24/08/2026
Chroniques de l’Hermite: L’art de ne pas savoir
Comme vous le savez, je suis une Hermite.
Mais comme nous tous, je suis aussi une Hermite venue faire l’expérience de la vie.
Avec ses hauts, ses bas, ses épreuves, ses victoires, ses moments où tout semble parfaitement à sa place et ceux où, franchement, on se demande un peu ce qu’on est en train de fabriquer.
Il paraît que nous avons choisi tout ça. Les expériences que nous allons traverser, les choses que nous allons apprendre, les endroits où nous allons devoir grandir, évoluer, comprendre.
Je dis bien « il paraît », parce qu'au fond, personne ne sait..
Mais parfois, dans un thème de naissance, on retrouve un axe qui semble revenir encore et encore, comme si la vie avait décidé d’insister un peu sur la même leçon.
Moi, clairement, j’ai beaucoup à apprendre du Pendu.
Il faut dire que, dans cette vie, j’en ai pris trois dans ma famille intérieure. C’est une équipe pédagogique !
Et leur spécialité, c’est le lâcher-prise.
Apprendre à avancer sans avoir toutes les certitudes.
Accepter que les choses puissent basculer rapidement.
Comprendre que la vie ne se contrôle pas complètement et qu’il faut parfois savoir s’adapter plutôt que s’acharner à maintenir les choses exactement comme on les avait prévues.
Le Pendu, c’est un peu le cool du Tarot.
Celui qui arrive avec une logique différente, elui qui ne rentre pas forcément dans les cases.
Les décalés, les atypiques, ceux qui regardent les choses autrement, ceux qui ont parfois besoin de prendre un chemin que les autres ne comprennent pas vraiment.
Et pendant longtemps, nous avons été en conflit, lui et moi.
Parce qu’avoir trois Pendus dans mon équipe intérieure m’a longtemps donné cette sensation d’être un peu à côté de la plaque.
Je me suis longtemps demandé pourquoi je ne fonctionnais pas comme les autres.
Pourquoi certaines choses qui semblaient simples pour tout le monde ne l’étaient pas forcément pour moi.
Alors j’ai fait ce que beaucoup d’entre nous font lorsqu’ils ont l’impression de ne pas correspondre.
Je me suis adaptée, je me suis modelée, j’ai essayé de comprendre les codes, j’ai essayé de rentrer dans le moule.
Et surtout, j’ai essayé de retourner mes Pendus.
Parce que, franchement, ce n’est pas très pratique, un personnage qui regarde le monde à l’envers.
Alors je me disais qu’il fallait peut-être simplement le remettre dans le bon sens.
La tête en haut et les pieds bien sur terre avec le regard dans la même direction que tout le monde.
J’ai essayé de leur apprendre à fonctionner autrement.
À être plus raisonnables, plus prévisibles, plus faciles à comprendre.
Bref, j’ai essayé de les rendre un peu plus normaux.
Et puis un jour, j’ai arrêté.
J’ai arrêté de lutter contre eux, j’ai arrêté de vouloir absolument être comprise.
J’ai accepté l’idée que certaines personnes ne comprendraient peut-être jamais complètement ma façon de voir les choses.
Et surtout, j’ai accepté de ne plus avoir besoin qu’elles la comprennent.
Alors j’ai laissé mes Pendus tranquilles.
Je les ai laissés regarder le monde depuis leur drôle de position, la tête en bas et les pieds dans les étoiles.
Et quelque chose a vraiment changé.
Parce qu’en réalité, je n’avais pas besoin de les retourner. J’avais besoin de leur faire confiance.
Et depuis qu’ils ont pris un peu plus souvent les manettes, ma vie est devenue beaucoup plus légère.
Ils m’apprennent à lâcher lorsque je ne peux plus rien contrôler.
À accepter de ne pas savoir, à changer de point de vue, à regarder une situation autrement plutôt que de m’acharner à vouloir la faire entrer dans la vision que j’en avais au départ.
Ils m’apprennent aussi une forme de légèreté.
À voir parfois la vie comme un terrain de jeu plutôt que comme une immense mystère qu’il faudrait absolument résoudre.
Et surtout, ils m’ont appris que ce que je prenais pour un décalage pouvait aussi devenir une force.
Parce qu’être un peu à côté de la norme, ce n’est pas toujours confortable, mais c’est parfois exactement ce qui permet de voir autrement.
Aujourd’hui, je ne cherche plus autant à correspondre à ce que je ne suis pas.
J’essaie plutôt de vivre pleinement ce que je suis.
Une Hermite qui cherche du sens, oui.
Une Hermite qui aime comprendre, observer, réfléchir, mettre des mots sur ce qui se passe.
Mais une Hermite qui apprend aussi, grâce à ses trois Pendus, à ne pas tout comprendre,à ne pas tout prévoir, à ne pas tout maîtriser.
Et peut-être même à ne pas toujours chercher la réponse.
Parce qu’il y a des moments dans la vie où la meilleure chose que l’on puisse faire est simplement de rester là, de regarder, d’attendre de laisser les choses bouger en nous pour pouvoir y poser un nouveau regard.
Et de faire confiance au fait que nous comprendrons peut-être plus t**d. Ou peut-être pas.
Et finalement, ce n’est peut-être pas si grave.
Alors aujourd’hui, quand je croise quelqu’un qui me dit qu’il se sent un peu différent, un peu décalé, qu’il ne comprend pas toujours les règles du jeu ou qu’il a parfois l’impression de fonctionner autrement que les autres, j’ai envie de lui dire : Ne te dépêche pas de te remettre dans le bon sens.
Peut-être que ton regard a simplement besoin d’être différent.
Peut-être que ce que tu essaies de corriger depuis des années est justement une partie de ta richesse.
Et peut-être que, parfois, le chemin vers soi ne consiste pas à devenir comme les autres, mais simplement à arrêter de se battre contre la façon dont on est construit.
Mes trois Pendus m'ont appris ça.
Et franchement, après toutes ces années à essayer de leur remettre les pieds sur terre, je crois que je vais finalement les laisser garder les pieds dans les étoiles.