19/06/2026
Est-ce que vous avez déjà entendu parler du Mythe de Sisyphe ?
Être relativement perfide, Sisyphe, puni par un châtiment divin, est condamné à pousser un rocher jusqu’au sommet d’une montagne. Le but étant atteint, le rocher dégringole la falaise obligeant l’homme à recommencer inlassablement le même travail.
Absurdité de la vie? Éternel recommencement ? Persévérance ?
On peut donner bien des sens et des interprétations à ce mythe et aux essais qui en ont découlé. Comme le proverbe le dit si bien : « chacun voit midi à sa porte. »
Pour ma part, l’absurdité de la vie réside dans la persévérance à vouloir aller mieux, rapidement, sans déposer tous les poids du passé qui alourdissent notre existence. Comme si toutes les épreuves traversées et les traumatismes qui ont mis tant de temps à s’installer pouvaient disparaître comme par magie et changer en un claquement de doigt. Comme si la guérison et le bonheur après la tempête arrivaient en quelques heures ou quelques jours.
Ces derniers temps, j’ai vu beaucoup de personnes rouler leur bosse, traîner leurs casseroles sans s’apercevoir qu’elles les suivent. Chacun passe à un moment de sa vie par des épisodes de détresse, moi y compris. C’est la vie et ses épines. Et j’entends bien qu’elles sont très douloureuses pour certain.es d’entre vous. Mais… la nature humaine a cette jolie tendance à percevoir la lumière même lorsque l’on est blotti, affaibli, tout au fond de l’obscurité. On cherche la bouffée d’oxygène, l’espoir, l’aide, les rayons du soleil cachés derrière le brouillard. Tout cela, j’en suis consciente. Mais accompagner l’autre, ce n’est pas sombrer avec lui. C’est lui montrer les différents chemins qui peuvent être empruntés.
Quand j’ai commencé il y a bientôt 2 ans, j’ai fait le choix de n’accepter que très rarement les rdv le w-e. Je travaille à temps plein parallèlement à mon métier de kinésiologue. Un samedi matin en séance, c’est priver ma famille et moi-même de moments précieux passés ensemble. Et ça n’a pas de prix…
Il y a quelques temps, une personne m’a contactée un vendredi à 21h pour un rdv qui était urgent. J’ai accepté de trouver un rdv selon les contraintes demandées : « le plus vite possible » et « en week-end ».
Le rdv a été fixé un samedi matin, 2 semaines après la prise de contact. J’entends et je comprends que cela puisse sembler long mais… je fais avec les plages horaires dont je dispose.
La personne, pourtant en grande détresse, n’est pas venue.
Cela m’a appris deux choses :
- Beaucoup de gens veulent tout, dans l’immédiat, au risque, pour y parvenir, d’aller au-delà de vos propres limites. C’est un phénomène inconscient mais très énergivore pour celle.celui qui le subit.
Mais c’est à moi d’imposer des limites plus claires.
- L’urgence et la détresse font prendre des décisions hâtives, souvent peu salutaires. Et lorsque la personne n’est pas prête, l’accompagnement n’est pas efficace.
🍀 Vouloir faire évoluer les choses (changer de vie, percevoir des changements dans ce qui ne me convient plus, etc.) exige un réel investissement personnel. Et la patience, véritable alliée, est une vertu essentielle pour y parvenir.
Vous pouvez courir après tous les thérapeutes ou toutes les approches possibles voire inimaginables, exiger des rdv immédiats quand vous êtes en pleine détresse, si vous vous arrêtez trop tôt ou que vous ne vous laissez pas du temps, vous reviendrez, tout comme Sisyphe, inlassablement au même endroit.
Alors veillez à ne pas attendre la dernière minute ou le dernier instant quand la fragilité et la détresse vous submergent 🫶
Prenez les choses en amont pour garder le cap sans perdre pied (Vous remarquerez que j’ai des dons pour les jeux de mots)
Douce soirée 🍒
Pour prendre rdv :
https://calendly.com/centrekinesia/90