05/08/2026
La plus grande leçon que l'on apprend, ce n'est pas d'aller vite. C'est d'apprendre à durer. Car la vraie réussite, c'est de pouvoir continuer à vivre sa passion, encore et encore, pendant de longues années.
Depuis avril, je n’ai plus pris de dossard.
Une douleur au talon est apparue. Au départ, rien de très inquiétant, un œdème jugé bénin : « Math, 2 semaines de repos, puis reprise progressive. »
Au printemps, avec mon arrivée chez Kiprun x Decath, je voulais prendre le temps de découvrir mes nouvelles couleurs, rencontrer les équipes et lancer plusieurs projets de co-dév produits. Je ne m’étais donc pas mis beaucoup de pression niveau courses.
Sauf que les semaines se sont allongées. À chaque fois, je recommençais à y croire, je remontais doucement la charge… puis la douleur revenait. Cette succession d’espoir et de déception, moralement, c’est très dur.
Pas mal de choses se sont accumulées. Changer de partenaire principal, même quand c’est un choix super positif, reste un bouleversement de vie. Toute cette transition a généré du stress et clairement impacté mon sommeil. En parallèle, avec Alix, ça fait bientôt trois ans qu’on essaie d’agrandir la famille. Et même quand on est en pleine santé, sans problème apparent, malheureusement ça ne garantit rien. Cette année, on a décidé d’y consacrer beaucoup d’énergie, avec un parcours médical bien plus lourd et éprouvant qu’on ne l’imaginait.
Je ne peux pas affirmer que tout est lié, mais je sais que le corps et l’esprit ne fonctionnent pas séparément.
J’aurais pu serrer les dents, continuer malgré la douleur et prendre un dossard pour faire comme si tout allait bien. Mais aujourd’hui, ma priorité, c’est de durer. Et la réalité, c’est qu’il ne reste plus assez de temps pour retrouver le niveau de forme que j’espérais dans les prochaines semaines. Je ne prendrai donc pas le départ d’une course cet été, et ça me rend vraiment triste.
Avant, je pensais que mon bien-être devait être la conséquence de ma performance. Aujourd’hui, j’essaie d’apprendre l’inverse : ma performance doit être la conséquence de mon bien-être.
Respecter son corps, ce n’est pas abandonner. Je reviendrai, juste pas à n’importe quel prix.
Merci à celles et ceux qui me soutiennent, même quand je ne cours pas beaucoup… ou pas du tout 🫰🏼