Aurélie Frisina - TCC

Aurélie Frisina - TCC J’accompagne en particulier les enfants, les adolescents, les parents et les enseignants confrontés à des difficultés liées à la scolarité.

J'utilise une approche basée sur la TCC. Je suis formée aux thérapies cognitivo-comportementales (TCC). Ancienne élève confrontée au harcèlement scolaire puis professeure des écoles, je connais les réalités du terrain. J'accompagne donc les ados en phobie-scolaire ou confrontés au harcèlement ainsi que les professeur face à l'anxiété ou aux difficultés de gestion de classe.

La rentrée paraît encore loin… et c'est justement le meilleur moment pour la préparer.On pense souvent à préparer la ren...
25/07/2026

La rentrée paraît encore loin… et c'est justement le meilleur moment pour la préparer.

On pense souvent à préparer la rentrée la dernière semaine d'août. Pourtant, c'est souvent lorsque les émotions sont encore apaisées qu'il est le plus facile de mettre en place de nouvelles habitudes.

Que votre enfant ait vécu une phobie scolaire, du harcèlement, une année difficile ou qu'il appréhende simplement la rentrée, voici 4 conseils inspirés des TCC pour l'aider à l'aborder plus sereinement.

1️⃣ Identifiez ce qui l'inquiète vraiment

Évitez le simple « Ça va ? » et essayez plutôt :

➡️ « Qu'est-ce qui t'inquiète le plus pour cette rentrée ? »

Plus la peur est précise, plus il est possible d'agir dessus.

2️⃣ Construisez un plan d'action ensemble

Pour chaque inquiétude importante, demandez-lui :

➡️ « Si cela arrivait, qu'est-ce que tu pourrais faire ? »

Cherchez ensemble une réponse qui commence par un verbe d'action :

✔️ demander de l'aide à un adulte ;
✔️ aller voir un camarade ;
✔️ respirer calmement ;
✔️ s'isoler quelques minutes ;
✔️ utiliser une stratégie qui l'a déjà aidé…

L'objectif n'est pas de convaincre votre enfant que tout ira bien, mais qu'il dispose d'une solution concrète, qu'il pourra appliquer immédiatement si la situation se présente.

3️⃣ Recréez des expériences positives autour de l'école

Sans mettre de pression scolaire.

Par exemple :

✔️ revoir un camarade qu'il apprécie ;
✔️ choisir ou personnaliser son matériel ;
✔️ jouer avec des supports ludiques comme Les Incollables®, des jeux de cartes ou des défis amusants ;
✔️ profiter du quotidien pour apprendre autrement : calculer une monnaie, lire une recette, déchiffrer un panneau, résoudre une petite énigme…

L'objectif est que votre enfant retrouve progressivement du plaisir, de la curiosité et de la confiance dans des situations qui mobilisent les apprentissages.

4️⃣ Ne cherchez pas une rentrée sans stress

Cherchez plutôt une rentrée où votre enfant se sent capable de faire face au stress.

En TCC, nous ne cherchons pas à supprimer toutes les émotions désagréables. Nous aidons surtout la personne à développer les ressources qui lui permettront d'avancer, même lorsque le stress est présent.

L'été offre encore un temps précieux pour préparer la rentrée, avant que la pression des derniers jours d'août ne s'installe.

Aujourd'hui, je suis tombée sur une vidéo qui m'a fait réfléchir.On y voit un enfant lors d'un atelier pâtisserie. À un ...
15/07/2026

Aujourd'hui, je suis tombée sur une vidéo qui m'a fait réfléchir.

On y voit un enfant lors d'un atelier pâtisserie. À un moment, il commence à toucher le matériel sans autorisation, court partout, crie... Deux parents réagissent différemment : l'un choisit un time-out (mise à l'écart, sans interaction pendant quelques instants), l'autre un time-in (mise à l'écart de l'activité, mais avec le parent pour aider l'enfant à retrouver son calme grâce à notre propre régulation émotionnelle... autrement dit : un gros câlin ❤️).

La personne qui présentait la vidéo expliquait les vertus du time-in par rapport au time-out.

Et moi, dans ma tête, je me suis dit...

« Bin... ça dépend des cas ! » 😄

Ça m'a rappelé une idée essentielle en TCC qu'il est utile de garder en tête en tant que parent :

Un même comportement peut avoir des causes différentes. La réponse à apporter dépend souvent davantage de ces causes que du comportement lui-même.

Pour réfléchir à cela, on peut utiliser le modèle ABC :

A : Antécédent → ce qui explique ou déclenche le comportement.
B : Behavior → le comportement observé.
C : Conséquence → la réponse de l'adulte et ce qui se passe ensuite.

Reprenons l'exemple de la vidéo : un enfant participe à un atelier pâtisserie avec son parent.

🟧 Premier cas : le débordement émotionnel

A : L'enfant est submergé par l'excitation de l'atelier (ou d'une journée déjà très chargée) et n'arrive plus à réguler ses émotions.

B : Il touche les machines, court, crie.

C : Dans ce cas, je pense qu'il est plus pertinent de diminuer les stimulations et de l'aider à retrouver son calme avec un time-in, en l'accompagnant dans sa régulation émotionnelle.

🟦 Deuxième cas : la recherche d'attention

A : L'enfant a appris que les bêtises lui permettent d'obtenir toute l'attention de l'adulte. On connaît bien cet enfant et on identifie qu'il cherche surtout à attirer notre attention.

B : Exactement le même comportement.

C : On rappelle calmement la règle, on évite de renforcer le comportement par une attention excessive et on réserve notre attention ainsi que nos encouragements aux comportements adaptés. On peut choisir de mettre fin à l'atelier si nécessaire. Si le comportement devient violent, un time-out peut faire partie des outils.

(Petit rappel : un time-out n'est pas une punition. C'est un outil que l'enfant connaît déjà et qui lui a été expliqué en dehors des moments de crise.)

🟥 Troisième cas : l'opposition / la recherche de contrôle

A : L'enfant est dans une véritable dynamique d'opposition ou de provocation. Ici, on identifie que sa priorité est de reprendre le contrôle de la situation ou de s'opposer à la demande de l'adulte, comme cela peut être le cas chez certains enfants présentant un TOP.

B : ...toujours le même comportement.

C : Si le comportement n'est ni dangereux ni perturbant pour les autres familles, certains comportements peuvent être ignorés. On peut aussi quitter l'atelier si cela devient la conséquence logique de la situation. Le time-out peut être un bon outil lorsqu'une ligne rouge est franchie (violence volontaire, dégradation du matériel...). Une réparation pourra ensuite être proposée, une fois la crise terminée. On applique des conséquences prévisibles et on peut utiliser des stratégies comme celles de Barkley, REACT ou RNV. Et surtout, le reste du temps, on valorise largement les comportements adaptés.

👉 Vous remarquez quelque chose ?

Le B est exactement le même dans les trois situations.

Pourtant, le C est différent à chaque fois.

Pourquoi ? Parce qu'en TCC, on ne répond pas seulement au comportement. On répond à sa fonction.

Bien sûr, un même enfant peut se retrouver dans chacune de ces trois situations.

Mais bien connaître son enfant et prendre le temps d'analyser le A (l'antécédent) permet souvent de savoir quelle sera la meilleure réponse en C.

À l'inverse, si l'on ne regarde que le B (le comportement), on risque parfois de choisir une réponse inadaptée... et même d'aggraver la situation.

👉 Et vous, vous est-il déjà arrivé de comprendre, après coup, ce qui se cachait réellement derrière une crise de votre enfant ?

04/07/2026
Savez-vous que le mot « punition » peut avoir des significations très différentes selon la personne qui l'emploie ?👨‍👩‍👧...
01/07/2026

Savez-vous que le mot « punition » peut avoir des significations très différentes selon la personne qui l'emploie ?

👨‍👩‍👧 Pour beaucoup de parents, une punition est tout ce qui est mis en place pour faire cesser un comportement jugé inadapté, sans autre critère particulier.

Cela peut aller de la privation d'écran au coin, en passant par la fessée… Finalement, dans le langage courant, tous ces actes sont regroupés sous un même mot : la punition.

🏫 À l'Éducation nationale, on parle uniquement de sanctions éducatives. Le terme punition n'a pas sa place dans le vocabulaire institutionnel.

Pourquoi ?

Parce que l'on oppose l'idée de sanction à celle de punition. La sanction désigne les réponses éducatives que l'on souhaite voir mises en œuvre par les enseignants lorsqu'un comportement doit être corrigé. À l'inverse, le terme punition est volontairement écarté au profit de celui de sanction, afin de marquer une rupture avec les pratiques qui humilient, rabaissent ou font souffrir l'enfant, sans véritable visée éducative.

Une sanction éducative vise donc à permettre à l'enfant de comprendre les conséquences de ses actes, de réparer lorsque cela est possible et de retrouver sa place dans le groupe avec dignité.

Par dignité, on entend le fait que l'enfant puisse retrouver sa place dans le groupe sans rester enfermé dans son erreur. Lorsqu'il a blessé un camarade, un enseignant ou la classe, il peut avoir le sentiment d'avoir contracté une forme de « dette » envers le groupe. La réparation permet symboliquement de solder cette dette et de retrouver une place pleinement légitime, avec les mêmes droits et les mêmes devoirs que les autres.

🧠 En Thérapie Comportementale et Cognitive (TCC), le mot punition a encore un autre sens.

Il s'oppose simplement au renforcement.

➡️ Le renforcement regroupe tout ce que l'on met en place pour augmenter la probabilité qu'un comportement se reproduise.

➡️ La punition regroupe tout ce que l'on met en place pour diminuer la probabilité qu'un comportement se reproduise.

Dans les deux cas, on peut soit ajouter quelque chose (on parle alors de « positif »), soit retirer quelque chose (on parle alors de « négatif »).

Ces mots n'ont donc rien à voir avec « bien » ou « mal ».

📌 Renforcement positif : on ajoute quelque chose pour encourager un comportement.

Exemple : Léa attend son tour pour parler en levant la main. L'enseignant la félicite ou lui attribue un bon point.

📌 Renforcement négatif : on retire un obstacle pour favoriser un comportement.

Exemple : Léa participe beaucoup plus depuis qu'elle n'est plus assise à côté de camarades qui la distraient. En retirant cette source de distraction, on facilite le comportement que l'on souhaite voir se maintenir.

📌 Punition négative : on retire quelque chose pour diminuer un comportement.

Exemple : Léa monopolise le ballon à la récréation et empêche les autres de jouer. Le ballon lui est retiré pendant quelques minutes.

📌 Punition positive : on ajoute quelque chose pour diminuer un comportement.

Exemple : après avoir volontairement renversé les jeux de la classe, Léa devra participer au rangement et compléter une courte fiche de réflexion avec l'enseignant. On ajoute une conséquence dans le but de voir ce comportement disparaître.

Finalement, lorsque deux personnes parlent de punition, elles ne parlent pas forcément de la même chose.

👉 Les parents utilisent le mot dans son sens courant.
👉 L'Éducation nationale privilégie la notion de sanction éducative.
👉 Les TCC utilisent un vocabulaire scientifique qui décrit simplement l'effet recherché sur un comportement.

💬 Et vous, avez-vous déjà réfléchi à la différence entre sanction et punition ?

🥵 Canicule : comment occuper les enfants sans s'épuiser ? Que vous soyez enseignant avec une classe surchauffée ou paren...
27/06/2026

🥵 Canicule : comment occuper les enfants sans s'épuiser ?

Que vous soyez enseignant avec une classe surchauffée ou parent coincé à la maison pendant les fortes chaleurs, le principe est le même : en période de canicule, tout le monde est moins disponible. Les enfants sont plus vite irritables, se déconcentrent facilement… et les adultes aussi soyons honnêtes.

Dans ces moments-là, je pense qu’il est bon d’adapter nos modalités d’enseignement. Je cherche les activités qui nous demandent le moins d'énergie… tout en gardant les enfants réellement engagés. Mon critère n°1 : une activité que les enfants peuvent comprendre en moins de deux minutes et réaliser en grande partie sans solliciter l'adulte.

Voici celles qui me sauvent chaque année.

🎲 Jeux de société

• Dobble
• Time's Up Kids
• les tangrams ;
• les pavages ;
• les puzzles ;

Les règles sont simples, les enfants les connaissent souvent déjà. Les parties sont courtes et les enfants deviennent rapidement autonomes.

➗ Mathématiques

C'est le moment de sortir les dernières séances qu'on n'a jamais le temps de faire comme ce qu'on trouve dans le manuel "haut les maths" ou dans "maths explicites"
J'aime beaucoup :
• les Sudoku adaptés au niveau ;
• les « Quel nombre suis-je ? » avec des indices sur les centaines, dizaines et unités ;
• les programmes de construction en géométrie ;
• les additions à trous avec des formes à retrouver ;
• les problèmes-énigmes ;
• les suites logiques.

Les élèves ont l'impression de jouer alors qu'ils continuent à raisonner.

📖 Français

Compréhension :
• les « Qui suis-je ? » façon Questions pour un champion ;

Production d'écrit :
• des textes à trous où certains sons ont été "grignotés" ;
• une production d'écrit très guidée du style « décris ce que tu vois sur l’image »;

Lecture :
• des lectures-enquêtes ;
• des cherche et trouve dans des albums, ou tout simplement un "Où est Charlie ?" emprunté à la bibliothèque.
Ps : la fausse bonne idée : le silence on lit. Sauf si le rituel est déjà bien intégré dans la classe, si vous ne cadrez pas suffisamment ce moment vous vous exposez à des bavardages entre élèves et avec l'irritabilité liée à la chaleur, des disputes en perspectives.

🎨 Arts plastiques

Quand il fait très chaud, j'évite tout ce qui demande de sortir de la peinture ou un gros nettoyage.

En revanche :
• Pixel Art ;
• les reproductions sur quadrillage ;
• Perles à enfiler ;
• Coloriages géométriques;

fonctionnent très bien et installent rapidement une ambiance calme.

💡 Mon organisation préférée ?

Des ateliers tournants de 20 minutes. J'essaie de préparer tout le matériel avant l'arrivée des élèves et de privilégier des activités auto-correctives lorsque c'est possible. Plus les enfants peuvent avancer seuls, plus l'ambiance reste sereine. On alterne les ateliers, on fait une pause pour boire un verre d'eau, on passe un petit coup de brumisateur si besoin… et, avec 8 ateliers dans la journée, on occupe facilement près de 3 heures dans une ambiance beaucoup plus calme.

La canicule n'est pas le moment où l'on fera les apprentissages les plus ambitieux. En revanche, c'est un excellent moment pour développer l'autonomie, maintenir les élèves en activité… et préserver l'énergie de tout le monde.

Et vous, quelles sont vos activités "anti-canicule" qui fonctionnent à tous les coups ? 🌡️

Avec mes élèves (mais la question se pose tout autant lorsqu'on est parent), j'ai souvent été confrontée à des comportem...
20/06/2026

Avec mes élèves (mais la question se pose tout autant lorsqu'on est parent), j'ai souvent été confrontée à des comportements auxquels je ne savais pas répondre intuitivement.

Faut-il sanctionner ? Expliquer ? Ignorer ? Réparer ? Retirer un privilège ?

Comme beaucoup d'adultes, je me suis demandé ce qui fonctionnait réellement pour aider un enfant à progresser. Je me suis même demandé s'il existait une sorte d'arbre décisionnel créé par les professionnels de la psychologie de l'enfant et des sciences de l'éducation.

Et bien, en quelque sorte, oui !

Voici ce que je retiens principalement de deux ouvrages qui ont beaucoup influencé ma pratique : L'enseignement explicite des comportements de Steve Bissonnette, que je considère comme une référence en gestion de classe, et Accompagner les parents d'enfants ayant un TDAH de Nathalie Franc, qui présente les principes de la guidance parentale. Même si ce dernier ouvrage est centré sur le TDAH, les principes présentés sont largement utiles pour de nombreux enfants.

🟢 1. Renforcer ce que l'on veut voir davantage

C'est probablement l'outil le plus puissant... et souvent le moins utilisé.

Notre réflexe d'adulte est souvent :

➡️ Bêtise = sanction.

Pourtant, dans certains cas (notamment lorsque l'enfant cherche avant tout à obtenir de l'attention), les spécialistes recommandent parfois de ne pas accorder trop d'attention à certains comportements mineurs et de concentrer davantage son énergie sur les comportements que l'on souhaite voir apparaître.

Concrètement :

1️⃣ Enseigner explicitement le comportement attendu.

Et quand je dis « enseigner », je veux dire le décomposer étape par étape comme si l'enfant devait apprendre une compétence totalement nouvelle.

2️⃣ Féliciter et encourager chaque tentative de mettre ce comportement en pratique.

Même si ce n'est pas parfait.

Même si cinq minutes plus t**d l'enfant fait autre chose de travers.

Cela paraît simple, mais c'est souvent l'étape la plus oubliée.

Une chose qui m'a beaucoup marquée dans ma pratique : il y a presque toujours quelque chose à valoriser.

J'ai déjà félicité un élève simplement parce qu'il avait ouvert son cahier sans protester. Un autre parce qu'il était entré calmement dans la classe. Cela peut paraître minuscule, mais c'est souvent ainsi que commencent les changements.

Si vous avez l'impression qu'il n'y a rien à féliciter, essayez pendant une journée entière de repérer tout ce que l'enfant ne fait pas de problématique. Vous serez souvent surpris du nombre d'occasions qui apparaissent.

Maintenant, parlons de ce que l'on fait lorsque le comportement problématique se produit réellement.

Dans ma tête, je distingue deux catégories :

🔸 Les comportements qui portent atteinte à la sécurité, au respect des personnes ou au cadre collectif (frapper, insulter, voler, dégrader volontairement, etc.).

🔸 Les comportements moins graves du quotidien (courir partout, ne pas écouter immédiatement, bavarder, oublier une consigne, etc.).

Pour les premiers, on aura souvent besoin d'aller jusqu'aux étapes 3 voire 4.

Pour les seconds, l'étape 2 suffit très souvent.

Et si vous savez que l'enfant cherche principalement à attirer l'attention, ignorer certaines petites provocations peut parfois être plus efficace que de réagir systématiquement. C'est souvent contre-intuitif... et honnêtement très difficile à faire !

🟡 2. S'opposer verbalement et réenseigner la règle

Steve Bissonnette explique qu'il vaut généralement mieux intervenir que ne rien faire.

La première conséquence est souvent simplement de montrer clairement son désaccord :

« Stop. Ce n'est pas acceptable. »

Puis de rappeler ou réenseigner la règle attendue.

Les enfants ont besoin de nombreuses répétitions avant qu'une règle soit réellement intégrée. Ce n'est pas parce qu'ils l'ont entendue une fois qu'ils sont capables de l'appliquer dans toutes les situations.

🟠 3. Réparer (immédiatement ou plus t**d si nécessaire)

Une question simple peut guider cette étape :

➡️ « Comment réparer ? »

Parfois c'est évident :

nettoyer ce qui a été sali ;
ranger ce qui a été dérangé ;
remplacer ce qui a été cassé.

Parfois c'est plus compliqué.

Comment réparer une insulte ? Une humiliation ? Une dispute ?

On demande souvent à l'enfant de présenter ses excuses, mais lorsque celles-ci sont imposées sous le coup de la colère, elles sont rarement sincères et ont parfois peu d'effet.

Dans certains cas, une action réparatrice est plus utile : rendre service, aider le groupe, ou réfléchir réellement à ce qui s'est passé.

Personnellement, j'utilise parfois une fiche de réflexion qui permet à l'enfant de revenir sur :

ce qu'il a ressenti ;
ce que les autres ont pu ressentir ;
la règle qui a été transgressée ;
ce qu'il aurait pu faire autrement.

L'objectif n'est plus de « faire payer ».

L'objectif est de permettre à l'enfant de réintégrer le groupe avec dignité tout en comprenant que ses actes ont des conséquences.

🔴 4. Retirer temporairement un privilège

Lorsque les étapes précédentes ne suffisent pas ou lorsque le comportement est particulièrement sérieux, une autre conséquence peut être nécessaire.

Par exemple :

perte temporaire d'un privilège ;
confiscation d'un objet ;
restriction d'un accès à une activité appréciée.

Cette stratégie arrive en dernier dans la hiérarchie car elle enseigne moins directement le comportement attendu que les étapes précédentes. Pourtant, c'est souvent celle que nous utilisons en premier par réflexe.

Chez certains enfants, notamment ceux présentant un TDAH, son efficacité est souvent limitée lorsqu'elle est trop fréquente ou trop éloignée dans le temps du comportement concerné.

Et vous, quelle est la dernière chose que votre enfant (ou l'un de vos élèves) a faite aujourd'hui et que vous pourriez prendre le temps de récompenser ?

Pourquoi cet enfant « me répond » ?Derrière ce qu’on pense être de la provocation se cache parfois un besoin de gagner e...
13/06/2026

Pourquoi cet enfant « me répond » ?

Derrière ce qu’on pense être de la provocation se cache parfois un besoin de gagner en autonomie ou de reprendre du contrôle sur ce qui lui arrive.

On entend souvent des adultes dire :

👉 « Il veut toujours décider. »
👉 « Il négocie tout. »
👉 « Elle refuse dès qu'on lui impose quelque chose. »
👉 « Il faut tout lui expliquer à l'avance. »

Ces comportements peuvent donner l'impression que l'enfant cherche à provoquer ou à s'opposer.

Mais parfois, il se passe autre chose.

Lorsqu'un enfant se sent inquiet, stressé ou en insécurité, il peut chercher à reprendre du contrôle sur ce qu'il peut maîtriser.

Choisir ses vêtements. Décider de l'ordre des devoirs. Négocier l'heure de la do**he. Refuser un changement de programme.

Le sujet du conflit n'est pas toujours le vrai problème.

Parfois, derrière le besoin de contrôle se cache surtout un besoin de sécurité.

On peut par exemple observer cela chez des enfants qui traversent une période difficile, vivent des tensions à l'école, subissent du harcèlement, présentent une forte anxiété ou ont simplement du mal à gérer l'imprévu.

Bien sûr, cela ne signifie pas qu'il faut tout laisser passer ou que l'enfant doit décider de tout.

Mais comprendre ce qui se joue derrière certains comportements permet parfois d'y répondre différemment.

Par exemple :

✔️ Donner un choix lorsque c'est possible (proposer deux options acceptables pour l'adulte tout en laissant une marge de décision à l'enfant).

✔️ Prévenir les changements à l'avance (agenda visuel, timer, emploi du temps...).

✔️ Expliquer le sens d'une règle (une ou deux fois : expliquer n'est pas se justifier indéfiniment).

✔️ Maintenir un cadre clair tout en accueillant les émotions (« Je comprends que tu sois en colère. Pour autant, nous allons quand même faire comme prévu. »).

Et vous, comment gérez-vous ses refus catégoriques ?

Une idée reçue en psychologie :« Il faut toujours encourager les émotions de nos enfants. »Et bien ce n'est pas tout à f...
03/06/2026

Une idée reçue en psychologie :

« Il faut toujours encourager les émotions de nos enfants. »

Et bien ce n'est pas tout à fait ce que dit la thérapie centrée sur les émotions (TCE).

La TCE distingue plusieurs types d'émotions :

👉 Les émotions primaires adaptatives : elles apparaissent directement en réponse à une situation et apportent une information utile sur nos besoins.

👉 Les émotions primaires maladaptatives : elles sont disproportionnées ou peu cohérentes avec la situation actuelle, souvent en lien avec des expériences passées.

👉 Les émotions secondaires : elles apparaissent en réaction à une autre émotion et peuvent la masquer.

👉 Les émotions instrumentales : elles sont exprimées dans le but d'obtenir quelque chose d'une autre personne.

La TCE invite à reconnaître et nommer toutes les émotions.

En revanche, ce sont surtout les émotions primaires adaptatives qu'elle encourage à exprimer pleinement, car elles apportent une information utile sur nos besoins et permettent à l'émotion d'aller au bout de son processus naturel.

La question n'est donc pas seulement :

👉 « Que ressent mon enfant ? »

Mais aussi :

👉 « Quel type d'émotion est-il en train de vivre ? »

🎯 Petit jeu : selon vous, quel type d'émotion est le plus probable dans chacune de ces situations ?

1️⃣ Votre enfant de 6 ans éclate en sanglots parce que son château de Lego s'est effondré.

2️⃣ Votre fille de 14 ans rentre du collège en claquant la porte et répond agressivement à tout le monde après avoir été mise à l'écart par son groupe d'amies.

3️⃣ Votre fils de 15 ans affirme qu'il « s'en fiche complètement » d'avoir raté sa présentation orale, mais refuse d'en reparler et s'enferme dans sa chambre.

4️⃣ Au supermarché, votre enfant de 5 ans se met à pleurer très fort parce que vous refusez de lui acheter un paquet de bonbons.

5️⃣ Votre adolescent de 16 ans se met très en colère lorsque vous lui demandez simplement comment s'est passée sa journée.

👇 Réponses

1️⃣ Le chagrin de l'enfant devant son château détruit est probablement une émotion primaire adaptative : il a perdu quelque chose auquel il tenait.

2️⃣ La colère de l'adolescente peut être une émotion secondaire qui masque une émotion plus douloureuse, comme la tristesse, la honte ou le sentiment de rejet.

3️⃣ Le « je m'en fiche » peut cacher de la déception, de la honte ou la peur d'être jugé. Il s'agit souvent d'une émotion secondaire qui protège une émotion plus vulnérable.

4️⃣ Les pleurs dans le magasin peuvent avoir une fonction instrumentale : ils visent à obtenir quelque chose de l'adulte, ici le paquet de bonbons.

5️⃣ La colère de l'adolescent peut masquer de l'anxiété, une déception, un sentiment d'échec ou une difficulté vécue dans la journée. Il peut donc s'agir d'une émotion secondaire.

Bien sûr, sans connaître précisément chaque situation, il est impossible d'être catégorique. L'objectif n'est pas de poser un diagnostic à distance mais de découvrir qu'il existe plusieurs types d'émotions, qui ne jouent pas toutes le même rôle.

📚 Sources :

Cet article est un contenu de vulgarisation en psychologie.

Pour approfondir :

La psychothérapie centrée sur les émotions – Ueli Kramer et Emna Ragama, Elsevier.

« Est-ce normal que ma fille porte du rouge à lèvres à 14 ans ? »Je vois souvent des parents se demander si le comportem...
30/05/2026

« Est-ce normal que ma fille porte du rouge à lèvres à 14 ans ? »

Je vois souvent des parents se demander si le comportement de leur ado est "normal".

Et je me demande parfois si c'est vraiment la bonne question.

Souvent, certaines limites viennent de notre propre éducation :

« Chez nous, ça ne se faisait pas. »

Ou alors elles viennent de nos peurs :

« Et s'il lui arrivait quelque chose ? »

Avant d'interdire ou d'entrer dans un conflit, il peut être utile de se poser trois questions :

👉 Mon adolescent est-il réellement en danger ?

👉 Quel est le risque concret et quelle est sa probabilité ?

👉 Quel besoin cherche-t-il à satisfaire à travers ce comportement ?

Prenons l'exemple d'une adolescente qui veut porter du rouge à lèvres.

Derrière ce choix, il peut y avoir un besoin d'autonomie, d'affirmation de soi ou simplement l'envie d'expérimenter.

À partir de là, plusieurs options existent :

• accepter ;
• proposer un compromis ;
• fixer une limite claire si le risque est réellement important.

L'adolescence est une période où les jeunes testent, expérimentent et construisent leur identité.

Cela ne veut pas dire qu'il ne faut plus poser de limites.

Mais peut-être que toutes les limites n'ont pas la même importance.

Parfois, préserver son énergie pour quelques règles vraiment essentielles permet d'être plus ferme... là où cela compte vraiment.

Et vous, quelle est la règle qui vous semble aujourd'hui non négociable à la maison ?

Aujourd’hui, j’ai été confrontée à une personne violente physiquement et verbalement dans un lieu accueillant du public....
20/05/2026

Aujourd’hui, j’ai été confrontée à une personne violente physiquement et verbalement dans un lieu accueillant du public.

Et cela m’a rappelé quelque chose d’important :

Quand une personne est en crise émotionnelle intense, vouloir “prendre le dessus” aggrave souvent la situation.

C’est vrai chez les adultes…
Et très souvent aussi chez les adolescents en grande détresse émotionnelle.

Beaucoup de parents me disent :
👉 “Je ne sais plus comment réagir quand mon ado explose.”
👉 “Si je suis trop ferme, ça part en crise.”
👉 “Si je lâche, il prend toute la place.”
👉 “J’ai l’impression de marcher sur des œufs.”

Et sur les groupes Facebook, je vois que beaucoup de parents cherchent quelles approches fonctionnent le mieux.

En réalité, plusieurs approches peuvent aider… mais elles ne répondent pas exactement aux mêmes situations.

🔹 Le programme Barkley
Particulièrement utile lorsque :

l’enfant/l’ado présente beaucoup d’impulsivité,
des difficultés attentionnelles,
un besoin de cadre très concret,
des oppositions du quotidien.

Le principe :
✔ règles claires
✔ conséquences prévisibles
✔ constance
✔ renforcement positif
✔ pas de longues négociations émotionnelles en pleine crise

Le programme Barkley aide surtout les familles épuisées par le chaos quotidien, l’impulsivité ou les conflits répétés autour des règles.

🔹 Le RNV (Résistance Non Violente)
Souvent très utile quand :

les conflits deviennent explosifs,
les rapports de force s’installent,
les parents ont peur des crises,
ou au contraire entrent eux-mêmes dans l’escalade émotionnelle.

Le principe :
✔ rester présent sans escalader
✔ ne pas répondre à la provocation par la provocation
✔ tenir une limite ferme sans humiliation
✔ sortir du combat “qui gagne ?”

Le RNV est particulièrement intéressant avec les ados très opposants, agressifs ou dans des relations familiales devenues extrêmement tendues.

🔹 Les approches centrées sur la régulation émotionnelle
Elles sont souvent utiles lorsque les crises sont fortement liées :

à l’anxiété,
au harcèlement,
à la honte,
au trauma,
à l’hypersensibilité,
ou à une très forte surcharge émotionnelle.

Le principe :
✔ comprendre l’état émotionnel avant de chercher à corriger le comportement
✔ aider l’ado à retrouver un état émotionnel plus stable
✔ réduire l’escalade physiologique et émotionnelle
✔ garder le lien même quand on pose des limites

Ces approches sont souvent très pertinentes chez les adolescents anxieux, hypersensibles, en phobie scolaire ou en souffrance psychique importante.

⚠️ Et surtout :
Aucune approche éducative ou thérapeutique ne remplace la sécurité.

Quand il y a :

violences physiques,
menaces graves,
mise en danger,
destruction importante,
ou impossibilité de sécuriser la situation,

il est important de demander de l’aide.

📞 17 : Police / Gendarmerie
📞 15 : SAMU si crise psychiatrique sévère ou danger immédiat
📞 3114 : numéro national de prévention du su***de et de la détresse psychique

Vous n’êtes pas un “mauvais parent” si vous appelez à l’aide.

Au contraire :
vous êtes peut-être le parent qui a réussi à protéger tout le monde avant que la situation ne devienne encore plus grave.

Adresse

Saint-Denis
93200

Heures d'ouverture

Jeudi 18:00 - 20:00
Dimanche 09:00 - 20:00

Notifications

Soyez le premier à savoir et laissez-nous vous envoyer un courriel lorsque Aurélie Frisina - TCC publie des nouvelles et des promotions. Votre adresse e-mail ne sera pas utilisée à d'autres fins, et vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Raccourcis

Partager