19/02/2026
[ PSYCHOLOGIE POÉTIQUE ]
On a parfois l’impression que dans la maladie, le plus difficile se joue à l’annonce et pendant les traitements.
Pourtant pour beaucoup, le mode combatif s’enclenche illico, introduisant une certaine mise à distance des pensées anxiogènes et des affects, un peu comme un mode automatique version Warrior.
On se bat, on doit se battre.
Et puis, il y a l’après.
Et dans les faits, c’est un des moments les plus difficiles dans tout ce chemin pour un certain nombre de patients. On se vit différent, on cherche de nouveaux repères, on doit redéfinir les bases d’un nouveau soi et retrouver une forme de sécurité alors même qu’on est désormais bien placé pour savoir que la vie est fragile et que tout peut brutalement se compliquer, voire s’arrêter.
Alors en marge de cette sortie des soins, on développe parfois un étrange malaise, comme un brouillard cotonneux dont on ne sait pas bien comment on va en sortir, si on va en sortir.
Dans ce brouillard, certains patients vont convoquer les mots des autres, parce qu’à travers une lecture, une chanson, ils ont eu l’impression que c’était ça, que c’était les mots justes pour le dire, pour décrire cette étrange traversée de l’après pour cheminer vers soi.
Hier avec une de mes jeunes patientes, c’est !Chatterton et leur chanson « Dis-moi ce qu’on devient » qui en plein concert l’a interpellée et lui a donné les mots pour se dire...
"Dis-moi ce qu'on devient
On peut reprendre le cours de nos vies
Retrouver la clef plongée dans le puit
Comme des enfants, danser sous la pluie
Comme des enfants"