Bouger c'est résister

Bouger c'est résister La sédentarité tue (à petit feu). Nous avons à réapprendre à bouger, à respirer, à aimer. C'est essentiel et vital.

A l'heure où des armées de robots sont en train d'apprendre à marcher, à courir, à sauter, les humains sont de plus en plus déconditionnés.

J'ai été un enfant fatigué, un adulte fatigué, chronique. Pas fatigué d'avoir trop joué ou trop couru. Fatigué d'un stre...
30/06/2026

J'ai été un enfant fatigué, un adulte fatigué, chronique. Pas fatigué d'avoir trop joué ou trop couru. Fatigué d'un stress que je ne savais pas nommer, sans doute logé dans le corps depuis trop longtemps pour que je m'en souvienne autrement. Cette fatigue-là, je l'ai traînée sans la voir.

Et comme beaucoup, j'ai construit ma vie autour d'elle plutôt que contre elle. Des heures d'écrans, des heures de jeux vidéo, refuge facile quand le cerveau croit que le monde est dangereux, ce que le stress chronique envoie comme message. Puis un métier choisi presque logiquement dans cette continuité : monteur son et image, des journées entières assis devant un écran, à composer le mouvement des autres sans jamais bouger moi-même, à filmer la vie des autres sans vraiment vivre la mienne.

Il m'a fallu du temps pour comprendre une chose simple, presque bête à dire : mon corps avait un besoin immense de bouger. Une carence. Et cela se faisait sentir de plus en plus douloureusement.

Alors j'ai commencé par danser, avec Les Neuf Souffles - Langage du Corps - Movement Medicine. Et j'ai cherché une autre voie professionnelle plus proche du corps, avec le massage, mais cela manquait encore de mouvement. Je me suis alors formé à l'activité physique adaptée, et j'ai eu le bonheur de pouvoir faire du mouvement non plus un loisir du dimanche mais un métier, une pédagogie, presque une cause. Quelle ironie, pour un fils de prof d'EPS, de s'éveiller à l'importance du mouvement à plus de 35 années de vie !

Récemment, en cherchant à mieux comprendre ce que j'avais vécu, j'ai découvert que je n'étais ni seul ni fou. Yvonne Berge écrivait déjà en 1975 que privés de mouvement, nos muscles n'aident plus l'esprit à se défatiguer, et que cette énergie sans exutoire se retourne soit en agressivité, soit en résignation. Alexandre Dana et Victor Fersing, dans « La Chaise tue », vont plus loin et osent le mot : bouger est devenu, dans un monde qui profite de notre immobilité, un acte d'insoumission. Guillaume Millet, David Hupin et Baptiste Morel, dans « Défatiguez-vous », rappellent quant à eux que se reposer ne suffit pas à réparer une fatigue installée — que c'est paradoxalement le mouvement qui défatigue.

Je trouve que le terme de soumission résonne bien avec celui d'immobilité, et que celui d'insoumission résonne avec celui de mouvement libre. Il suffit de penser aux chevaux sauvages. L'espèce humaine, pourtant libre il y a plusieurs millénaires encore, s'est laissée domestiquer ou s'est auto-domestiquée, tout comme elle a domestiqué les animaux qui l'entourent.

Le terme d'insoumission fait évidemment référence, pour le citoyen engagé auprès du mouvement insoumis que je suis, à une dimension plus politique, pas forcément partisane ou électoraliste mais politique dans le sens noble du terme.

Il dit que ceux qui ont le capital financier et culturel prennent depuis longtemps soin de maintenir les populations dans une forme de domination et voient d'un mauvais œil les mouvements sociaux ou les mouvements politiques qui remettent en question leur domination et leurs privilèges. C'est ainsi que le corps est éminemment politique et qu'il est difficile de considérer qu'une révolution puisse se faire uniquement sur internet.

Parce que voilà ce que je crois : un peuple fatigué est un peuple docile. Quand le corps n'a plus d'énergie, l'esprit non plus n'en a pour s'indigner, pour penser, pour s'organiser, pour tenir dans la durée d'un engagement. Et ce n'est pas un hasard si tant d'industries du divertissement et de l'information prospèrent précisément sur cet épuisement-là.

Mais ce que Boris Cheval et Matthieu Boisgontier expliquent dans « Le syndrome du paresseux », c'est que le peu d'appétence à l'effort physique qui caractérise notre société moderne vient aussi d'une partie de notre cerveau qui s'est construite ancestralement dans la nécessité d'économiser de l'énergie, donc de faire moins d'efforts. Le système n'a donc pas créé la pulsion sédentaire : il l'exploite et l'amplifie.

Reprendre son énergie, retrouver le goût du mouvement, ce n'est donc pas qu'une affaire de santé personnelle. Car de l'énergie nous en avons grand besoin, notamment pour se redonner les moyens d'agir, de penser, de tenir debout face aux enjeux immenses de ce siècle, inventer d'autres modes de vie, de production, de consommation, réorganiser un pays entier, le tout en gérant notre vie personnelle, familiale et professionnelle !

Ce qui est encourageant, c'est que cela passe par une reprise du contrôle de notre cerveau — donc une résistance qui ne nous condamne pas à l'impuissance mais qu'il s'agit de conscientiser.

Et l'activité physique régulière est justement la meilleure manière de protéger notre cerveau, notamment via la BDNF. Nous en reparlerons.

Michaël

Photo : Isadora Duncan

En 2008 déjà, alors que je sortais d'école de cinéma et que je n'avais aucune expérience professionnelle sérieuse, je m'...
21/06/2026

En 2008 déjà, alors que je sortais d'école de cinéma et que je n'avais aucune expérience professionnelle sérieuse, je m'étais lancé dans ce premier projet de film essai documentaire : Danse et Résonance.

Aujourd'hui, après un parcours touche à tout, dispersé, mais traversé par un fil conducteur et une intuition permanente que "le mouvement c'est la vie", je reste persuadé que quand le corps se fige, que le burn out se pointe et que la tête surchauffe, provoquant son lot de malheur et de mal-être, il ne reste souvent qu'une seule chose à faire : bouger, trouver son rythme, marcher, lâcher la bride à ce corps tenu en laisse depuis l'enfance, et bien sûr danser.

Je vous redonne ce film en visionnage libre : https://youtu.be/jw8eCamVhFE

Bien sûr il est à remettre dans le contexte de l'amateurisme qui me caractérisait dans le champ audiovisuel. Ne soyez pas trop dur avec moi sur l'écriture. J'aimerai que vous ne reteniez que le message de fond, et que vous m'en disiez en commentaire ce que vous avez ressenti.

Bien à vous
Michael

« Danse & Résonances » est un film essai documentaire co-réalisé pa...

Je ne saurais que trop vous recommander de placer un stage avec Nicolas Bernard et Anne Ena Bernard dans vos priorités p...
21/06/2026

Je ne saurais que trop vous recommander de placer un stage avec Nicolas Bernard et Anne Ena Bernard dans vos priorités pour 2026/2027 ;)

21/06/2026

J'ai croisé Laura Cottavoz en formation de danse libre et de fondamentaux du mouvement libre, au pays basque, avec Les Neuf Souffles notamment. Elle est devenue DJ par la suite et anime des soirées d'ecstatic dance. Je suis très admiratif de son parcours et je vous souhaite de mettre les pieds sur son dance floor un jour 😉

Bravo pour ton passage sur Sud Radio !

20/06/2026

Cela fait des heures que je suis assis. Je sens que mon corps souffre, que mon diaphragme est tendu, que mes cellules sont sous-oxygénées, mes muscles en dette énergétique, mon corps est tendu et mon esprit est embrumé. Je sais qu'il faut que je bouge et pourtant je me laisse attrapé, plusieurs minutes encore, plusieurs dizaines de minutes encore, par les réseaux sociaux, par des vidéos, des idées de recherche, des mails à écrire. Je regarde dehors et il fait beau. Mais je ne bouge pas, pas encore. Je tolère l'intolérable. J'inflige un mauvais traitement à mon corps. Puis, enfin, je finis par prendre la décision de me lever et agir pour répondre à mon besoin.

Si tu te reconnais dans cette scène, lis la suite, tu pourras y trouver des ressources qui t'aideront.

Mon corps est fatigué, stressé, je commence par m'allonger au sol. J'ai toujours tenu à avoir un grand tapis et un grand espace au sol pour m'allonger, rouler, m'étaler, parfois avec des balles de massages sous le dos (un must). Je respire allongé, j'attends. Je donne des vacances à mon corps, je commence par NE RIEN FAIRE.

Puis je sautille, je m'étire, je bouge, je danse, j'écoute les parties du corps qui ont besoin de se mouvoir, de s'allonger. Et souvent je me fais aussi une séance de respiration active.

En 10 à 15 minutes ça va déjà beaucoup mieux. Mon corps respire, le bien-être se réinstalle, la pression redescend, l'anxiété aussi.

Malheureusement le temps passé assis (ou allongé la nuit), immobile, en moyenne sur une semaine restera encore bien supérieur au temps de mouvement apporté au corps.

Il faudra mettre en place une routine, des habitudes, et trouver du plaisir pour nourrir une plus grande motivation à pratiquer ce qui nourrit le corps plutôt qu'à faire des choses qui l'épuisent.

Les robots sont en train d'apprendre à marcher et leur activité cognitive (pensée) est déjà supérieure. Et nous sommes en train de désapprendre à bouger, donc à penser moins bien. Nos cellules se dégradent, les maladies chroniques explosent.

Réfléchissez-y la prochaine fois que vous passerez du temps devant un écran.

La vigueur entraîne la vigueur !
04/04/2026

La vigueur entraîne la vigueur !

Bonjour, Voici une série d'exercices à réaliser à la maison avec un gros ballon (swiss ball). L'article est bien fait av...
22/03/2026

Bonjour,

Voici une série d'exercices à réaliser à la maison avec un gros ballon (swiss ball). L'article est bien fait avec de bonnes explications, vous apprendrez sûrement des choses intéressantes et les mouvements restent globalement accessibles.

Attention à ne pas prendre de risques trop grands, prenez le temps de sentir quels mouvement vous appellent en priorité et vérifier bien votre posture. N'hésitez pas à utiliser un bâton pour vous stabiliser si besoin !

Ces 23 exercices avec ballon de gym n'entraînent pas une augmentation du volume musculaire mais permettent de gagner en TONICITÉ ou en EXPLOSIVITÉ

01/02/2026

De 20 à 80 ans, vous perdez 50 % de votre masse musculaire.
Avec dès 40 ans environ 0,5 % de perte par an, et après 75 ans, 2 à 4% 👇

Ça bien sûr c’est si vous ne faites rien.

Car ce n’est pas l’âge le problème. C’est l’inactivité.

On a longtemps raconté que “c’est normal de perdre du muscle en vieillissant”.

En réalité, ce qui est “normal” aujourd’hui, c’est surtout :
- De passer 8h assis par jour,
- De bouger très peu,
- Et de ne jamais faire de vraie musculation.

Résultat :
- Vous perdez de la force,
- Vous avez du mal à vous lever d’une chaise,
- Vous n’osez plus porter vos courses,
- Vous commencez à avoir peur de tomber.

Mais j’ai une bonne nouvelle pour vous :
Le muscle reste entraînable… Tant qu’on est vivant.

Même à 70, 80, 90 ans, vous pouvez encore gagner de la force et donc l’autonomie.

Pas besoin de devenir bodybuilder.

Mais il faut envoyer un message clair à votre corps :
“Je vais encore avoir besoin de toi. Renforce-toi.”

Concrètement, ça veut dire quoi ?
✅ 2 à 3 séances de renforcement musculaire par semaine
✅ Des exercices simples : squats, fentes, tirages, pompes adaptées…
✅ Une progression douce mais régulière (un peu plus lourd, un peu plus de répétitions au fil des semaines)

Et surtout :
❌ Arrêter de se cacher derrière “j’ai plus l’âge”
✅ Commencer à se dire “j’ai justement l’âge de m’en occuper sérieusement”

Si vous voulez en apprendre davantage, écoutez ma conversation passionnante avec Flavio Bonnet, kinésithérapeute, formateur et spécialiste du muscle.

Lien de l'épisode :
https://open.spotify.com/episode/4Hafvt74gfLmSJPbyNDtQi?si=HY9GjIBNTVmc2opwE6kpdA

Prenez soin de vous.

Raph - kiné et ostéo

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