26/08/2026
" L'addiction n'est pas seulement un manque de volonté "
Dans nos familles gabonaises, beaucoup de personnes pensent encore qu'une personne souffrant d'addiction consomme parce qu'elle ne veut pas arrêter, qu'elle le fait exprès ou qu'elle est entrain de se perdre. Pourtant, la réalité est bien plus complexe.
Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), la dépendance aux substances psychoactives est reconnue comme un trouble de santé qui nécessite une prise en charge adaptée.
L'addiction est bel et bien une maladie.Elle modifie progressivement le fonctionnement du cerveau, notamment les circuits liés au plaisir, au stress, aux émotions et au contrôle des comportements.
Avec le temps, la consommation devient parfois un automatisme difficile à contrôler, même lorsque la personne connaît les conséquences sur sa santé, sa famille, son travail ou ses études.
Cela ne signifie pas que la personne n'a aucune responsabilité dans son addiction. Mais comprendre les mécanismes de l'addiction permet d'éviter le jugement, l'humiliation et certaines réactions qui aggravent la souffrance. En un mot : la stigmatisation.
En addictologie, aider ne signifie pas tout accepter. Cela signifie comprendre les mécanismes de l'addiction, poser un diagnostic à l'aide des différents outils d'évaluation et accompagner la personne vers le changement.
« Tu n'es pas seul(e), nous sommes là avec toi dans ce combat. » C'est ce que chaque personne en souffrance devrait ressentir pour qu'une véritable alliance thérapeutique puisse s'installer.
Le suivi, l'écoute, la compassion et la bienveillance, qu'ils viennent d'un pair aidant ou d'un professionnel de santé, sont les bases d'une bonne prise en charge.
Dire simplement « Arrête ! » ne suffit pas. Il faut aider.
Nos enfants, nos frères, nos sœurs, nos collègues, nos proches mènent parfois un combat silencieux, avec beaucoup de souffrance et le désir profond de reprendre le contrôle de leur vie. Aidons-les en leur offrant une prise en charge appropriée, dans le respect, l'écoute et sans jugement.
Parce que derrière une addiction, il y a avant tout
une personne, une histoire, une souffrance… et surtout un espoir. Avant de juger, apprenons à comprendre. »