15/07/2026
Aidants : pourquoi est-il si difficile de lâcher prise ?
On entend souvent dire aux aidants qu’ils devraient « lâcher prise ». Cette phrase est généralement prononcée avec de bonnes intentions : pour encourager, soulager ou apporter un peu de réconfort.
Pourtant, elle peut parfois être difficile à recevoir.
Car elle laisse entendre que tout dépendrait simplement d’une décision personnelle, comme s’il suffisait de se dire : « Je vais arrêter de m’inquiéter » ou « Je vais moins contrôler ». Mais la réalité de l’aide est bien plus complexe.
Au départ, il y a souvent une situation concrète à gérer : un rendez-vous médical, la prise d’un traitement, une difficulté dans les gestes du quotidien. Puis, avec le temps, cette attention devient une vigilance presque permanente.
L’aidant anticipe, vérifie, organise, rappelle, surveille. Même lorsqu’il est absent physiquement, son esprit reste souvent mobilisé. Une partie de lui continue à penser à ce qui pourrait arriver, à ce qui ne doit pas être oublié, à ce qu’il faudra faire ensuite.
Peu à peu, cette vigilance cesse d’être une simple réponse à l’urgence. Elle devient une façon d’être au monde.
C’est là que réside toute la difficulté du lâcher-prise. Car ce que l’on appelle parfois « besoin de contrôle » est souvent, pour l’aidant, une manière de protéger.
Lorsqu’on a déjà vécu une chute, une erreur de traitement, une fugue, une hospitalisation imprévue ou un épisode particulièrement angoissant, on ne regarde plus les risques de la même manière. L’expérience apprend que certaines situations peuvent se dégrader très vite.
Alors vérifier encore une fois, anticiper davantage ou vouloir garder un œil sur tout n’est pas forcément le signe d’un excès de contrôle. C’est souvent le résultat d’une histoire, de responsabilités assumées et de peurs bien réelles.
Dans ce contexte, « lâcher prise » peut parfois ressembler à un abandon.
Beaucoup d’aidants se posent intérieurement les mêmes questions : si je relâche mon attention, qui remarquera le problème ? Qui y pensera ? Qui réagira à temps ?
La difficulté n’est donc pas uniquement liée au manque de repos. Elle est aussi liée au sentiment que certaines choses essentielles reposent sur leurs épaules, et que personne ne les portera de la même façon.
C’est pourquoi quelques heures de répit ne suffisent pas toujours à apaiser la charge mentale. On peut disposer de temps libre et rester pourtant en état d’alerte. On peut être ailleurs tout en continuant à imaginer les scénarios possibles, les imprévus, les urgences.
Le corps se repose parfois avant l’esprit.
Peut-être faudrait-il alors donner au « lâcher-prise » une définition plus juste.
Pour un aidant, lâcher prise ne signifie pas aimer moins, se désengager ou abandonner son proche. Cela pourrait plutôt signifier accepter que tout ne peut pas reposer en permanence sur une seule personne. Reconnaître que protéger n’oblige pas à tout porter, tout le temps, jusqu’à l’épuisement.
Mais cela ne se décide pas par simple volonté.
On ne lâche pas prise dans le vide. Pour relâcher un peu cette vigilance, il faut souvent des relais fiables, des soutiens concrets, de la confiance et, parfois, simplement la certitude de ne plus être seul à porter l’essentiel.
Et vous, dans votre rôle d’aidant, qu’est-ce qui rend le lâcher-prise le plus difficile : la peur qu’un problème survienne, l’habitude de tout gérer, le manque de relais, ou le sentiment que personne ne fera vraiment les choses à votre place ?
Réflexion inspirée d'un article Facebook sur la page
Soutien pour les aidants familiaux de personne âgée (EHPAD, à domicile...)
https://www.facebook.com/groups/446636870667258/user/100001812229491/?__cft__[0]=AZb_FwsG62geJeCdRwHsH9UnMNtJg8axyETgF_3VZhPtNnBBOfdA9CETfoM63xzUvz1HTCxHEwyp0exyHCWv2X9HNAZGSzIxbRvN8_Fc1ymYul6VNIeqrK9wgBEAfsK3B5WpBdh6gDl6SUH8dE3_2w5kGjvrKm3A7fhjWsXdcplQG4HC3oSrqqQ6vjUBjCz7wuGOW68i9yFWjkNgqMUoCoKY&__tn__=-UC%2CP-R