31/01/2026
Le noma du grec "numein "qui signifie dévorer est un type de gangrène foudroyante s'attaquant au visage des personnes affectées. Elle atteint principalement la bouche, les joues, le nez et remonte parfois jusqu'aux yeux.
La maladie détruit aussi bien les tissus mous comme les muqueuses que les tissus durs (os). Cette maladie qui n'est pas contagieuse, touche surtout les enfants en bas âge, entre 2 et 6 ans ; La distribution du Noma est superposable sur une carte aux zones où il y a de la malnutrition, c’est une maladie de la pauvreté.
Causes
La maladie est liée au manque d'hygiène et à la malnutrition mais les chercheurs ne parviennent pas à isoler une bactérie responsable de la maladie. Elle se développe souvent chez des enfants déjà affaiblis, atteints par une autre maladie : scarlatine, rougeole, varicelle, paludisme, tuberculose, fièvre typhoïde... Ce terrain est propice au développement de bactéries particulièrement agressives (Fusobacteria, Prevotella...).
En Occident, le noma frappe parfois des adultes dont les défenses immunitaires sont mises à mal par une pathologie (SIDA) ou un traitement médicamenteux immunosuppresseur, utilisé en cas de greffe ou pour lutter contre des maladies auto-immunes.
Symptômes
La maladie commence en général par une atteinte de la gencive, qui apparaît sous la forme d'une gingivite nécrosante aiguë. Lorsque celle-ci n'est pas traitée, cette affection évolue vers le noma, se propageant aux tissus avoisinants. La gencive est détruite, exposant l'os de la mâchoire. La nécrose s'étend aux zones du visage avoisinantes, sur une partie plus ou moins étendue.
D'autres symptômes accompagnent ces lésions : un état de prostration (état d'abattement extrême), de la fièvre, une déshydratation... La maladie défigure ainsi les patients en l'espace de quelques semaines. Ils présentent des difficultés à s'alimenter et à parler.
Traitements du noma
En l'absence de traitement, l'évolution de la maladie est fatale dans 8 à 9 cas sur 10.
Antibiothérapie
Le traitement consiste tout d'abord à enrayer le développement des bactéries responsables de la destruction des tissus. Différents types d'antibiotiques peuvent être utilisés à cette fin : de la pénicilline, du métronidazole, de la spiramycine, des aminosides.
Rétablir l'état général
L'objectif de la prise en charge est également d'améliorer l'état de santé des jeunes patients, en luttant contre les carences vitaminiques dont ils souffrent et en traitant les éventuelles maladies associées.
Soins de la plaie
Les lésions sont désinfectées et nettoyées très régulièrement.
Chirurgie esthétique
La cicatrisation des tissus entraîne une contraction des tissus, qui bloque parfois les mâchoires. Les séquelles fonctionnelles et esthétiques sont très importantes.
Il est possible de procéder à de la chirurgie réparatrice pour reconstruire les parties du visage endommagées. Dans un but esthétique, mais surtout fonctionnel, pour redonner au patient une bonne capacité à ouvrir la bouche, à retenir sa salive et à parler.
Prévention
Le geste de prévention le plus simple est d’effectuer un examen bucco-dentaire régulier. En cas de tuméfaction, ulcération ou haleine fétide, il faut consulter le Centre de Santé le plus proche dans de brefs délais.
La prévention passe également par l’amélioration de l’accès à l’alimentation, le suivi des vaccinations, comme le rappelle l’OMS.
Redoutable maladie associée à une extrême pauvreté, le noma frappe les jeunes enfants et occasionne des dommages irréversibles au niveau de leur visage. Les difficultés d'accès aux soins compliquent la prise en charge des patients et, en cas de guérison, les séquelles sont souvent sévères et source d'exclusion.