26/06/2026
🌿 **Volet 3/3 de la série :**
**Prévenir les violences : la responsabilité des adultes.**
Cette situation a été observée à la suite d’un spectacle de prévention proposé à de jeunes enfants.
Je ne remets pas en cause la nécessité de prévenir les violences. En revanche, je refuse que l’on considère comme suffisante une intervention qui invite les enfants à parler sans prévoir sérieusement qui sera disponible pour les écouter ensuite.
Car faire émerger une parole n’est pas un effet secondaire imprévisible. C’est précisément l’un des objectifs de ce type d’action.
Inviter un enfant à parler suppose donc d’anticiper très concrètement :
— Qui sera disponible pour l’écouter ?
— Comment cette parole sera-t-elle transmise ?
— Comment l’enfant sera-t-il identifié ?
— Quel adulte prendra le relais ?
— Les professionnel·les connaissent-ils les conduites à tenir ?
— Un temps de reprise est-il organisé avec l’équipe ?
Dans la situation observée, certains enfants se confiaient à l’intervenante pendant que les équipes géraient les sorties, les passages aux toilettes et l’arrivée du groupe suivant. Aucun temps de transmission n’avait été prévu et les professionnel·les n’avaient pas été préparé·es à accueillir ce que l’intervention pouvait faire émerger.
Ce n’est pas un simple défaut d’organisation. C’est une condition éthique de l’intervention. Accueillir la parole d’un enfant ne peut pas reposer sur l’improvisation ni sur la seule bonne volonté de personnes déjà mobilisées par le fonctionnement du groupe.
La prévention est un dispositif collectif. Elle nécessite du temps, de la formation, des moyens, des responsabilités clairement identifiées et une organisation pensée **avant, pendant et après**.
Il ne suffit pas de se demander comment aider les enfants à parler.
Nous devons aussi nous demander :
**Que sommes-nous réellement prêts à mettre en place lorsque cette parole arrive ?**
Car ouvrir un espace de parole sans garantir qu’elle pourra être accueillie, transmise et suivie d’effets, ce n’est pas protéger les enfants. C’est leur faire une promesse que nous ne sommes pas capables de tenir.