01/06/2026
L’hypertension artérielle demeure l’une des principales causes de morbidité et de mortalité dans le monde. Aux urgences, il est essentiel de distinguer une simple poussée hypertensive d’une véritable urgence hypertensive, car la prise en charge diffère considérablement.
Une urgence hypertensive se définit par une élévation sévère de la pression artérielle (généralement ≥ 180/120 mmHg) associée à une atteinte aiguë d’un ou plusieurs organes cibles : cerveau, cœur, aorte, reins ou rétine.
À l’inverse, une pression très élevée sans atteinte viscérale ne constitue pas une urgence et ne nécessite généralement ni hospitalisation ni traitement intraveineux.
Les manifestations cliniques les plus fréquentes incluent : 🧠 Encéphalopathie hypertensive, AVC, convulsions, troubles visuels ; Syndrome coronarien aigu, insuffisance cardiaque aiguë, œdème pulmonaire ; 🫀 Dissection aortique ; 🤰 Prééclampsie et éclampsie chez la femme enceinte.
L’évaluation doit être rapide et rigoureuse : interrogatoire, examen physique complet, mesure correcte de la pression artérielle, ECG, bilan biologique, analyse d’urine, imagerie ciblée et échographie au lit du patient (POCUS) lorsque disponible.
Le traitement repose avant tout sur l’identification de la cause et de l’organe atteint. Dans la majorité des situations, la pression artérielle doit être abaissée progressivement afin d’éviter une ischémie des organes.
Une réduction trop rapide peut être aussi dangereuse que l’hypertension elle-même.
📌 Points clés à retenir : ✅ Toute TA >180/120 mmHg n’est pas forcément une urgence hypertensive. ✅ La présence d’une atteinte d’organe cible est l’élément déterminant du diagnostic. ✅ Le traitement doit être adapté à la situation clinique spécifique. ✅ La réduction de la pression artérielle doit généralement être progressive et contrôlée. ✅ Une reconnaissance précoce améliore considérablement le pronostic du patient.
Aux urgences, on ne traite pas uniquement un chiffre de tension artérielle : on traite surtout le patient et les conséquences de l’hypertension sur ses organes vitaux.