06/07/2026
🚨Le silence de nos mères autour des menstruations remonte à plusieurs années en arrière.
Entre silence, tradition africaine et menstruations… découvrons ensemble aujourd'hui.
Chez les Vili du Congo, "ngo:ndi" désignait à la fois la lune, le mois et le sang menstruel. Nos ancêtres inscrivaient les règles dans le cosmos.
Chez les Zoulous, la femme menstruée était retirée dans une case pour être chouchoutée, reposée, honorée. Un retrait de célébration, pas d'exclusion.
Au Bénin, on disait même que pendant ses règles, la femme portait un pouvoir si fort qu'il la rapprochait du divin.
Et chez nous au Tchad ? Là, l'histoire a pris un autre chemin. Dans la plupart des ethnies du Sud du pays, au nom de la tradition, une femme ne doit pas cuisiner pendant sa période menstruelle et plusieurs autres mythes entourent ce sujet. Et dans certains récits d'Afrique centrale, la jeune fille qui a ses premières règles était isolée, non pas pour être honorée comme chez les Zoulous, mais pour protéger les autres… d'elle.
Le plus surprenant est qu'en France, il y a à peine 100 ans, on interdisait aux femmes menstruées d'approcher les ruches. Ce n'est donc pas « une affaire africaine ». C'est un héritage mondial de mystère autour des menstruations.
Ce pouvoir sacré d'autrefois a été retourné en souillure. La souillure est devenue une sorte de honte, et la honte est devenue un silence, transmis de mère en fille, génération après génération.
Et ce silence de certaines de nos mères africaines autour de ce sujet n'est pas de l'indifférence. Nous pouvons donc comprendre que c'est une sorte de peur héritée. Elles n'ont pas reçu les mots qu'il fallait à cause de tous ces mystères autour des menstruations, alors elles n'ont pas pu les transmettre également.
🚨Mais nous, nous pouvons choisir de faire autrement.
Parler à nos filles. Nommer les règles pour leur apprendre ce que c'est dès le plus jeune âge. Redevenir celles qui transmettent avec les mots justes.
Outiller les adolescentes avec les bonnes informations pour qu'elles deviennent des femmes plus libres de parler de leur période menstruelle. Qu'elles sachent que lorsque la douleur menstruelle est très intense ou qu'il y a un re**rd inhabituel ou même lorsqu'elles constatent qu'elles ont un cycle très irrégulier elles peuvent en parler afin de trouver une solution médicale appropriée. Leur transmettre aussi nos savoirs, comme les tisanes à boire avant, pendant et après cette période.
La confiance en soi, l'estime de soi, la connaissance de soi — c'est aussi avoir les bonnes informations sur les sujets importants dès le plus jeune âge.
Avec DAR'M EMPIRE, nous croyons que l'éducation menstruelle est un acte de réappropriation culturelle autant que de santé publique. Et briser le silence ne signifie pas rejeter nos traditions mais choisir ce que nous transmettons.
👉🏾 Et toi, ta mère t'avait-elle parlé de tes premières règles ou, comme la plupart, tu l'as découvert juste un bon matin et tu as fait avec 😄