17/09/2026
𝗟𝗔 𝗕𝗜𝗢𝗟𝗢𝗚𝗜𝗘 𝗠É𝗗𝗜𝗖𝗔𝗟𝗘 𝗡𝗘 𝗗𝗢𝗜𝗧 𝗣𝗔𝗦 Ê𝗧𝗥𝗘 𝗟𝗘 𝗣𝗢𝗜𝗡𝗧 𝗙𝗜𝗡𝗔𝗟 𝗗𝗘 𝗡𝗢𝗦 𝗔𝗠𝗕𝗜𝗧𝗜𝗢𝗡𝗦. 𝗘𝗟𝗟𝗘 𝗗𝗢𝗜𝗧 Ê𝗧𝗥𝗘 𝗟𝗘 𝗗É𝗕𝗨𝗧 𝗗𝗘 𝗡𝗢𝗦 𝗚𝗥𝗔𝗡𝗗𝗘𝗦 𝗗É𝗖𝗢𝗨𝗩𝗘𝗥𝗧𝗘𝗦.
Je vais être honnête : en tant que technicien de laboratoire, il y a une question qui me revient souvent.
𝗘𝗦𝗧-𝗖𝗘 𝗤𝗨𝗘 𝗡𝗢𝗨𝗦 𝗔𝗟𝗟𝗢𝗡𝗦 𝗖𝗢𝗡𝗧𝗜𝗡𝗨𝗘𝗥 À 𝗖𝗢𝗡𝗦𝗜𝗗É𝗥𝗘𝗥 𝗟𝗔 𝗕𝗜𝗢𝗟𝗢𝗚𝗜𝗘 𝗠É𝗗𝗜𝗖𝗔𝗟𝗘 𝗖𝗢𝗠𝗠𝗘 𝗨𝗡 𝗠É𝗧𝗜𝗘𝗥 𝗗𝗢𝗡𝗧 𝗟𝗔 𝗙𝗜𝗡𝗔𝗟𝗜𝗧É 𝗦𝗘 𝗟𝗜𝗠𝗜𝗧𝗘 À 𝗟𝗔 𝗥É𝗔𝗟𝗜𝗦𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗗𝗘𝗦 𝗘𝗫𝗔𝗠𝗘𝗡𝗦 𝗗𝗘 𝗥𝗢𝗨𝗧𝗜𝗡𝗘 ?
Chaque jour, nous manipulons des échantillons biologiques. Nous observons des anomalies, nous rencontrons des discordances, nous sommes confrontés à des difficultés diagnostiques. Et derrière tout cela, il y a des questions auxquelles la science doit pouvoir répondre.
Pourtant, dans nos réalités africaines, combien d’entre nous disposent réellement des moyens pour aller au-delà de l’exécution des examens ?
Je parle de laboratoires spécialisés, d’équipements adaptés, de plateformes de biologie moléculaire, de génétique, d’immunologie avancée. Je parle aussi de personnels suffisamment formés et d’un environnement qui permet de transformer une observation de laboratoire en véritable projet de recherche.
𝗟𝗘 𝗣𝗢𝗧𝗘𝗡𝗧𝗜𝗘𝗟 𝗘𝗫𝗜𝗦𝗧𝗘. 𝗠𝗔𝗜𝗦 𝗦𝗔𝗡𝗦 𝗟𝗘𝗦 𝗠𝗢𝗬𝗘𝗡𝗦, 𝗖𝗘 𝗣𝗢𝗧𝗘𝗡𝗧𝗜𝗘𝗟 𝗥𝗜𝗦𝗤𝗨𝗘 𝗗𝗘 𝗥𝗘𝗦𝗧𝗘𝗥 𝗘𝗡𝗙𝗘𝗥𝗠É 𝗗𝗔𝗡𝗦 𝗟𝗔 𝗥𝗢𝗨𝗧𝗜𝗡𝗘.
Et c’est précisément ce qui m’inquiète.
La biologie médicale a déjà contribué à des avancées majeures pour l’humanité : le développement des tests diagnostiques, la surveillance de la résistance aux antibiotiques, l’identification des agents infectieux et les progrès de la biologie moléculaire.
En Afrique aussi, des équipes scientifiques travaillent sur des problématiques qui nous concernent directement : le paludisme, le VIH, la drépanocytose et de nombreuses autres maladies.
𝗔𝗟𝗢𝗥𝗦, 𝗣𝗢𝗨𝗥𝗤𝗨𝗢𝗜 𝗡𝗘 𝗣𝗔𝗦 𝗡𝗢𝗨𝗦 𝗗𝗢𝗡𝗡𝗘𝗥 𝗗𝗔𝗩𝗔𝗡𝗧𝗔𝗚𝗘 𝗟𝗘𝗦 𝗠𝗢𝗬𝗘𝗡𝗦 𝗗𝗘 𝗙𝗔𝗜𝗥𝗘 𝗗𝗘 𝗟𝗔 𝗥𝗘𝗖𝗛𝗘𝗥𝗖𝗛𝗘 𝗖𝗛𝗘𝗭 𝗡𝗢𝗨𝗦 ?
Je ne veux pas que le biologiste médical guinéen soit uniquement celui qui réalise un examen conçu ailleurs, applique une procédure et délivre un résultat.
𝗝𝗘 𝗩𝗘𝗨𝗫 𝗤𝗨’𝗜𝗟 𝗣𝗨𝗜𝗦𝗦𝗘 𝗔𝗨𝗦𝗦𝗜 𝗣𝗢𝗦𝗘𝗥 𝗗𝗘𝗦 𝗤𝗨𝗘𝗦𝗧𝗜𝗢𝗡𝗦, 𝗖𝗢𝗡𝗗𝗨𝗜𝗥𝗘 𝗗𝗘𝗦 𝗥𝗘𝗖𝗛𝗘𝗥𝗖𝗛𝗘𝗦, 𝗣𝗔𝗥𝗧𝗜𝗖𝗜𝗣𝗘𝗥 À 𝗗𝗘𝗦 𝗗É𝗖𝗢𝗨𝗩𝗘𝗥𝗧𝗘𝗦 𝗘𝗧 𝗖𝗢𝗡𝗧𝗥𝗜𝗕𝗨𝗘𝗥 À 𝗗𝗘𝗦 𝗦𝗢𝗟𝗨𝗧𝗜𝗢𝗡𝗦 𝗔𝗗𝗔𝗣𝗧É𝗘𝗦 À 𝗡𝗢𝗦 𝗣𝗢𝗣𝗨𝗟𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡𝗦.
C’est pourquoi je pense que nos États doivent investir dans la création de laboratoires spécialisés au sein de nos universités, de nos CHU, de nos centres de recherche et de nos laboratoires de référence.
Pas uniquement pour réaliser des analyses plus poussées.
𝗠𝗔𝗜𝗦 𝗣𝗢𝗨𝗥 𝗖𝗥É𝗘𝗥 𝗨𝗡 𝗩É𝗥𝗜𝗧𝗔𝗕𝗟𝗘 É𝗖𝗢𝗦𝗬𝗦𝗧È𝗠𝗘 𝗦𝗖𝗜𝗘𝗡𝗧𝗜𝗙𝗜𝗤𝗨𝗘, 𝗢Ù 𝗟𝗘𝗦 𝗕𝗜𝗢𝗟𝗢𝗚𝗜𝗦𝗧𝗘𝗦, 𝗟𝗘𝗦 𝗠É𝗗𝗘𝗖𝗜𝗡𝗦, 𝗟𝗘𝗦 𝗖𝗛𝗘𝗥𝗖𝗛𝗘𝗨𝗥𝗦 𝗘𝗧 𝗟𝗘𝗦 𝗔𝗨𝗧𝗥𝗘𝗦 𝗦𝗣É𝗖𝗜𝗔𝗟𝗜𝗦𝗧𝗘𝗦 𝗣𝗘𝗨𝗩𝗘𝗡𝗧 𝗧𝗥𝗔𝗩𝗔𝗜𝗟𝗟𝗘𝗥 𝗘𝗡𝗦𝗘𝗠𝗕𝗟𝗘.
Imaginez un laboratoire où une difficulté rencontrée lors d’une analyse devient une question de recherche. Où un jeune biologiste peut être encadré par des chercheurs expérimentés. Où nos étudiants peuvent apprendre avec des technologies modernes. Où des collaborations nationales et internationales permettent de développer des solutions scientifiques qui répondent à nos propres besoins.
𝗖’𝗘𝗦𝗧 𝗖𝗘 𝗚𝗘𝗡𝗥𝗘 𝗗’𝗔𝗩𝗘𝗡𝗜𝗥 𝗤𝗨𝗘 𝗝𝗘 𝗩𝗢𝗨𝗗𝗥𝗔𝗜𝗦 𝗩𝗢𝗜𝗥 𝗣𝗢𝗨𝗥 𝗟𝗔 𝗕𝗜𝗢𝗟𝗢𝗚𝗜𝗘 𝗠É𝗗𝗜𝗖𝗔𝗟𝗘 𝗘𝗡 𝗚𝗨𝗜𝗡É𝗘.
Et je ne dis pas cela parce que nous devons abandonner les analyses de routine. Elles sont indispensables. Elles constituent la base de notre travail quotidien et de la prise en charge des patients.
Mais pourquoi devrions-nous nous arrêter là ?
𝗡𝗢𝗨𝗦 𝗔𝗩𝗢𝗡𝗦 𝗟𝗘 𝗗𝗥𝗢𝗜𝗧 𝗗𝗘 𝗩𝗢𝗨𝗟𝗢𝗜𝗥 𝗣𝗟𝗨𝗦. 𝗟𝗘 𝗗𝗥𝗢𝗜𝗧 𝗗𝗘 𝗡𝗢𝗨𝗦 𝗙𝗢𝗥𝗠𝗘𝗥, 𝗗𝗘 𝗡𝗢𝗨𝗦 𝗦𝗣É𝗖𝗜𝗔𝗟𝗜𝗦𝗘𝗥 𝗘𝗧 𝗗𝗘 𝗣𝗔𝗥𝗧𝗜𝗖𝗜𝗣𝗘𝗥 À 𝗟𝗔 𝗣𝗥𝗢𝗗𝗨𝗖𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗦𝗖𝗜𝗘𝗡𝗧𝗜𝗙𝗜𝗤𝗨𝗘.
À mes confrères et consœurs : ne laissons pas les limites actuelles de nos laboratoires définir les limites de nos ambitions.
Parce que je suis convaincu d’une chose : 𝗟𝗔 𝗚𝗨𝗜𝗡É𝗘 𝗡𝗘 𝗗𝗢𝗜𝗧 𝗣𝗔𝗦 𝗦𝗘𝗨𝗟𝗘𝗠𝗘𝗡𝗧 𝗖𝗢𝗡𝗦𝗢𝗠𝗠𝗘𝗥 𝗟𝗔 𝗦𝗖𝗜𝗘𝗡𝗖𝗘. 𝗘𝗟𝗟𝗘 𝗗𝗢𝗜𝗧 𝗔𝗨𝗦𝗦𝗜 𝗔𝗩𝗢𝗜𝗥 𝗟𝗘𝗦 𝗠𝗢𝗬𝗘𝗡𝗦 𝗗𝗘 𝗟𝗔 𝗣𝗥𝗢𝗗𝗨𝗜𝗥𝗘.
𝗡𝗢𝗧𝗥𝗘 𝗠É𝗧𝗜𝗘𝗥 𝗡’𝗘𝗦𝗧 𝗣𝗔𝗦 𝗨𝗡𝗘 𝗦𝗜𝗠𝗣𝗟𝗘 𝗘𝗫É𝗖𝗨𝗧𝗜𝗢𝗡. 𝗖’𝗘𝗦𝗧 𝗨𝗡 𝗣𝗢𝗧𝗘𝗡𝗧𝗜𝗘𝗟 𝗦𝗖𝗜𝗘𝗡𝗧𝗜𝗙𝗜𝗤𝗨𝗘 𝗤𝗨𝗜 𝗠É𝗥𝗜𝗧𝗘 𝗗’Ê𝗧𝗥𝗘 𝗗É𝗩𝗘𝗟𝗢𝗣𝗣É.