Perrine MALKA • Psychomotricienne • Formatrice • Consultante

Perrine MALKA • Psychomotricienne • Formatrice • Consultante 🛡️ Prévention 🌱 Développement🌈 Inclusion 🧠 Neurosciences

🌿 **Volet 3/3 de la série :****Prévenir les violences : la responsabilité des adultes.**Cette situation a été observée à...
26/06/2026

🌿 **Volet 3/3 de la série :**
**Prévenir les violences : la responsabilité des adultes.**

Cette situation a été observée à la suite d’un spectacle de prévention proposé à de jeunes enfants.

Je ne remets pas en cause la nécessité de prévenir les violences. En revanche, je refuse que l’on considère comme suffisante une intervention qui invite les enfants à parler sans prévoir sérieusement qui sera disponible pour les écouter ensuite.

Car faire émerger une parole n’est pas un effet secondaire imprévisible. C’est précisément l’un des objectifs de ce type d’action.

Inviter un enfant à parler suppose donc d’anticiper très concrètement :

— Qui sera disponible pour l’écouter ?
— Comment cette parole sera-t-elle transmise ?
— Comment l’enfant sera-t-il identifié ?
— Quel adulte prendra le relais ?
— Les professionnel·les connaissent-ils les conduites à tenir ?
— Un temps de reprise est-il organisé avec l’équipe ?

Dans la situation observée, certains enfants se confiaient à l’intervenante pendant que les équipes géraient les sorties, les passages aux toilettes et l’arrivée du groupe suivant. Aucun temps de transmission n’avait été prévu et les professionnel·les n’avaient pas été préparé·es à accueillir ce que l’intervention pouvait faire émerger.

Ce n’est pas un simple défaut d’organisation. C’est une condition éthique de l’intervention. Accueillir la parole d’un enfant ne peut pas reposer sur l’improvisation ni sur la seule bonne volonté de personnes déjà mobilisées par le fonctionnement du groupe.

La prévention est un dispositif collectif. Elle nécessite du temps, de la formation, des moyens, des responsabilités clairement identifiées et une organisation pensée **avant, pendant et après**.

Il ne suffit pas de se demander comment aider les enfants à parler.

Nous devons aussi nous demander :

**Que sommes-nous réellement prêts à mettre en place lorsque cette parole arrive ?**

Car ouvrir un espace de parole sans garantir qu’elle pourra être accueillie, transmise et suivie d’effets, ce n’est pas protéger les enfants. C’est leur faire une promesse que nous ne sommes pas capables de tenir.

Apprendre aux enfants à reconnaître une situation problématique, à poser leurs limites et à demander de l’aide est indis...
18/06/2026

Apprendre aux enfants à reconnaître une situation problématique, à poser leurs limites et à demander de l’aide est indispensable.

Mais cela ne doit jamais conduire à faire reposer sur eux la responsabilité de leur propre protection.

Car pour parler, un enfant doit d'abord réussir à comprendre ce qu’il vit, dépasser la peur, la confusion ou la loyauté envers l’adulte, trouver les mots, identifier une personne de confiance… puis être entendu et cru.

Faire dépendre la protection de l’enfant de sa capacité à franchir toutes ces étapes revient déjà à déplacer sur lui une responsabilité qui appartient aux adultes et aux institutions.

Les violences faites aux enfants ne sont pas seulement une affaire individuelle ou éducative. Elles sont aussi le produit de rapports de pouvoir, de représentations sociales et de dysfonctionnements institutionnels.

La prévention doit donc s’adresser à l’ensemble des adultes :

- les parents et futurs parents ;
- les professionnel·les de l’enfance, de l’éducation, de la santé et du social ;
- la police et la justice ;
- les responsables politiques ;
- le monde culturel et le monde du travail.

Les informer et les former aux questions de corps, d’intimité, de consentement et de prévention des violences, bien sûr.

Mais aussi au développement de l’enfant, à ses besoins, à ses compétences et à ses différentes manières de s’exprimer.

Et à repérer puis déconstruire les postures adultistes qui nous conduisent encore trop souvent à minimiser leur parole, à disqualifier leurs refus, à interpréter leur vécu depuis notre seul point de vue d’adulte ou à les tenir à l’écart de ce qui les concerne.

Donner des outils aux enfants est nécessaire.

Mais sans transformation des adultes et des institutions, nous ne faisons que déplacer la responsabilité sans résoudre le problème.

🌿 Volet 2/3 de la série :
**Prévenir les violences : la responsabilité des adultes.**

On parle beaucoup d’apprendre aux enfants à dire « non », à reconnaître leurs limites et à demander de l’aide.Et c’est i...
16/06/2026

On parle beaucoup d’apprendre aux enfants à dire « non », à reconnaître leurs limites et à demander de l’aide.

Et c’est indispensable.

Mais que leur enseignons-nous lorsque, dans leur quotidien, leurs refus, leurs besoins ou leurs désaccords sont régulièrement minimisés, négociés ou ignorés ?

Le consentement ne se résume pas à un message de prévention transmis lors d’un atelier ou d’une intervention. Il se construit dans l’expérience répétée de voir ses limites entendues et prises en considération.

Même très jeune, un enfant peut exprimer une préférence, un besoin, un refus ou un désaccord — avec ses mots, mais aussi par ses gestes, ses postures et ses réactions.

Reconnaître ces capacités précoces d’autodétermination ne signifie pas lui demander de prendre des décisions d’adulte. Cela signifie lui faire une place dans ce qui le concerne.

Et cela demande aux adultes de travailler eux aussi : apprendre à écouter, à observer, à respecter les limites d’autrui et à renoncer à certaines postures adultistes.

Car le consentement n’est pas seulement une compétence à enseigner aux enfants.

C’est une culture relationnelle que nous devons d’abord apprendre à incarner, pour eux et avec eux.

🌿 Premier volet d’une série consacrée à la prévention des violences et à la responsabilité des adultes.

🚨 MÀJ PSYCHOMOT’ 🚨Faut-il vraiment corriger la posture en W ?Pendant longtemps, beaucoup de professionnel·les, notamment...
12/05/2026

🚨 MÀJ PSYCHOMOT’ 🚨
Faut-il vraiment corriger la posture en W ?

Pendant longtemps, beaucoup de professionnel·les, notamment en psychomotricité, kinésithérapie ou pédiatrie, ont appris à corriger systématiquement cette posture.
Et soyons honnêtes : notre profession a largement participé à diffuser cette idée.

Sauf que les connaissances évoluent.
Et aujourd’hui, les données actuelles invitent à nuancer ce discours.

Dans ce carrousel ➡️
je démêle le vrai du faux autour de la posture en W et je partage des pistes concrètes pour accompagner le développement moteur sans injonctions ni guidage intempestif.

Parce qu’en matière de développement, l’enjeu n’est pas d’obtenir “la bonne posture” à tout prix… mais de permettre à l’enfant d’explorer, bouger, varier et s’organiser par lui-même.

💬 Et vous, on vous a déjà dit qu’il fallait corriger la posture en W ?
👀 Parents, pros, étudiant·es : je suis curieuse de lire vos expériences et vos formations initiales sur le sujet.

🤍 Enregistre ce post pour le retrouver facilement.

24/04/2026
À l'occasion de la journée mondiale de sensibilisation à l'autisme, j'avais envie de parler inclusion.Car sur le terrain...
03/04/2026

À l'occasion de la journée mondiale de sensibilisation à l'autisme, j'avais envie de parler inclusion.

Car sur le terrain, la frontière avec l’intégration reste parfois floue.

👉 L’intégration demande à l’enfant de s’adapter
👉 L’inclusion invite le cadre à évoluer

Et souvent, la différence se joue ici :

🔹 penser en ajustements individuels
🔸 ou repenser l’environnement collectif

Mais une inclusion réelle ne repose pas uniquement sur les pratiques individuelles.

Elle nécessite aussi de vrais moyens :
du temps, des moyens humains, du matériel, des espaces adaptés.

👉 Sans cela, l’inclusion peut devenir une charge supplémentaire pour les professionnel.les, et un cadre toujours difficile pour les enfants.

💛 Soutenir l’inclusion, c’est aussi soutenir celles et ceux qui la rendent possible

Parler du développement de l’enfant, c’est aussi interroger les normes adultes à partir desquelles nous le regardons, et...
05/01/2026

Parler du développement de l’enfant, c’est aussi interroger les normes adultes à partir desquelles nous le regardons, et la manière dont elles influencent nos interprétations.

C’est une façon de déplacer le regard :
passer d’une lecture centrée sur le manque, la conformité ou le contrôle,
à une lecture attentive aux compétences, aux fonctionnements et aux contextes relationnels et environnementaux dans lesquels l’enfant évolue.

Comme l’écrivait Janusz Korczak,
ce qui nous fatigue n’est pas de nous pencher vers l’enfant, mais de nous élever à la hauteur de ses sentiments.

01/01/2026
Voici ce que ça donne, concrètement, un lieu pensé à hauteur d’enfants.À Amsterdam : le Kinderkookkafé.Ici, les enfants ...
28/12/2025

Voici ce que ça donne, concrètement, un lieu pensé à hauteur d’enfants.
À Amsterdam : le Kinderkookkafé.

Ici, les enfants choisissent ce qu’ils ont envie de préparer, suivent des recettes illustrées, manipulent, dosent, transvasent, goûtent… puis déposent leur réalisation en cuisine pour la cuisson par l’équipe du restaurant.
Et ensuite, on attend. On observe. On savoure... ensemble.

Ce qui est particulièrement intéressant, au-delà du concept, c’est ce que produit concrètement un espace pensé à hauteur d’enfants :

- des espaces lisibles et accessibles,
- du matériel à portée de main, sans surcharge,
- la possibilité d’alterner naturellement entre faire, jouer, bouger, faire une pause, puis revenir à l’activité,
- un cadre clair qui soutient l’autonomie sans imposer ni presser.

On est loin de la performance ou du “bien faire”.
Ici, le plaisir de faire prime, la fierté vient de l’expérience elle-même, et l’autonomie se construit sans pression.

C’est un lieu où des enfants très différents trouvent leur place :
ceux qui foncent, ceux qui observent longtemps, ceux qui hésitent, ceux qui recommencent.
On y observe des enfants concentrés, joyeux, parfois prudents, parfois très sûrs d’eux, mais surtout engagés, parce qu’ils font pour de vrai.

Et c’est aussi un lieu où les adultes peuvent accompagner sans faire à la place, soutenir sans surstimuler, et surtout, partager le moment avec autant de plaisir qu’eux.

Ce n’est sans doute pas un hasard si ce type de lieu existe ici, aux Pays-Bas :
il dit quelque chose de la place accordée aux enfants dans l’espace public, et de la confiance faite à leurs compétences, dès le plus jeune âge.

Voilà ce que ça donne, très concrètement, quand un espace est pensé à hauteur d’enfants : un lieu qui soutient le plaisir de faire, le partage, et les compétences réelles des enfants.

👉 Et vous, quels sont vos lieux coup de cœur, ici ou ailleurs, pensés à hauteur d’enfants ?

Parmi mes outils d’accompagnement favoris, il y a les livres jeunesse.Parce qu’ils permettent d’aborder, avec des mots s...
19/12/2025

Parmi mes outils d’accompagnement favoris, il y a les livres jeunesse.

Parce qu’ils permettent d’aborder, avec des mots simples et justes,
des sujets essentiels : le corps, l’intimité, le consentement, les limites, les violences.

Lire ces livres avec les enfants, les relire, les laisser accessibles dans les espaces du quotidien, c’est déjà un acte de prévention.

C’est offrir :
– des repères clairs,
– du vocabulaire pour nommer,
– un espace de parole sécurisant,
– et des adultes disponibles pour écouter.

📚 Livres présentés dans ce carrousel :
• Le corps – Camille Laurans/Ilaria Falorsi (Mes tout-petits docs - Milan)
• J’aime mon corps – Nikki Luna/Julienne Dadivas (Bayard Jeunesse)
• C’est mon corps / Interdit de me faire mal – Mai Lan Chapiron (La Martinière jeunesse)
• Mon corps à moi ! – Élise Gravel (Gautier Languereau)
• Respecte mon corps – Catherine Dolto/Coline Faure-Poirée (Gallimard jeunesse)
• Ton corps t’appartient ! – Lucía Serrano (Crackboom livres)
• Le petit guide de la foufoune sexuelle - Julia Pietri/Victoire Doux (Better call Julia)
• Quand on te fait du mal – Muriel Salmona/Sokhna Fall/Claude Ponti (téléchargeable sur memoiretraumatique.org)
• Et si on se parlait ? - Andrea Bescond/Mathieu Tucker (Harper Collins)

Il existe bien sûr de nombreux autres livres de qualité : ceux-ci font partie de ceux que j’utilise et recommande régulièrement, dans ma pratique professionnelle comme dans ma vie personnelle.

🔗 Une sélection de livres jeunesse thématiques est aussi disponible dans mon Linktree.

Et vous, quel est votre livre coup de cœur pour parler de ces sujets avec les enfants ?

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