09/07/2026
La fin de vie en EHPAD, oui il faut en parler - et plus que ça ! 🧓🏼 👴🏽 👵
Plus de 150 000 personnes décèdent chaque année en EHPAD.
Quand j'étais en stage à Lyon pour mon diplôme de conseillère funéraire, j'ai accompagné les chauffeurs-porteurs (je mets au masculin, ce sont exclusivement des hommes) pour aller chercher l'une d'elle et la ramener au funérarium. Elle s'appelait Yvette. Sur sa table de chevet il y avait des photos d'elle et de son mari, décédé depuis longtemps, et de ses enfants. On a mis délicatement son corps dans une housse, puis sur le brancard.
Et on est sortis en catimini, par la porte arrière.
Mes collègues m'ont dit : chut, il ne faut pas que les autres résidents nous voient ! J'ai demandé pourquoi. "Bah, pour ne pas leur faire peur". Donc Yvette est sortie de sa dernière maison en cachette, par là où on sort les poubelles. J'ai trouvé ça vraiment…nul. Pour les Yvettes, pour les autres résident·es, pour les proches, pour les professionnel·les, pour tout le monde. Et j'ai décidé de faire ce que je pouvais, à mon niveau, pour essayer de changer ça.
⚡️ Flashforward 3 ans plus t**d ⚡️ (bon j'ai potassé le sujet entre temps hein, et j'ai eu la chance de tomber sur le livre de la super Marie-Odile SOS - VINCENT, "Fin de vie en EHPAD, parlons-en !")
J'interviens depuis Septembre 2025 comme formatrice auprès des personnels d'EHPAD - dont les équipes de l'EHPAD Départemental Le Creusot, où près de 150 professionnel·les ont déjà pu assister à cette formation (et d’autres à venir tout bientôt !)
Le but? (Re)donner des bases théoriques sur la législation, les peurs et besoins autour de la fin de vie et la mort, le deuil, et les rituels. Mais aussi pour échanger, réfléchir, et interroger collectivement ce qui se fait - ou pas - autour de la fin de vie et du décès en établissement.
L'enjeu est concret : faire évoluer les pratiques, pas à pas, pour que ces moments soient plus respectueux, plus partagés, et moins solitaires pour les résident·es, familles, et les équipes.
À chaque session, je vois combien ces temps sont nécessaires, non seulement pour les résident·es et les familles, mais aussi pour celles et ceux qui accompagnent au quotidien, souvent avec beaucoup d'engagement, et peu d'espaces pour déposer ce qui est vécu. J'ai des supers retours sur la formation, le contenu, son utilité d'un point de vue pro comme perso. Lors d'une session récente, une aide soignante qui accompagne actuellement sa soeur en fin de vie, et avait des appréhensions, a laissé comme commentaire sur sa feuille d'évaluation : "formation très chaleureuse". Et ça, c'est tout simple mais ça m'a fait super plaisir.
Est-ce qu'à l'issue de ces formations, on va voir un réel changement de pratiques ? Alors ça, ça ne dépend pas que de moi évidemment. Mais c'est déjà un super signe que ces établissements s'emparent de ce sujet, donc je suis assez optimiste, et on va tout faire pour (promis Yvette 🤞).