Marie Duthoit. Conseillère Conjugale et Familiale

Marie Duthoit. Conseillère Conjugale et Familiale Consultations (individuel, couple et famille) de conseil conjugal et familial.

26/08/2026
25/08/2026

Un argument revient régulièrement : la lutte contre cette pratique serait financée et imposée par l’Occident. Ce discours rencontre un fort écho au Mali, dirigé depuis 2021 par une junte qui rejette tout lien avec des instances occidentales.

23/08/2026
16/08/2026

Les scarifications à l’adolescence (7/7) … Aucune nouvelle de FB …
Comment aider sans dramatiser… ni banaliser ?

Découvrir qu’un adolescent se scarifie provoque souvent de la peur ou de la colère. Pourtant, reproches, menaces et interrogatoires pressants ne font qu’accroître sa honte et son besoin de se cacher.
La première chose à faire est d’examiner la plaie avec calme et délicatesse. En cas de saignement, il faut exercer une compression douce avec une compresse propre, puis nettoyer la plaie à l’eau et au savon et la protéger par un pansement. Une plaie profonde, béante ou souillée, un saignement persistant, une perte de sensibilité ou de mobilité nécessitent un avis médical rapide ; il faut également vérifier que la vaccination antitétanique est à jour. Frotter brutalement une blessure pour « lui passer l’envie de recommencer » serait aussi maltraitant qu’inefficace.
Soigner doucement, c’est déjà traiter l’adolescent comme un écorché vif : auteur de son geste, mais victime d’une souffrance qu’il ne parvient pas encore à exprimer autrement. Il lui arrive même d’écrire « sacrifications » à propos de ses gestes.
Il faut chercher à ouvrir le dialogue sans imposer le regard. Chaque fois que possible, « parler à la plaie », ce qui est une manière explicite de reconnaître l’adolescent comme il est : « à vif ». On peut alors dire : « Je ne te juge pas. Si tu te blesses ainsi, c’est que tu souffres et que tu ne trouves pas d’autre moyen de t’apaiser. Je sais que cela ne s’arrêtera pas sur commande. Mais cherchons ensemble une autre façon de te soulager, sans avoir besoin de te faire du mal. »
Lorsque les larmes coulent, ne pas se précipiter pour les essuyer : elles constituent une expression naturelle et non délétère de la douleur. Pleurer « sur la plaie » peut même avoir une forte valeur symbolique.
Lorsque le dialogue devient possible, on cherchera à comprendre ce qui a précédé le geste : événement déclencheur, émotions, pensées, tension, moyen utilisé et soulagement obtenu. Non pour enquêter, mais pour repérer ce qui a conduit à la scarification.
Il faut aussi poser clairement la question des idées suicidaires et apprécier l’existence d’une intention, d’un scénario, de moyens immédiatement accessibles et la capacité du jeune à se maintenir en sécurité. En cas de danger imminent — intention suicidaire active, scénario précis avec moyens accessibles, impossibilité de garantir sa sécurité — ou de blessure grave, il ne faut pas le laisser seul et une orientation immédiate vers un service d’urgence s’impose.
Chaque fois que l’adolescent parvient à différer le geste, à demander de l’aide ou à s’apaiser autrement, c’est déjà une victoire. On peut lui demander de noter ce qui l’a aidé dans un petit « carnet de correspondance » : personne à appeler, lieu où s’apaiser, activité qui fait baisser la tension, mise à distance des objets utilisés. On peut également l’inviter à y faire des dessins, des peintures, des créations pour parler de sa souffrance, autrement qu’avec des mots. 
Les scarifications appellent une évaluation psychologique et médicale. Une psychothérapie adaptée peut aider à mettre des mots sur ce qui déborde et à développer d’autres stratégies d’apaisement. Un médicament n’est ni systématique ni une réponse directe aux scarifications ; il ne se justifie qu’en présence d’un trouble associé identifié.
Aider, ce n’est ni surveiller chaque centimètre de peau ni fermer les yeux. C’est soigner la blessure, entendre la souffrance, évaluer le danger et rester présent pour qu’une autre issue devienne possible.
Danger immédiat : 15 ou 112. Le 3114 répond 24 h/24 et 7 j/7.

[illustration : œuvre d’une patiente]

14/08/2026

La retraite — S’absenter de ce que l’on a été

La lecture d’un poème m’a conduite vers cette idée : certaines absences ne se mesurent pas seulement à ce qui n’est plus là. Elles modifient la couleur du temps, la manière d’habiter les jours, jusqu’au sentiment que nous avons de nous-mêmes.

La retraite appartient à ces séparations singulières. Elle est annoncée, préparée, administrativement datée. Elle peut même avoir été désirée pendant des années. Pourtant, lorsqu’elle advient, quelque chose échappe à cette préparation. Car on ne quitte pas seulement un travail. On quitte un lieu dans lequel une partie de soi avait trouvé forme, adresse et reconnaissance.

I. Partir d’un lieu où l’on existait

Le dernier jour peut être presque banal. Quelques paroles, des mains serrées, un bureau que l’on vide, une porte que l’on ferme.

Mais ce qui se défait ne tient pas dans les cartons que l’on emporte.

Pendant trente ou quarante ans, parfois davantage, le travail a discrètement organisé l’existence. Il lui a donné ses heures, ses habitudes, ses visages, ses contrariétés, ses attentes. Il a surtout donné au sujet une place depuis laquelle il pouvait répondre : je suis celui ou celle qui fait cela.

Il existe ainsi une fonction contenante du travail que l’on ne perçoit pleinement qu’au moment où elle disparaît. Le métier soutenait une identité, mais aussi une continuité narcissique : on savait à peu près où l’on devait être, ce que l’on attendait de nous, ce que nous savions encore faire.

À la retraite, personne ne retire brutalement cette identité. Elle s’efface plus subtilement.

Un jour, on s’entend dire : « J’étais… »

Et ce passé du verbe touche parfois bien davantage qu’on ne l’aurait imaginé.

II. Ce qui s’effeuille après le départ

La perte ne survient pas en une fois.

Elle s’effeuille.

Au commencement, les collègues appellent encore. On connaît les dossiers, les histoires, les changements. Puis les noms nouveaux apparaissent. Les conversations professionnelles deviennent plus lointaines. Un autre s’installe à cette place que l’on avait fini, sans le savoir, par croire un peu nôtre.

L’institution continue.

Cette évidence peut être douloureuse.

Non parce que chacun aurait besoin de se croire indispensable, mais parce que nous faisons tous l’expérience de nous-mêmes à travers les traces que notre présence produit chez les autres. Être attendu, consulté, contrarié même, constitue une forme de reconnaissance.

Lorsque cette circulation s’interrompt, le sujet peut se trouver privé d’un miroir familier.

Il ne s’agit donc pas seulement de perdre une activité.

On perd une certaine manière d’être reconnu par le monde.

III. Le métier comme amour perdu

Nous pouvons avoir détesté certaines journées, rêvé de vacances, compté les années avant le départ et néanmoins éprouver un manque.

Il n’y a là aucune contradiction.

On ne pleure pas seulement ce que l’on a aimé. On peut aussi faire le deuil de ce à quoi l’on a consacré une immense part de son existence.

Le travail porte nos années.

Il contient celui que nous étions à vingt-cinq ans, celui qui apprenait encore, celui qui voulait réussir, celui qui a connu ses premières humiliations, ses premières reconnaissances, ses alliances, ses rivalités. Il conserve quelque chose des âges successifs que nous avons traversés.

C’est pourquoi la nostalgie professionnelle masque parfois une nostalgie plus profonde.

Ce n’est pas véritablement le bureau que l’on voudrait retrouver.

Ni la réunion du lundi matin.

Ni même les collègues.

C’est peut-être celui que l’on était lorsqu’on entrait encore chaque matin dans ce lieu.

La retraite rencontre alors une limite irréductible : on pourrait parfois retourner visiter son ancien travail ; on ne peut pas retourner dans le temps de soi qui lui était associé.

En cela, elle possède quelque chose de l’amour perdu.

IV. Quand le temps se dénude

On parle beaucoup du « temps libre » de la retraite.

L’expression est trompeuse.

Un temps délivré de l’obligation n’est pas immédiatement un temps habitable.

Le travail remplissait les journées, bien sûr, mais il faisait davantage : il fournissait une architecture extérieure au désir. Il fallait se lever, partir, répondre, terminer. Le monde décidait en partie de ce que nous allions faire de nos heures.

Puis cette nécessité tombe.

Et celui qui pensait désirer du temps découvre parfois qu’il doit désormais lui donner une forme.

L’angoisse peut naître précisément là où l’on attendait la liberté.

Car lorsqu’on ne demande plus : « Que dois-je faire ? », une question autrement plus exigeante surgit :

Qu’ai-je encore envie de faire lorsque personne ne l’exige de moi ?

Cette question appartient pleinement à la clinique de la retraite.

Elle touche au désir.

V. Le risque de remplir pour ne pas sentir

Notre société propose très vite une réponse : s’occuper.

Voyager. Marcher. Faire du sport. Garder les petits-enfants. S’inscrire quelque part. Devenir bénévole. Apprendre l’italien. Refaire la maison.

Toutes ces activités peuvent évidemment ouvrir une nouvelle vie.

Mais leur accumulation peut parfois avoir une autre fonction : ne laisser aucune place à l’expérience de la perte.

Certains retraités reconstruisent ainsi, presque à l’identique, l’emploi du temps qu’ils viennent de quitter. Chaque journée doit être pleine. Chaque heure doit avoir sa justification.

Comme si ne rien faire risquait de dévoiler quelque chose d’insupportable.

Or il existe peut-être un temps nécessaire entre deux appartenances : un moment où l’ancienne identité ne soutient plus tout à fait et où la nouvelle n’existe pas encore.

Ce temps n’est pas nécessairement pathologique.

Il peut être un entre-deux psychique, une période de désidentification où le sujet doit peu à peu découvrir ce qui demeure de lui lorsqu’un de ses principaux étayages disparaît.

Il faut parfois accepter de ne pas immédiatement savoir qui l’on sera après.

VI. Retrouver plutôt qu’inventer

On imagine volontiers la retraite comme le commencement d’une « nouvelle vie ».

L’expression me semble trop radicale.

Pourquoi faudrait-il devenir quelqu’un d’autre ?

Peut-être s’agit-il moins d’inventer un nouveau soi que de retrouver des parties anciennes de soi, longtemps laissées en bordure parce que l’existence professionnelle occupait presque tout l’espace.

Un désir de lire.

De peindre.

De marcher.

De travailler de ses mains.

De transmettre autrement.

Ou simplement de ralentir sans éprouver la nécessité de produire quelque chose de ce ralentissement.

Ces retrouvailles ne sont toutefois jamais un retour pur. Celui qui retrouve une passion abandonnée trente ans auparavant n’est plus celui qui l’avait quittée.

Entre les deux, une vie a eu lieu.

C’est précisément ce décalage qui peut devenir fécond : retrouver quelque chose de soi sans prétendre retrouver celui que l’on était.

VII. La retraite et la question du vieillissement

Il serait également artificiel de séparer totalement la retraite de la question de l’âge.

Même lorsqu’elle survient chez un homme ou une femme encore en pleine vitalité, elle introduit une marque temporelle.

Une immense partie de la vie est derrière soi.

Cette pensée n’est pas nécessairement triste. Mais elle existe.

Le départ professionnel peut alors réactiver d’autres pertes : celles des parents disparus, des enfants devenus adultes, d’un corps qui change, de projets que l’on sait désormais ne pas accomplir.

La retraite rassemble parfois silencieusement plusieurs deuils qui ne portent pas son nom.

Elle peut aussi confronter le sujet à cette étrange expérience : avoir enfin du temps au moment même où l’on découvre que le temps n’est pas infini.

D’où peut-être cette urgence chez certains retraités à voyager, entreprendre, réparer, transmettre.

Il ne s’agit plus seulement de remplir les jours.

Il s’agit de faire quelque chose du temps qui demeure.

VIII. Ne pas effacer celui que l’on a été

Le véritable travail psychique de la retraite ne consiste sans doute ni à s’accrocher à son ancienne identité ni à la congédier.

Il s’agit de parvenir à la porter autrement.

Ce que nous avons été professionnellement ne disparaît pas parce que nous avons quitté notre poste. Les gestes appris, les rencontres, les savoirs, les blessures et les réussites ont laissé leur empreinte.

Il faut seulement qu’ils cessent d’occuper toute la scène.

Alors peut apparaître une forme nouvelle de continuité : je ne suis plus exactement celui que j’étais là-bas, mais celui que j’étais appartient encore à celui que je suis.

La retraite ne demande donc pas d’oublier.

Elle demande peut-être quelque chose de plus subtil : consentir à s’absenter d’un lieu de soi sans se perdre avec lui.

On s’éloigne.

Le paysage demeure quelque temps visible derrière nous. On reconnaît encore ses chemins, ses reliefs, les endroits où l’on a été heureux et ceux où l’on s’est blessé.

Puis il devient plus lointain.

Il ne s’efface pas.

Il prend sa place dans l’histoire.

Et devant soi, le temps n’est plus tout à fait celui de recommencer.

Il devient celui, plus délicat, de continuer autrement.

Joëlle Lanteri — Psychanalyste

13/08/2026
12/08/2026

🗞️ "Désorganiser" la psychiatrie : de la quête d’un organe cible à l’accueil de la personne-dans-son-monde

La recherche psychiatrique contemporaine tend à s’organiser autour du cerveau. Face à ses propres impasses, elle cherche également des pistes dans les gènes, dans le microbiote, dans la quête de biomarqueurs. Cette fuite en avant révèle une difficulté fondamentale à identifier, nommer et circonscrire ce que la discipline soigne vraiment.
Dans la r***e Soins, Steve Vilhem propose de "désorganiser" la psychiatrie, c’est-à-dire d’interrompre la quête de l’organe unique qu’elle n’a jamais eu, pour la refonder autour de son véritable objet : la personne, dans son environnement, inscrite dans son histoire, et dans l’histoire de ses environnements. Ceci afin de promouvoir une psychiatrie qui accueille plutôt qu’une psychiatrie qui cible.

🗣️ Steve Vilhem est médecin, anthropologue, docteur en sciences humaines et sociales de la médecine, chef de clinique en pédopsychiatrie.

À lire ici 👉 https://chaire-philo.fr/publications-2/

11/08/2026

La canicule, qui touche la France depuis la fin de semaine dernière, affecte la santé mentale et peut aggraver les troubles psychiatriques de certains patients, qui cumulent souvent plusieurs facteurs de vulnérabilité.

31/07/2026

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