17/08/2026
Pourquoi, en psychogénéalogie, évite-t-on de donner à un enfant le prénom d’un ancêtre ?
Dans notre culture, il est fréquent de transmettre le prénom d’un grand-parent, d’un arrière-grand-parent, d’un parrain, d’une marraine ou d’un être cher disparu.
Ce choix est souvent guidé par l’amour. Une façon d’honorer la mémoire d’une personne, de lui rendre hommage, de faire perdurer son souvenir ou de transmettre un héritage familial.
Pourtant, en psychogénéalogie, cette transmission invite à la réflexion.
Car un prénom ne représente pas seulement quelques lettres. Il est associé à une histoire, à des souvenirs, à des émotions, à une place dans la famille. En donnant le prénom d’un ancêtre, on peut, inconsciemment, transmettre bien plus qu’un simple prénom.
L’enfant peut alors être investi d’attentes invisibles :
* « Il était courageux, sois comme lui. »
* « Elle était le pilier de la famille. »
* « Tu portes le prénom de ton grand-père, fais-lui honneur. »
Parfois, ce sont aussi des blessures qui peuvent se transmettre : un deuil non apaisé, des peurs, des échecs, des secrets de famille ou des souffrances qui restent symboliquement attachés à ce prénom.
L’idée n’est pas de dire que cela arrivera systématiquement, mais de prendre conscience que ce prénom porte déjà une histoire avant même que l’enfant ne commence à écrire la sienne.
Imaginez un instant…
Un père perd son propre père, profondément admiré. Quelques mois plus t**d, son fils naît et reçoit exactement le même prénom.
Sans même s’en rendre compte, le père peut regarder son enfant avec les yeux du manque. Chaque anniversaire, chaque réussite, chaque geste peut raviver le souvenir de son propre père. L’enfant grandit alors avec la sensation diffuse de devoir être « à la hauteur », de réparer une absence ou de poursuivre une histoire qui n’est pas la sienne.
Il ne porte pas uniquement un prénom : il porte aussi, parfois, une partie des attentes et des émotions de ceux qui l’ont précédé.
Bien sûr, toutes les transmissions ne sont pas négatives.
Un prénom peut aussi être associé à des qualités inspirantes : la bienveillance, la créativité, le courage, la persévérance, des réussites ou des valeurs fortes. C’est d’ailleurs souvent cela que les parents souhaitent transmettre.
Mais en psychogénéalogie, nous rappelons qu’un héritage ne se choisit pas à moitié. Lorsqu’on reprend un prénom, on reprend symboliquement l’ensemble de ce qu’il représente, dans ses dimensions lumineuses comme dans ses parts plus douloureuses.
Chaque enfant mérite de pouvoir devenir pleinement l’auteur de sa propre histoire.
De construire son identité, ses réussites, ses choix et son chemin, sans avoir, même inconsciemment, la mission de prolonger la vie de quelqu’un d’autre.
Et finalement, quel que soit le prénom que vous choisirez, il aura toujours une symbolique.
Il portera une résonance familiale, culturelle ou personnelle, mais surtout, il accompagnera votre enfant dans sa propre mission de vie.
Non pas celle d’un ancêtre.
La sienne.