15/11/2025
L'arbre.
Quand on les voit dans nos forêts, chaque arbre se dresse majestueusement, séparé des autres, s’étirant vers le ciel, poussant ses branches, ses feuilles ou ses aiguilles de tous côtés, prenant tout l’espace possible. Les écureuils, les oiseaux, les insectes se protègent dans sa ramure, l’utilisent comme abri, comme cachette ; ils vivent dans les branches ou sous l’écorce, ils s’installent sous une feuille ou nichent dans le creux d’une branche.
L’arbre les reçoit, les accepte, l’arbre est hospitalier, lui qui semble se dresser seul face au ciel, à regarder passer les nuages, à s’ébrouer sous le vent ou la pluie.
Mais si nous avions la vue profonde, qui traverse la terre, nous verrions que loin d’être seul, l’arbre vit dans un embrouillamini de racines, de souterrains, de galeries ; il n’existe qu’en symbiose avec tout ce qui vit. Là les insectes et les vers aèrent la terre pour lui permettre de recevoir l’eau nourricière, là les petits animaux creusent des galeries qui s’éboulent et permettent la pénétration des plus fines racines ; là vivre seul est impossible : l’arbre n’existe qu’à travers une multitude de vies, animales et végétales, ce qui lui permet à son tour de nourrir d’autres vies, animales comme végétales.
Il n’y a de vie que dans l’échange, le don, et ce que nous voyons comme un, comme unique, est impossible à distinguer de tout ce qui l’entoure, est partie du tout … Enchevêtré, qui dira où commence l’arbre, où termine la terre…