25/08/2026
« Oula… moi, ça, je me sens pas assez calée. »
Ces derniers temps, on reçoit de plus en plus de messages comme celui-là.
Ou : « Je sais jamais si ce que je fais est vraiment bien. » Et moi, Adrien, ça me fait souvent penser à Judith, à l’école d’orthophonie.
Elle passe un examen d’orthodontie : 9,8. Examen raté. Dans sa tête, ce 9,8 ne veut rapidement plus seulement dire : « J’ai raté un examen. » Il devient : « Est-ce que j’ai vraiment le niveau ? »
À cette période, pour financer ses études, elle enchaînait les cours avec des missions d’intérim, des soirées comme serveuse sur des événements et parfois des remplacements au pied levé. Mais au lieu de se demander ce qui avait pu peser sur cette note, elle s’est remise en question, elle. Pourtant, elle avait réussi du premier coup son examen sur les troubles oro-faciaux. Suite à ce 9,8 on lui a dit qu’on ne voulait pas qu’elle fasse son mémoire dans ce domaine. Et quand une remarque vient de quelqu’un dont l’avis compte forcément à ce moment-là, vous finissez vite par penser : « Alors c’est peut-être vrai. »
Sauf que la suite raconte autre chose. Quelques semaines plus t**d : 15,5 en orthodontie. Puis un stage au CHU en orthodontie, occlusodontie et pedodontie (bruxisme adulte et dentisterie de l’enfant). Puis ce mémoire qu’on lui avait déconseillé, réussi du premier coup, félicité par la chef de service en orthodontie.
Ce 9,8 disait quelque chose d’un examen, à un instant T. Pas jusqu’où Judith pouvait aller. Grand Marcel, son grand-père, refusait justement qu’une note ou l’avis de quelqu’un décide trop tôt de ses limites. Il lui disait de continuer. Il nous a quittés cet été. Et aujourd’hui, quand Judith doute encore parfois, je me surprends à lui rappeler la même chose.
Alors avant de prendre votre doute pour un verdict, regardez les faits jusqu’au bout. Parce que parfois, « Je n’ai peut-être pas le niveau » part d’une remarque qui a fait mal et d’une conclusion tirée trop tôt.
Une note peut vous dire que, ce jour-là, ça n’a pas suffi. Elle ne peut pas vous dire jusqu’où vous irez.
Laissez-vous la chance de découvrir la suite.
Bonne rentrée