13/08/2026
Carnet de bord — Comprendre son cerveau
Rouler sur la jauge est un choix.
Comme le dit Arnaud Riou, faire le plein avant d'arriver sur la jauge permet de rester à flot. J'aime beaucoup cette image.
Parce que mon cerveau n'a pas besoin d'être en alerte permanente sur le manque pour fonctionner.
Quand je veille à mon énergie avant d'être à sec, je limite le stress, je dépense moins d'énergie à récupérer et je peux davantage choisir ma façon d'avancer.
On dit souvent :
"Prends le temps de te reposer."
Mais qu'est-ce que ça veut dire, se reposer ?
Est-ce la même chose pour tout le monde ?
Les moteurs ne surchauffent pas tous pour les mêmes raisons.
Quand un voyant s'allume sur le tableau de bord de notre voiture, en général, on en tient compte.
On s'arrête.
On lit le mode d'emploi.
On regarde un tutoriel.
On appelle un dépanneur.
On va chez le garagiste.
Mais quand il s'agit de nous...
Pourquoi faisons-nous si souvent autrement ?
Il ne nous viendrait pas à l'idée de prévoir un trajet de 300 kilomètres en sachant que nous n'avons pas assez d'essence.
On fait le plein avant la panne.
Et surtout, quand plusieurs voyants s'allument, on ne leur apporte pas tous la même réponse.
Un voyant peut indiquer qu'il faut faire le plein.
Un autre, qu'il faut faire une vidange.
Un autre encore, qu'il manque de l'huile.
Un autre qu'il est temps de lever le pied.
Pour nous, c'est pareil.
La fatigue n'a pas toujours la même origine.
Le stress n'est pas toujours le problème.
Une émotion qui déborde n'est pas nécessairement "trop".
Et parfois, plusieurs voyants s'allument en même temps.
Nos émotions, notre niveau de stress, nos hormones, nos fonctions exécutives... peuvent nous donner des informations bien avant que nous en ayons pleinement conscience.
Notre corps parle.
Mais encore faut-il savoir l'écouter.
On peut dormir huit heures et rester épuisé parce que notre fatigue ne vient pas d'un manque de sommeil. C'est un peu comme faire le plein d'essence alors que le problème vient de l'huile. Le plein ne résoudra rien.
Le garagiste, lui, va chercher ce qui se passe.
Il observe.
Il analyse.
Il ajuste.
Il répare si nécessaire.
Et si nous faisions la même chose avec nous-mêmes ?
Au lieu d'attendre d'être en panne pour nous demander ce qui ne va pas, apprendre à connaître notre véhicule.
À quoi servent nos voyants ?
Qu'est-ce qui nous fait perdre de l'énergie ?
Qu'est-ce qui nous permet de récupérer ?
Qu'est-ce qui nous freine ?
Quelles sont nos limites ?
Et surtout :
Comment est-ce que je fonctionne pour pouvoir me comprendre et me préserver, plutôt que chercher comment me réparer lorsque mes limites sont dépassées ?
C'est finalement cela, mon Carnet de bord.
Découvrir son véhicule.
Se familiariser avec lui — il n'y a pas d'âge pour cela.
Apprendre à lire son tableau de bord.
Comprendre ce qui freine.
Identifier ce qui recharge.
Et adapter sa conduite à la situation : études, travail, parentalité, périodes de transition, épuisement, périménopause...
Pas pour conduire parfaitement.
Pour conduire plus consciemment.
Parce que comprendre son fonctionnement peut permettre de retrouver de la marge de manœuvre.
Et peut-être aussi un peu plus de sérénité.
Prendre soin de soi est un choix.
Et peut-être que le premier pas consiste simplement à apprendre à connaître le véhicule que l'on conduit.