14/06/2026
Le deuil n'a pas de délai.
Pourtant, notre société semble en imposer un.
Il faudrait vite se remettre. Vite retourner travailler. Vite retrouver le sourire. Vite "passer à autre chose".
Et parfois, il y a cette question qui tombe, comme si la douleur avait une date de péremption :
"Mais alors, tu n'es toujours pas passé à autre chose ?"
Non.
Parce que l'amour ne disparaît pas sur commande.
Parce qu'une absence ne se résout pas en quelques semaines ou quelques mois.
Parce que le deuil n'est pas un problème à régler, mais une réalité à traverser.
Pleurer n'est pas rester coincé dans sa souffrance.
Parler n'est pas entretenir sa peine.
Exprimer ce que l'on ressent n'est pas le signe que l'on va mal.
C'est au contraire permettre aux émotions de circuler, de se déposer, de trouver leur place.
Accepter les larmes.
Accepter les jours plus lourds.
Accepter les vagues qui reviennent parfois sans prévenir.
Accepter de prendre le temps dont on a besoin.
Car le deuil demande une énergie immense : celle de continuer à vivre tout en apprenant à composer avec l'absence.
Alors non, il ne faut pas toujours être fort.
Non, il ne faut pas toujours faire bonne figure.
Et non, il n'y a aucune obligation à aller mieux selon le rythme des autres.
Le deuil n'a pas d'horloge
Il a seulement besoin d'espace, de douceur et de vérité.
Et parfois, la chose la plus courageuse que l'on puisse faire, ce n'est pas retenir ses larmes.
C'est les laisser couler.
Parce qu'exprimer sa douleur ne signifie pas que l'on s'effondre.
Cela signifie que quelque chose est en train de se vivre, de se transformer, de se traverser...
Illustration Soni.