, qui était monté à l’orgue pour avoir plus de résonance, ce fut un moment très émouvant. En plus, l’église était fleurie de bouquets de muguets tout autour du maître autel, par notre ami jardinier. Une seule chose manquait à notre cérémonie : la présence du curé Dupuis qui avait changé de cure dans les années précédentes, ce qui avait beaucoup peiné ses fidèles. La sortie de l’église au bras de mon époux a été mon meilleur souvenir.

Source ( A la Croisée de l'Anjou, de la Touraine et du Poitou ) A la mémoire de Jean-Claude Raymond qui nous a quité cette année.

Salmon-Macrin (Salmonius Macrinus Iuliodunensis), poète humaniste néo-latin Loudunais...Par un bel après-midi d’automne,...
12/12/2025

Salmon-Macrin (Salmonius Macrinus Iuliodunensis), poète humaniste néo-latin Loudunais...
Par un bel après-midi d’automne, au cœur d’une promenade dans les faubourgs de Loudun, un panneau a attiré mon attention ‘’RUE SALMON-MACRIN poète Loudunais 1490-1557’’. Cette découverte fortuite ayant titillé ma curiosité, je décide dès mon retour d’en savoir plus et de lui consacrer une de mes chroniques.
Tout commence au début de XVIe siècle, Loudun, est encore une petite ville engoncée dans ses murs médiévaux, organisée autour de son château. Petite cité d’environ 5 000 à 8 000 habitants (estimations, comme pour la plupart des villes moyennes de l’époque), elle appartient au royaume de France, dans une région (le Loudunois) alors marquée par des influences diverses : voisinage de l’Anjou, du Poitou et de la Touraine. Comme beaucoup de petites villes du royaume, Loudun se modernise lentement, quelques belles maisons bourgeoises commencent à voir le jour. Mais la ville conserve son aspect très médiéval avec ses ruelles étroites et ses maisons à pans de bois, c’est une petite cité prospère à l’activité artisanale et culturelle dispersées. Les humanistes poitevins (influencés par Poitiers et sa célèbre université) y laisseront une empreinte culturelle très marquée.
C’est en l’an 1490, près de la Porte Mirebeau dans la basse ville de Loudun, que Jean Salmon vois le jour. Fils de Pierre Salmon, un boulanger, qui s’est tourné vers le commerce du blé, et qui offrit à son fils les rudiments d’une éducation humaniste, et de ‘’Louise’ ou ‘Nicole’ Tyrel, sa mère, issue d’une famille au statut social plus élevé. C’est au sein de ce foyer plutôt aisé qu’il grandit auprès d’un frère, André, et deux sœurs, Françoise et Honorée. Très tôt il perdra son père et sera élevé par sa mère qui le poussera dans les études. Quoi que fils de boulanger, il bénéficie une enfance digne d’un fils de lettré : Une petite enfance studieuse durant laquelle son grand-père maternel, Almaric Tyrel, lui apprend à lire, à écrire, lui donne le goût des études. Plus t**d il fréquente l’école à Loudun, puis, sur les conseils de son instituteur, Pierre Michel, "maistre des grandes escoles de Loudun", il part pour l’Université de Paris. Là, Jean Salmon suit les cours de lettres du théologien Jacques Lefèvre d’Étaples, ainsi que les cours de grec de l’Italien Girolamo Aleandro, tous deux théologiens, humanistes et hommes d’église parmi les plus érudits de l’époque . Il se lie à grandes figures de son temps, tel que Guillaume du Bellay ou Antoine Héroët. . Il fréquente également certains des plus grands humanistes de son époque, tel que Érasme, Guillaume Budé et bien d’autres. En ce XVIe siècle les humanistes du latin umanista (qui enseigne les humanités), désigne les professeurs qui enseignent la grammaire et surtout la rhétorique latine et grecque.
D’emblée le latin est le moyen d’expression privilégié de Macrin : grâce à la langue de Virgile et d’Horace. Ses premières œuvres, qui datent du début des années 1510, sont dédiées à la religion, notamment à la Vierge et au Christ. Étrangement, malgré le succès de ses œuvres de jeunesse, Macrin ne publie rien pendant 13 ans. Au cours de cette période, des changements importants ont lieu à la cour royale. François Ier règne depuis 1515. La Renaissance française est en plein essor dans de nombreux domaines : architecture, sculpture, peinture, courtoisie, élégance. C’est là que Macrin trouve l’élan décisif pour reprendre son activité poétique. Le poète se réoriente totalement, motivé d’une part par l’enthousiasme de ses contemporains humanistes, d’autre part par son ambition de rivaliser avec les poètes néo-latins d'Italie. L’attrayante affirmation que ce serait François Ier qui aurait donné au jeune poète Loudunais, le surnom de Macrinus (Maigret) en raison de sa maigreur, est erroné. En 1515, le jeune roi ne s'intéresse pas encore au jeune Loudunais, à l'époque secrétaire d’Antoine Bohier, riche archevêque de Bourges. En revanche, il est fort probable que le jeune Jean Salmon, poète profondément religieux, ait choisi lui-même en 1515, en fonction de connaissances historiques de son époque, le surnom de Macrinus après avoir tout d’abord pris en 1513 celui de Maternus. En voici l'explication :
‘’Macrinus est le nom du diacre de Saint Materne (Sanctus Maternus, † vers 328), évêque de Cologne, Trèves et Tongres, proche de l’empereur Constantin. D’après la légende, Maternus aurait évangélisé la Gaule du Nord. En 314, il a participé au Concile d’Arles, accompagné de son diacre Macrinus dont la signature est apposée à la sienne sur la liste des participants’’.
Jean Salmon, reste au service d’Antoine Bohier, archevêque de Bourges, jusqu’au décès de celui-ci en 1519, puis il entre au service de la maison de René de Savoie, Grand Maitres de France, oncle du roi, comme précepteur des enfants de ce dernier, Claude et Honorat, Charge qui le mène à la cour de François Ier. Créateur de poésies personnelles conforme à l'exemple des Anciens, procédé très prisé à l’époque de la Renaissance, Macrin est l’unique poète lyrique en vue de sa génération, très admiré par ses contemporains. S’inspirant d’Horace, de Catulle, des élégiaques romains et des poètes néo-latins de la Renaissance italienne, Macrin est lancé sur la voie du succès. Deux nouveaux protecteurs viennent grossir la liste de ses nobles Mécènes. L'un est Guillaume du Bellay, sire de Langey, dont il reste d'excellents mémoires historiques sur la première moitié du XVIe siècle, l'autre était Jean du Bellay, frère puiné de Guillaume, alors évêque de Bayeux. Mais un événement terrible, apporta pourtant à cette époque une compensation cruelle à ces prospérités. Macrin, perd en quelques jours, sa mère, Nicole Tyrel, et ses deux sœurs Françoise et Honoré, victimes d’une épidémie qui ravageait Loudun.
En 1525, la vie de Macrin bascule, sur le plan personnel, et cela n’est pas sans conséquence sur le plan littéraire : il rencontre une jeune femme de la bonne société loudunaise, Guillonne Boursault, alors âgée de 15 ans, dont il tombe amoureux. Les parents de Guillonne lui accordent sa main, malgré les originales sociales du poète. Cette rencontre est à l’origine d’un retour à une poésie pleine de vigueur et d’amour. Durant leurs trois années de fiançailles, Macrin compose le Carminum libellus, qu’il publie l’année même de son mariage avec Guillonne, célébré le 2 août 1528 à Loudun. Ce recueil lui vaudra l’admiration de tous les hommes de lettres et la charge enviée de valet de chambre et de lecteur du roi François Ier. En 1528 Macrin a 38 ans et Guillonne 18 ans. La jeune femme reste à Loudun, alors que Jean Salmon (poète désormais plus connu sous le nom de Salmon Macrin), retenu au loin par ses obligations professionnelles, n’a que rarement l’occasion de passer quelques jours dans son foyer, auprès de sa femme et des enfants bientôt nés de cette union. Dans les années suivantes cette situation familiale va perdurer, car Macrin, poète entre-temps vivement apprécié et honoré pour la qualité de ses œuvres lyriques, se voit gratifié de la charge de valet de chambre et lecteur du roi, à la fin de 1533 ou au début de 1534. D'autre part, François Ier et Marguerite de Valois le comblaient à l'envi de leurs bienfaits. Plus d'une fois, l'auguste « protecteur des lettres », qui lui-même se piquait de poésie, daigna faire traduire en vers latins par son valet de chambre les inspirations françaises de sa royale muse.
En 1534, L’affaire des Placards, un épisode de l'histoire de France provoqué par le placardage clandestin d'un texte anticatholique sur les murs des lieux publics à Paris et dans plusieurs villes de province, pendant la nuit du 17 au 18 octobre 1534, qui constitue la première manifestation d'hostilité entre protestants et catholiques en France, devait mettre un frein relatif à ses inspiration de poète amoureux: Macrin, inquiet, prend peur, et fait amende honorable, il publie des Odes et les Hymnes et renoue ainsi avec la veine religieuse de son écriture. De 1537 à 1546, Macrin compose et fait éditer un nombre impressionnant d'autres poèmes : hymnes, odes, épigrammes et autres : en tout environ 470 poèmes / 18.000 vers, à savoir près de 50% de l'ensemble de son œuvre. Macrin occupera le poste valet de chambre et lecteur du roi, aux côtés de Clément Marot, durant de longues années, tout d’abord à la cour de François Ier, fréquemment en déplacement, puis, après le décès de celui-ci (1547), à la cour d’Henri II.
De 1548 à 1549, Macrin publie encore trois recueils de poésie, environ 170 poèmes / plus de 4 000 vers, mais le 14 juin 1550 la perte de sa femme Guillonne, âgée seulement de 40 ans, emportée par la tuberculose pulmonaire dont elle souffrait depuis au moins trois ans, et le deuil qui s’ensuivit annoncent la fin de sa carrière poétique. Macrin, veuf de 60 ans, publie un dernier recueil la même année : les Naeniarum libri tres (1550), un tombeau poétique sur la mort de sa femme, dans lequel le poète exprime sa profonde douleur en de multiples variantes. Démoralisé bien que toujours littérairement motivé, Macrin reste inconsolable. Il remplit encore quelques mois ses obligations à la cour, puis retourne définitivement à Loudun, sa ville natale. Il y décèdera quelques années plus t**d, en 1557 à l’âge de 67 ans, dans la maison du collège, s'il faut en croire l’historien local, Jacques Dumoustier Delafond au XVIIIe siècle.
Le dernier recueil de Macrin est l’œuvre d’un intellectuel, d’un mari, d’un chrétien, d’un érasmien, l’utilisation des mètres lyriques horatiens lui valurent le surnom d’« Horace français ». Malgré cela, la mémoire du poète Loudunais disparu peu à peu dans l’oubli et la plupart de ses œuvres ne furent plus éditées, avant un véritable renouveau d’intérêt dans la seconde moitié du XXe siècle. De l’avis de ses contemporains, Salmon-Macrin, est le plus grand poète latin de la première moitié du XVIe siècle en France. Né à Loudun où il mourut le 20 octobre 1557, il gardera toujours son attachement à celle qu’il appelait sa « petite patrie » il fut le premier à appeler Loudun Juliodunum et à faire descendre cette ville du prénom de César lui-même.
Vu la quasi inexistence des documents de l’époque, il est difficile voire impossible de recenser les enfants de Salmon Macrin, toute fois au cours de mes recherches, sur certains ouvrages j’ai pu croiser les noms de : Susanne Salmon, fille de Jean (dit Macrin), sgr de la Berthonnière, valet de chambre du Roi, et de Guillonne Boursault, et Camille Salmon, fille de Jean (dit Macrin), sgr de la Bertonnière, et de Gillonne Boursault, Seul son fils aîné, Charles, laissera une petite trace dans l’histoire en s’inspirant du talent de son père pour la poésie latine, et acquit une grande connaissance de la langue grecque. Il n'avait encore que quinze ans, au décès de sa mère Gillonne. Son père, qui ne voulait rien négliger pour son éducation, le confia aux soins d'un de ses amis particuliers, le savant Jacques Toussaint (Tusanus). Il fut élève de Pierre de la Ramée (Petrus Ramus), et devient précepteur de Catherine de Bourbon, sœur d’Henri IV. Imitant le talent de son père, mais ayant embrassé le calvinisme, il périt à la journée de la Saint Barthélemy en 1572. Les œuvres de Charles Macrin ne sont pas parvenues jusqu'à nous.
Salmon Macrin, apportera un nouveau souffle à l’émotion poétique de son époque et influencera plusieurs générations de poètes. Ronsard et ses poétiques frères d'armes se sont formés à l'école de Macrin, stimulés par une émulation généreuse, ils ont marché sar ses traces ; ils ont fait, en français, ce qu'il avait d'abord fait en latin. De nombreuses caractéristiques de son modèle poétique reparaîtront dans les œuvres de la Pléiade. Aujourd’hui, Salmon-Macrin est considéré comme le meilleur des poètes horacisant reconnus jusque-là.
Michel Lecomte © 2025 tous droits réserves

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