03/06/2026
Cette semaine, un thème est revenu à plusieurs reprises en consultation :
le sentiment de ne pas être légitime dans ce que l’on ressent.
Certaines personnes évoquaient des violences psychologiques, d’autres des violences physiques, parfois anciennes, parfois encore très présentes.
Et pourtant, derrière la souffrance exprimée, une même question apparaissait :
« Est-ce que j’ai vraiment le droit de me sentir aussi mal pour ça ? »
En clinique, il est fréquent d’observer une minimisation des vécus traumatiques ou des atteintes psychiques.
Les personnes concernées comparent, relativisent, rationalisent :
« D’autres ont vécu pire. »
« Ce n’était pas si grave. »
« Je devrais être capable de passer au-dessus. »
Ce mécanisme a souvent une fonction de protection psychique.
Reconnaître pleinement la violence subie implique parfois de rencontrer la peur, la sidération, la colère, l’impuissance ou encore le sentiment de perte de sécurité interne.
Mais les émotions ne naissent pas “sans raison”.
Le psychisme et le corps réagissent à ce qui a été vécu, perçu, répété ou subi.
La violence psychologique, notamment, laisse souvent des traces invisibles : altération de l’estime de soi, hypervigilance, confusion émotionnelle, culpabilité, difficulté à faire confiance à ses propres perceptions.
Le fait de ne pas se sentir légitime dans sa souffrance fait d’ailleurs fréquemment partie des conséquences mêmes de ces violences.
Accueillir une émotion ne signifie pas dramatiser une situation.
Cela signifie reconnaître une réalité intérieure avec suffisamment de sécurité et de bienveillance pour pouvoir commencer à la comprendre.
En thérapie, il ne s’agit pas de hiérarchiser les douleurs.
Il s’agit d’offrir un espace où ce qui est ressenti peut enfin être entendu, sans devoir être justifié.
Qu'en penses-tu?
Geneviève