06/10/2026
🇧🇪 Accès direct à la kinésithérapie en Belgique
En septembre 2026, le Conseil des ministres a approuvé un projet d’arrêté royal permettant, sous certaines conditions, de consulter un kinésithérapeute sans prescription médicale préalable pour des problèmes musculosquelettiques.
👉 Le texte doit encore suivre son parcours réglementaire avant une éventuelle entrée en vigueur.
Que dit la science à ce propos?
🩺 Et si le kiné était directement intégré aux soins de première ligne ?
Une revue scientifique publiée en 2026 dans Physical Therapy & Rehabilitation Journal a analysé 39 études portant sur l’intégration des kinésithérapeutes en soins primaires, notamment comme premier professionnel consulté pour des problèmes musculosquelettiques.
Les résultats sont particulièrement intéressants :
- Imagerie médicale : 17 études sur 19 rapportent une diminution du recours ou des coûts liés aux radiographies, scanners ou IRM.
- Médicaments : 11 études sur 17 retrouvent moins de prescriptions ou de consommation de médicaments. Pour les opioïdes, les 5 études ayant étudié ce critère montrent une diminution.
- Consultations spécialisées : 11 études sur 19 montrent une diminution du recours aux spécialistes.
- Coûts globaux : parmi 16 études, 9 retrouvent une diminution des coûts de santé, 6 aucune différence et une seule une augmentation.
- Résultats pour les patients : douleur, fonction et qualité de vie semblent globalement comparables au parcours médical traditionnel.
- Sécurité : dans les études qui l'ont spécifiquement analysée, aucune augmentation significative des événements indésirables n'a été observée.
👉 Le message n'est donc pas que le kinésithérapeute « remplace » le médecin.
Il s'agit plutôt de permettre au patient présentant un problème musculosquelettique d'être orienté rapidement vers le professionnel le plus adapté, tout en maintenant la possibilité de réorienter vers un médecin ou un autre spécialiste lorsque la situation l'exige.
Les auteurs concluent que cette organisation des soins pourrait permettre de réduire certaines dépenses et le recours à plusieurs ressources médicales, sans détérioration démontrée des résultats pour les patients.
Une publication qui apporte donc des éléments scientifiques intéressants au débat actuel sur l'accès direct à la kinésithérapie.
https://doi.org/10.1093/ptj/pzag052