04/07/2026
Ces derniers temps, je me suis replongée dans Le réveil du tigre de Peter Levine.
Une de ses réflexions m’a particulièrement marquée : le trauma ne se reconnaît pas uniquement à ce qui nous est arrivé.
Il peut aussi se manifester dans ce que nous ne parvenons plus à vivre pleinement.
Dans cette difficulté à nous faire confiance.
À accueillir notre souffrance sans nous sentir submergés.
À rester présents à notre chagrin sans devoir nous réfugier dans le travail, l’agitation ou d’autres stratégies d’adaptation.
Il peut se glisser dans ce besoin de nous effacer, d’en faire toujours plus ou de nous mettre en avant pour gagner l’acceptation des autres et justifier notre place.
Il peut aussi limiter notre capacité à ressentir de la gratitude, de la joie ou de l’émerveillement face à la vie.
Ces mécanismes ne sont pas des faiblesses.
Ils ont souvent été des façons de nous protéger, de nous adapter et de continuer à avancer lorsque quelque chose était trop difficile, trop répété ou trop lourd à accueillir.
Mais ce qui nous a protégés à un moment de notre histoire peut, plus t**d, devenir ce qui nous limite.
Reconnaître certaines de ces difficultés ne signifie pas poser une étiquette ou un diagnostic sur son histoire.
C’est simplement accepter d’observer, avec douceur et curiosité, ce qui demande encore à être entendu, accueilli ou apaisé en nous.
Qu’il s’agisse d’un traumatisme « choc » ou d’un trauma avec un petit « t », ce qui compte n’est pas de comparer les histoires ni de les hiérarchiser.
Un trauma avec un petit « t » peut naître d’expériences répétées, parfois banalisées, qui ont peu à peu créé des mécanismes d’adaptation profonds.
Ce qui compte, c’est l’empreinte que ces expériences ont laissée en nous.
Est-ce qu’une de ces phrases résonne particulièrement en vous ?