20/09/2026
C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris le décès de Manon Bergeron.
Titulaire de la Chaire de recherche sur les violences sexistes et sexuelles en milieu d’enseignement supérieur, Manon Bergeron était une chercheuse engagée dont les travaux et l’expertise ont largement contribué à faire avancer les réflexions autour des violences sexistes et sexuelles et du consentement.
Nous avions eu l’occasion d’échanger avec elle autour de ces enjeux, notamment concernant les étudiant·es. Nous avons eu la chance de la rencontrer lors de notre voyage d’étude à Montréal en juin dernier, puis de la recroiser fin août, à Québec, à l’occasion du CIRFF.
Ces rencontres, encore si récentes, rendent l’annonce de sa disparition soudaine particulièrement bouleversante.
Le Planning Familial adresse ses plus sincères condoléances à sa famille, à ses proches, à ses collègues ainsi qu’à toutes les personnes touchées par son départ. Nous leur souhaitons beaucoup de courage dans cette douloureuse épreuve.
C’est avec une immense tristesse que nous vous annonçons le décès de Manon Bergeron, titulaire de la Chaire, survenu le 14 septembre.
Bien que sa santé ait été fragilisée par le cancer, son décès est survenu de manière totalement inattendue. Il constitue un choc énorme pour toutes les personnes qui l’aimaient, la côtoyaient et avaient la chance de travailler à ses côtés. Personne ne s’y attendait, et certainement pas Manon elle-même.
Manon occupait une place importante dans la vie de nombreuses personnes. Elle était une personne lumineuse, généreuse, positive et profondément bienveillante. Elle savait être présente, écouter avec attention, encourager et faire sentir aux personnes autour d’elle qu’elles avaient leur place. Nous continuerons de penser à elle à travers toutes ces qualités qui la caractérisaient si bien, mais aussi à travers son engagement, sa rigueur, sa sensibilité, son humanité et les nombreux souvenirs précieux qu’elle nous laisse.
En 2018, Manon a créé la Chaire, qui a depuis joué un rôle déterminant dans les connaissances, les pratiques et les politiques en matière de prévention des violences sexistes et sexuelles en milieu d’enseignement supérieur au Québec et au Canada. Professeure au Département de sexologie de l’UQAM depuis 2010, Manon cumulait près de 30 années d’expérience professionnelle dans le domaine des violences sexuelles. Avant de devenir professeure, elle a travaillé pendant de nombreuses années comme intervenante dans les Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS). Cette expérience de terrain a grandement nourri son parcours, sa vision et son engagement envers la prévention des violences sexuelles, l’accompagnement des personnes survivantes et la transformation des pratiques.
Ses travaux de recherche, notamment sur les violences sexuelles envers les femmes ainsi que sur le développement et l’évaluation de programmes de prévention, ont contribué de manière importante à faire avancer les connaissances et les pratiques dans de nombreux milieux. Ses recherches étaient menées en étroite collaboration avec les milieux de pratique, dans un souci constant de rapprocher la recherche et l’intervention. Elle avait aussi vivement à cœur de transmettre, d’accompagner et de faire grandir la relève, en impliquant les personnes étudiantes à toutes les étapes de ses projets. L’ampleur de sa contribution et le rayonnement de son travail lui ont valu plusieurs distinctions, dont le titre de Scientifique de l’année de Radio-Canada en 2018 et le Prix Acfas Thérèse-Gouin-Décarie en 2023.
Au-delà de ses réalisations professionnelles et scientifiques, c’est surtout la personne qu’était Manon que nous garderons précieusement en mémoire. Son écoute, sa générosité, sa détermination, son humour et sa capacité à rassembler ont profondément marqué les personnes qui ont croisé son chemin. Pour les personnes qui ont travaillé avec elle à la Chaire, Manon était bien plus qu’une titulaire. Elle était une collègue, une mentore, une présence rassurante. Elle a créé autour d’elle un espace où il était possible de réfléchir, d’apprendre, de douter, de lutter, de rire et de grandir ensemble. C’est aussi cette chaleur humaine que nous continuerons de porter avec nous.
La Chaire poursuivra ses activités et son engagement envers la prévention des violences sexistes et sexuelles en portant avec elle l’héritage de Manon, ses valeurs et la vision qui ont guidé la création de la Chaire. Nous allons poursuivre le travail qu’elle a entrepris, en maintenant ce lien essentiel entre la recherche, les milieux de pratique et les personnes concernées par ces enjeux.
Nos pensées les plus sincères accompagnent sa famille, ses proches, ses collègues, ainsi que toutes les personnes qui ont eu le privilège de la connaître.
Manon laisse derrière elle bien plus que des recherches, des projets et une Chaire. Elle laisse des personnes qu’elle a accompagnées, des pratiques qu’elle a contribué à transformer, des savoirs qui se répandront encore et, surtout, une empreinte durable.
Son absence laissera un grand vide. Mais tout ce qu’elle a semé continuera de grandir.
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