17/06/2026
Les îlots solidaires : épisode 10-11-12/44. îles Trohennec, de la Pointe et aux Oiseaux.
Le jeudi 28 juin 2026.
Vous vous rappelez cette semaine de grosses chaleurs ( un peu comme ces derniers jours d’ailleurs …) ?
Moi, je bossais sur l’eau et ma seule envie était de me baigner.
J’aurais pu sauter de mon bateau pendant que ma flotte tentait de naviguer dans la pétole, mais non. J’avais envie d’être plus longtemps dans l’eau. D’être entourée, d’y rester, de glisser, de me laisser porter. Lascivement aussi. Sans contrainte de temps ou autre.
Alors, ce soir-là, je suis allée sur St-Colombier et j’ai fait les petits îlots qui sont en face.
De la logistique : le kayak solo, la bouée, la combi, masque, etc.
Dans ce coin-là, un peu secret, un peu discret, magnifique au coucher du soleil, j’ai mis la 4mm de Décathlon ( première fois que j’allais nager avec ! ). 18h30.
La chaleur rendait l’eau trouble. Ça m’a rappelé les Tropiques. Un vrai bouillon de culture sur ce sol plus vaseux que sableux.
Visibilité ? Quasi-nulle.
Le vent qu’on avait attendu toute la journée se levait seulement maintenant,
en thermique du soir !! Ouest-Sud-Ouest, assez fort pour dessiner des vaguelettes dans ce fond de Golfe.
J’ai commencé par l’île Trohennec ; m’emmêlant à souhait dans le varech.
Ensuite, j’avais le choix entre l’île aux Oiseaux ou l’île de la Pointe. Mais si j’allais d’abord à l’île aux Oiseaux qui était face au vent, je savais que l’effort me dissuaderait de faire la 3ème…
Alors je suis partie poussée par le vent vers l’île de la Pointe.
Il y avait trois cygnes en face de l’Etang de Ludré. Ils me regardaient approcher du coin de l’oeil.
Même si j’essayais de venir le plus doucement possible j’étais quand même un gros point rouge grossissant et porté par le vent. Ils ont fini par s’envoler ...
Je dérangeais et je m’en voulais de troubler leur quiétude. Devais-je revenir en plein hiver ? Il y aurait les migrateurs hivernants ; et eux c’est plus grave s’ils s’envolent en plein hiver : moins de nourriture, plus dur de survivre. Donc à cette période, c’est un moindre mal ...
Je fis le tour de l’île de la Pointe en partant côté vent. A nouveau zéro visibilité côté vent et beaucoup d’algues qui m’obligèrent à m’écarter franchement de l’île.
Je repris mon kayak, et comme je me sentais suffisamment en forme, je mis le cap sur l’île aux Oeufs. En plein face au vent et face aux vagues. Le soleil rendait malgré tout la température agréable.
Un autre kayak avait lui aussi pris cette direction. On voyait les oiseaux nombreux sur cette île. Elle portait bien son nom.
Tout le long du trajet je me mis à réfléchir à la légitimité qu’on avait (ou qu’on prenait…) nous, les humains, à déranger les animaux dans leur habitat naturel.
Je regardai la Presqu’île. Des maisons partout entre les arbres et les champs. Fini les « grands » espaces sauvages. Cet îlot était, comme les autres îles du Golfe, un des derniers espaces où ils pouvaient être chez eux.
Et moi je venais tout près en faire le tour… Pas terrible ...
Deux choix :
- trouver une zone libre d’oiseaux et y laisser mon kayak sans les perturber pour nager ;
ou -nager en tirant mon kayak derrière moi.
Pas facile face au vent … surtout que j’avais bien ramé, déjà nagé et qu’il fallait aussi penser au retour.
Par chance, comme sur les autres îlots, une langue de sable caillouteuse se dégageait à marée descendante. Et il n’y avait pas d’oiseaux qui préféraient rester près de leur nid.
Je posais mon kayak et mis à l’eau sous l’oeil attentif et les cris des goélands.
Je vis un crâne d’oiseau sous l’eau. Et puis, huîtres, algues, sable, etc. L’eau était plus fraîche ici donc avec plus de visibilité. Je sentais aussi que c’était plus brassé que les autres îlots.
Je me tenais à bonne distance de l’île et de ses oiseaux mais ça n’empêchait pas certains de venir survoler ce drôle de truc noir flottant qui gesticulait dans l’eau (moi).
Fin du tour.
Les oiseaux étaient plus calmes. Ils avaient sans doute compris que je ne débarquerai pas et s’accommodaient de ma présence autour de leur île.
Le vent commençât à baisser tandis que je rentrais. Les couleurs du couchant étaient magnifiques ...
Il était 20h40 ; cela faisait plus de 2 heures que j’étais partie.
Je remerciais les oiseaux de m’avoir laissé passer.
TOTAL KM présumés en nage : 1,5km.
Merci de soutenir les enfants qui luttent contre le cancer en achetant les îles nagées
https://www.helloasso.com/associations/laouen-ar-vugale/formulaires/5
Chloé