02/07/2026
⚠️ Mise en garde à destination des étudiants et des professionnels en kinésiologie
La récente décision du Conseil d'État du 19 juin 2026 (n° 507825) mérite toute notre attention. Elle rappelle un principe essentiel : une norme AFNOR ne constitue pas, à elle seule, une reconnaissance légale d'une profession ni une validation officielle de ses formations. Dans cette affaire, le Conseil d'État a d'ailleurs annulé l'homologation de la norme AFNOR relative aux prestations de service des réflexologues, estimant que certaines de ses formulations créaient une confusion avec le champ des professions de santé.
Cette décision doit inviter l'ensemble des acteurs de la kinésiologie à la plus grande prudence.
Depuis plusieurs mois, on voit circuler sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook, des publicités d'écoles laissant entendre que la future norme AFNOR en kinésiologie constituerait une garantie de sérieux, une validation des cursus, voire une forme de reconnaissance officielle de la profession. À ce jour, de telles affirmations ne reposent sur aucune réalité juridique.
Une norme AFNOR est un document technique, élaboré de manière volontaire. Elle ne crée pas une profession, ne modifie pas le droit en vigueur et ne vaut ni diplôme d'État, ni reconnaissance législative. Tant qu'aucun cadre juridique spécifique n'a été adopté par le législateur ou les autorités compétentes, présenter une norme AFNOR comme une validation des formations ou comme un argument de reconnaissance officielle est, au mieux, une présentation trompeuse de la réalité.
L'affaire concernant la réflexologie démontre précisément que le contenu d'une norme peut être contesté devant le juge administratif et même annulé lorsqu'il est considéré comme générant une confusion avec les professions réglementées.
C'est pourquoi il me paraît particulièrement imprudent, voire aberrant, de construire dès aujourd'hui une communication commerciale fondée sur une norme qui n'existe pas encore ou dont la portée juridique serait présentée de manière exagérée.
La crédibilité de la kinésiologie ne se construira pas par des slogans marketing ou par l'exploitation d'une future norme. Elle reposera sur des formations sérieuses, des compétences démontrées, une éthique irréprochable, des référentiels de qualité transparents et un dialogue responsable avec les institutions.
Les étudiants méritent une information loyale. Ils investissent du temps, de l'argent et construisent un projet professionnel. Ils ne doivent pas être séduits par des arguments laissant croire qu'une norme AFNOR constituerait une reconnaissance officielle ou une garantie juridique qui, à ce jour, n'existe pas.
La responsabilité des écoles est d'informer avec exactitude, non d'entretenir des confusions. C'est à ce prix que notre profession gagnera durablement en crédibilité.