02/03/2026
Des fois la mort fauche au moment même où la vie offre le plus beau des cadeaux 😞.
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Hier encore, il préparait sa venue.
Avec impatience et une joie immense, il attendait sa fille.
Je lui montrerai ceci, je lui apprendrai celà, se disait-il.
Dans ses rêves, il la voyait déjà.
Dans ses projets, il l’incluait.
Dans sa vie, il la voulait.
Mais la vie, elle, a décidé autrement.
À quelques semaines seulement du moment tant attendu,
sur la dernière ligne droite…
Sa vie a pris un virage brutal.
Il a commencé à perdre l’équilibre.
À se sentir mal.
À ne plus pouvoir se nourrir.
Un examen.
Puis un autre.
Puis encore un autre.
Et dans cette double attente — celle d’une naissance et celle d’un verdict —
la sentence est tombée.
Irrévocable.
Un cancer du cervelet.
Une opération en urgence.
La balance a penché.
Son existence a vacillé.
L’intervention fut un succès, disait-on.
Mais pas sans dégâts.
Ce qui devait l’aider, l’a affaibli davantage.
Et, entre la souffrance du corps
et la déchirure du cœur…
Sa femme a été admise a la maternité en urgence.
Rupture de la poche des eaux.
Sa fille est née.
Et il n’était pas là...
Il voulait être courageux.
Guérir, me disait-il tant bien que mal.
Déterminé, quelques jours plus t**d, on l’a emmené voir sa fille pour la première fois.
La prendre dans ses bras.
La chérir...
Le soir même, j’ai vu cet homme déterminé quelques jours plus tôt s’effondrer.
Il pleurait, incapable même d’essuyer la salive qui coulait sur son menton,
affaibli par sa maladie.
“Ma fille…
ma fille va grandir sans son papa.” Me disait-il.
Dans mon profond désarroi,
je n’ai pu que serrer son épaule,
les larmes suspendues au bord des paupières.
Les jours ont passé.
Comme pour tant d’autres patients,
je me suis forcé à me détacher.
Mais le destin a voulu que je sois témoin jusqu’au bout.
Un an plus t**d,
j’ai admis sa mère dans mon service.
J'ai appris...
Il a fini sa courte vie.
Sa fille lui a manqué jusqu’au dernier souffle.
Même lorsqu’elle était près de lui,
il rêvait encore de pouvoir la prendre contre lui,
la serrer tendrement,
la voir grandir.
Hélas… son corps ne le lui permettait plus.
Il est parti avec le manque d’une vie espérée.
Autour de lui, tout était là :
sa fille bien-aimée,
sa femme,
ses parents,
la maison dont il rêvait de passer des jours merveilleux.
Mais, il est parti en pleurant
une vie qu’il n’aura jamais eu le temps de vivre.