25/08/2026
J’ai parfois l’impression qu’on imagine les personnes qui accompagnent les autres comme des êtres humains qui ont été touchés par la grâce. Elles ont fait des formations, elles ont lu des livres, elles ont compris les mécanismes émotionnels, elles connaissent les blessures, les schémas, les réactions, les mécanismes de défense… Donc forcément, elles ont tout compris. Et surtout, elles ne sont plus jamais activées.
J’aimerais bien, mais en tout cas, pour moi, ça n’est pas le cas… 🤓
Je suis Delphine, et avant d’être praticienne en kinésiologie et accompagnante en libération émotionnelle, je suis une femme qui a 47 années de vie derrière elle. Avec de très jolies choses, et d’autres beaucoup moins jolies. Des expériences qui m’ont construite, des blessures, des prises de conscience, des erreurs, des réactions dont je me serais bien passée.
Des moments où je suis parfaitement capable de savoir intellectuellement ce qui est en train de se jouer… et de quand même réagir à chaud.
Parce qu’apprendre et comprendre quelque chose ne nous vaccine pas contre le fait de le vivre.
Ça ne veut pas dire que le travail sur soi ne change rien. Bien au contraire. Au fil du temps, des prises de conscience et des libérations, certaines choses peuvent continuer à nous toucher, mais beaucoup moins fort. Et parfois, on se rend compte qu’on ne réagit plus du tout comme avant.
Je peux encore avoir peur, me mettre en colère, être touchée en plein dans une blessure ou me retrouver complètement à côté de mes pompes.
Et je trouve ça normal (même si ce n’est pas franchement agréable).
Parce que je ne considère pas que la vie soit quelque chose qu’on finit par « comprendre » une bonne fois pour toutes. Pour moi, c’est un apprentissage en continu. Parfois doux, parfois un peu chaotique.
Je ne suis pas au-dessus de ce que j’accompagne. Je ne suis pas arrivée à un endroit où plus rien ne m’atteint. Et je n’ai certainement pas envie de jouer à ça.
J’ai longtemps essayé, pourtant, de rentrer dans le costume de la personne « comme il faut », de lisser un peu mon naturel, de mettre de côté ce qui dépassait. Mais chez moi, le naturel finit toujours par pousser très fort à la porte. 😅
Alors aujourd’hui, je préfère simplement être moi.
Avec ce que je sais, et ce que je ne sais pas. Avec ce que j’ai compris. Et avec tout ce que je continue encore à découvrir, avec vous et souvent grâce à vous.
Je continue moi aussi à être accompagnée, à travailler sur moi, à libérer ce qui représente encore un frein, une peur, une croyance ou une vieille réaction.
Et je trouve que c’est justement ça qui est beau.
Je ne serai probablement jamais touchée par la grâce, en lévitation au-dessus de mes émotions. 😂
Il me reste toute la suite de ma vie pour apprendre, libérer, évoluer, avancer… et continuer à devenir un peu plus moi.
Alors quand une personne que j’accompagne me dit parfois, un peu découragée : « pfff, il y a encore tellement de travail… »
J’ai envie de lui répondre : Oui. Et alors ? Regardez dans le rétro ce qui a déjà été parcouru. Toutes les anciennes versions de vous. Sans ces étapes-là, vous ne seriez pas celle ou celui que vous êtes aujourd’hui.
Il n’y a pas une montagne à gravir pour enfin être « réparé ». Il y a un chemin à explorer, et chacun avance à son rythme.
Parce qu’au fond, je ne crois pas que l’accompagnement consiste à être une personne qui a tout compris face à une personne qui cherche. Je crois que c’est plutôt un être humain qui rencontre un autre être humain, avec ses connaissances, son expérience… et tout ce qu’il est au milieu.
Delphine.