Aurore Infi

Aurore Infi Infirmière à domicile depuis 20 ans. Je travaille sur Mouscron, Herseaux, Luingne, Dottignies, …

23/08/2026

Me voici de retour après quelques jours de repos…
Se poser, profiter du calme, des vagues, de la nature, du paysage, de la vie …

Infirmière, un métier où l’on pense souvent aux autres avant de penser à soi.

Cette petite pause dans le temps m’a permis de me rappeler que prendre du temps pour soi n’est pas égoïste, mais essentiel. 🤍

04/07/2026

Le syndrome de Korsakoff : pas si rare que ça !

10/06/2026
06/06/2026

« Ne faites rien qui ne soit pas un jeu. »
Marshall Rosenberg

La flaque

La flaque m'attendait.
Pas devant une maison.
Pas devant le cabinet.
Pas même devant ma voiture.
Elle m'attendait au milieu de la journée.
Une vraie flaque de compétition.
Large.
Brillante.
Installée au beau milieu de mon cerveau.
Je l'ai remarquée vers dix heures.
Au moment précis où tout s'est mis à courir plus vite que moi.
Le téléphone.
Les kilomètres.
Les horaires.
Les soins.
Les traitements.
Même les aiguilles de ma montre semblaient avoir bu trois expressos.
Dans cette cavalcade générale une certitude me suivait comme un pigeon obstiné :
Tu n'y arriveras jamais.
Étrange créature, cette certitude.
Elle porte toujours des chaussures trop grandes et parle comme une comptable des catastrophes.
Chez Madame Mireille, elle s'était assise dans un coin du salon.
Je la voyais presque.
Petite.
Grise.
Les bras croisés.
« En re**rd. »
« Je sais. »
« Encore. »
« Je sais. »
« Mauvaise organisation. »
« Je sais... »
Madame Mireille, elle, préparait tranquillement son bras pour le soin.
« Vous avez l'air de discuter avec quelqu'un.»
Je me suis retournée.
La certitude avait disparu.
« Non. »
« Si. »
« Non. »
« Si. »
« Avec qui ? »
« Avec votre mauvaise humeur. »
Touché.
Coulé.
Exécuté sur place.
La flaque a grandi.
Toute la matinée.
À chaque imprévu, elle gagnait quelques centimètres.
À midi, elle occupait pratiquement tout le paysage intérieur.
Une immense mare où pataugeaient des pensées en bottes de caoutchouc.
Puis je suis arrivée chez Marcel.
Marcel vit seul avec une horloge ancienne.
Une énorme pendule.
Une sorte de dinosaure en bois qui produit des "tic-tac" capables de traverser plusieurs générations.
Pendant le soin, il m'a regardée d'un air mystérieux.
Celui qu'ont les gens qui s'apprêtent à raconter quelque chose d'important.
Ou une énorme bêtise.
Avec Marcel, les probabilités restent équilibrées.
« Vous savez pourquoi les enfants sautent dans les flaques ? »
« Pour éclabousser leurs parents ? »
« Non. »
« Pour salir leurs chaussures ? »
« Non. »
« Pour déclencher des guerres familiales ? »
« Non plus... »
Il s'est penché.
« Pour vérifier qu'elles existent. »
J'ai éclaté de rire.
Lui pas.
Il réfléchissait vraiment.
« Les grands contournent tout. Les flaques, les problèmes, les surprises, les gens compliqués. Ils passent leur temps à éviter. »
Il a montré la fenêtre.
« Les enfants sautent dedans. »
Puis il a ajouté :
« Du coup ils savent ce qu'il y a au milieu. »
En repartant, quelque chose s'est mis à bouger.
Pas dehors.
Dedans.
Comme lorsqu'une porte cachée s'ouvre dans une maison qu'on croyait connaître.
La journée n'avait pas changé.
Le re**rd était toujours là.
Les soins aussi.
Les kilomètres également.
La fameuse flaque occupait toujours le terrain.
Sauf qu'elle n'avait plus l'air d'un obstacle.
Elle ressemblait à un terrain de jeu.
Curieuse différence.
L'eau restait la même.
Le regard avait changé de chaussures.
Le soir, en rentrant, j'ai repensé à la petite fille que j'étais et qui sautait dans les éclaboussures comme une milliardaire du bonheur.
Une petite fille n'avait pourtant aucune raison logique de faire ça.
Elle pourrait passer son temps à observer le monde.
À juger.
À analyser.
À commenter.
Au lieu de quoi elle saute.
Comme si la gravité n'était qu'une suggestion.
Comme si vivre consistait davantage à participer qu'à comprendre.
Alors j'ai ouvert ma porte.
Laissé tomber mon sac.
Et j'ai souri.
Pas un grand sourire.
Juste celui qu'on adresse aux secrets qui viennent enfin d'arriver.
La flaque était toujours là.
Mais elle avait cessé d'être un problème.
Elle était devenue une invitation.
Et entre contourner l'existence et éclabousser un peu l'infini, mon choix était fait.

19/03/2026

😂

26/12/2025

Pour la première fois cette année, les enfants de Pauline n'ont pas fêté Noël avec leur maman. Pauline avait 44 ans, son activité professionnelle était intense et sa vie familiale exigeante. Trop. 🥲

Il y a quelques mois, pendant plusieurs jours, elle se sent essoufflée. Elle met cela sur le dos du stress et de sa charge mentale, omniprésente. Ses douleurs dans le dos ne l’inquiétent pas plus que cela, car elles disparaissent avec du paracétamol.

En plein dîner avec ses enfants, elle ressent une forte douleur dans la poitrine, mais elle se dit que cela va passer, elle ne veut pas gâcher la soirée.

Mais elle s’effondre brusquement. Ses enfants appellent le SAMU, qui arrive très vite. Malheureusement, elle ne sera pas réanimée.

Pauline, c’est toutes les femmes : épouse, compagne, fille, sœur, amie, collègue… Il est inacceptable qu’elle soit morte à 44 ans d’une maladie cardio-vasculaire qui aurait pu être évitée.

Dans 8 cas sur 10, l'entrée dans la maladie cardiovasculaire peut être évitée grâce à une bonne hygiène de vie et un suivi médical régulier.

Claire Mounier-Vehier et Thierry Drilhon ont créé Agir pour le Coeur des Femmes, pour que cela n’arrive plus. Nous sommes passés à l’action.

Le Bus du Cœur des Femmes a déjà offert près de 20 000 dépistages complets de 2 heures, en 4 ans.

La Journée du Cœur des Femmes a permis près de 5 000 dépistages d’une heure, en 2 ans.

Nos campagnes de sensibilisation alertent les femmes sur la nécessité de prendre soin d’elles par une meilleure connaissance des symptômes et des consultations clés.

Nous préparons des programmes de recherche clinique appliquée à la prévention, qui visent à faire progresser la prise en charge des maladies cardio-vasculaires chez les femmes.

Nous avons besoin de vous pour sauver 100 000 vies d’ici 2030.
Vous pouvez nous aider à aller plus loin.
https://ensemble.agirpourlecoeurdesfemmes.com

Tellement réaliste….
16/12/2025

Tellement réaliste….

Les Élèves Infirmiers & le Libéral
Par Tof Ton Stétho – IDEL nomade, coach ESI en milieu légèrement apocalyptique.

Il y a deux mondes dans la vie d’un soignant :
✨ Le monde de la théorie, celui des salles de cours, des UE, des schémas de perfusion, et des phrases comme :
« Le patient est au centre de la prise en charge. »

Et puis…

🔥 Le monde du libéral, où le patient est partout sauf au centre, où le centre c’est :
– la boîte à clés
– le chien qui veut te manger
– le portail qui ne s’ouvre jamais
– et la tournée qui t’a échappé depuis le premier pansement de 6h12.

Et au milieu de tout ça…
Arrivent les élèves infirmiers. 🌱
Adorables. Courageux. Motivés.

« Aujourd’hui, je vais être pédagogue.
Calme.
Patient.
Un mentor.
Un vrai. »

Et puis… j’ai un élève.

Pas n’importe quel élève.
L’ESI version fresh.
Celui qui arrive reposé, hydraté, sourire yoga, peau lumineuse, carnet vierge…
et surtout… batterie à 100 %.

Il dit :
— « Trop hâte de découvrir le libéral ! »

Je réponds pas.
Je le regarde.
Je sais que la vie va faire le briefing à ma place.

Je pose LA question :
— « T’as mangé ? »

Lui, tranquille, zen, téléphone dans la main :
— « Non, je mangerai plus t**d. »

Je souris.
Pas un sourire moqueur.
Un sourire de vétéran.

Parce que “plus t**d”, en libéral, ça veut dire :
20h05, debout devant son frigo, en silence, la bouche ouverte, le regard vide.

Avant même qu’on démarre, il sort le téléphone.
Petite photo.
Selfie discret dans la voiture.

Story :
« Premier jour en libéral 💉✨ »

Moi, dans ma tête :
Oui. Poste. Profite.

Je lui tends le trousseau.

42 clés.
7 badges.
Un bip.
Et un truc qui ouvre une niche pour chien…
(dont je ne connais même plus le chien, mais bon, ça fait partie du patrimoine).

Je dis :
— « Trouve la clé de Mme Renée. »

Il fixe le trousseau comme si je venais de lui donner une bombe.
— « Elles se ressemblent toutes… »

— « Exact. Bienvenue dans ta première compétence transversale. »

Premier patient.
Sixième étage.
Ascenseur en panne.

Moi, dans ma tête :
Classique.

Lui, dans sa tête :
Donc l’enfer existe. Et il a des marches.

Je monte.
Je cours pas.
Je fais ce qu’on appelle une marche professionnelle rapide.

Je me retourne.
Lui ?
Toujours trois mètres derrière.
Toujours sur son téléphone.

— « Ça va ? »
— « Oui oui, je prends des notes… »

“Des notes”, mon œil.
Il est en train de chercher :
« combien de pas avant la mort ».

Entre deux étages, selfie discret.
Story :
« cardio du matin 😅 »

On arrive chez Mme Mireille.
89 ans.
Aucune touche pause.

Elle parle comme si elle était payée au mot.

Elle regarde l’élève :
— « Oh qu’il est mignon… Vous êtes célibataire ? Vous aimez les femmes mûres ? »

Lui :
— « Heu… je… »

Elle :
— « Parfait. Je vais vous raconter ma vie depuis 1943. »

L’élève regarde l’heure.
Il croit qu’on est là depuis 40 minutes.
Ça fait 4 minutes.

Je lui dis :
— « Tu veux essayer le pansement ? C’est facile. »

Il dit oui.
Toujours optimiste.

Il soulève.

Sous le pansement :
une grotte,
deux stalactites,
un truc qui semble respirer.

— « MAIS… c’est béant !!! »
— « Oui. »
— « C’est profond ! »
— « Oui. »
— « ÇA VIT ! »
— « Non. Ça, c’est ta main qui tremble. »

Là, il ne prend pas de selfie.
Première victoire.

Fin du soin.
On sort.
On est en re**rd.

Donc je cours.
Je n’annonce rien.
Je cours.

Derrière :
— « Attends moi !!! »
— « Je suis à jeun !!! »
— « Tu mangeras quand tu seras diplômé. COURS ! »

Il court.
Il court mal.
Mais il court.

C’est beau.
On dirait un jeune faon en stage.

Dans la voiture, il est livide.

— « On mange quand ? »

Je réponds :

— « Ce soir. »

Il rit.
Puis il comprend que je ne plaisante pas.

Et là…
Il prend son téléphone.
Regard vide.
Il ne fait plus de story.

Il ouvre l’application Notes et écrit juste :
“Prévoir petit-déj demain. Urgent.”

— « On en a encore combien ? »

Moi :
— « Beaucoup. »

Puis je précise, pour l’honnêteté pédagogique :
— « Encore douze. »

Il respire.
Son ventre fait des bruits inquiétants.
J’ai presque pitié.

Dans la voiture, à la fin.
Il me regarde, fatigué, déshydraté, affamé, traumatisé, vivant quand même :

— Franchement… je savais pas que c’était ça le libéral.
— C’est intense.
— C’est éprouvant.
— C’est fou.
— C’est magnifique.
— Et vous… vous êtes des machines.

Moi, sourire fatigué mais vrai :
— Non… on est juste des IDEL.

Il hoche la tête.
Respect total.

Un élève en libéral, c’est :

toujours 3 mètres derrière,

toujours en mode « j’ai faim, je suis perdu »,

toujours avec un téléphone à la main,

toujours à deux doigts de pleurer,

mais toujours émerveillé de découvrir le vrai métier.

Le libéral, ça ne se raconte pas.
Ça s’attrape.
Ça se vit.
Ça te transforme.
Et les ESI qui passent chez nous…
Ils ne l’oublient jamais.

















Adresse

Herseaux
7712

Téléphone

+32485304480

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