18/07/2026
Ces derniers jours m'ont donné envie de partager une réflexion qui me tient profondément à cœur.
Il m'arrive d'être questionnée, critiquée, ou parfois même attaquée en raison de ma profession. Je ne suis "QUE" thérapeute et donc pas ASSEZ pour aider (par opposition au domaine médical pur). À l'inverse, j'ai également la chance de rencontrer des professionnels de ce monde médical, avec lesquels naissent de très belles collaborations. Mon intervention en milieu pénitentiaire en est un exemple qui me touche particulièrement car chacun y apporte son regard, son expertise et ses compétences, avec un objectif commun : le bénéficiaire.
Ces expériences, si différentes soient-elles, me ramènent donc toujours à la même conviction : la personne que nous accompagnons devrait rester AU CENTRE de nos préoccupations. Nos métiers, nos approches, nos formations ou nos titres ne prennent véritablement leur sens que lorsqu'ils sont mis ENSEMBLE au service de celui ou celle qui vient demander de l'aide.
J'éprouve un réel plaisir à travailler aux côtés de professionnels issus d'horizons variés. Médecins, psychiatres, psychologues, infirmiers, éducateurs, mais aussi praticiens d'autres approches parfois plus alternatives : chacun possède un champ de compétences qui lui est propre. Je ne vois pas cette diversité comme une menace, mais comme une richesse. Aucune discipline ne peut prétendre répondre seule à toute la complexité de l'être humain.
Avec le temps, j'en suis venue à penser que la connaissance de ses propres limites constitue une compétence aussi importante que les connaissances elles-mêmes. Savoir reconnaître qu'une situation dépasse notre champ d'action, accepter de demander un avis, orienter vers un confrère ou une consœur lorsque cela est nécessaire, ce n'est pas un aveu de faiblesse mais plutôt une manière de prendre soin avec rigueur et humilité.
Connaître les limites de notre connaissance est aussi essentiel que la connaissance elle même : un contenu, un contenant.
Je me méfie davantage des certitudes absolues que du doute. Un professionnel qui continue à s'interroger même si cela est inconfortable, qui reste ouvert à la remise en question et à l'apprentissage permanent, réflechit à ses actes et à ses paroles, même sous forme de doute, me semble offrir davantage de sécurité qu'un professionnel convaincu de détenir toutes les réponses, croyant ne plus avoir besoin du regard d'autrui et encore plus s'il attaque d'autres professionnels.
J'aimerais que nous cultivions davantage cette culture de la collaboration. Non pas parce que nous pensons tous la même chose, mais justement parce que nos différences peuvent devenir complémentaires lorsque le respect est présent. À mes yeux, c'est ce climat de confiance entre professionnels qui offre le meilleur appui à la personne accompagnée.
Au fond, ce qui me semble essentiel n'est pas de défendre un territoire ou une identité professionnelle. C'est de ne jamais perdre de vue la raison pour laquelle nous exerçons nos métiers : accompagner au mieux les personnes qui nous accordent leur confiance.
Qu'en pensez-vous ?
Emilie G.
PS: merci à vous pour votre confiance, que vous soyez accompagnés, ou collaborateurs de tout horizon.