18/02/2026
Un jour, un patient m’a dit quelque chose qui m’a marquée.
Ce patient est en situation de handicap. Il ne travaille pas parce que ses limitations ne lui permettent pas d’avoir un emploi classique.
Son entourage ne cesse de lui répéter :
« Tu ne peux pas te plaindre, beaucoup rêveraient d’être à ta place et de ne pas pouvoir travailler. »
Mais lui m’a dit :
« Ils ont raison. Il y en a qui rêveraient d’être à ma place… mais moi, je veux juste pouvoir travailler. »
Ce qu’il veut, ce n’est pas plus.
Ce n’est pas quelque chose d’exceptionnel.
Il veut simplement être comme tout le monde.
Se lever chaque matin pour quelque chose.
Se sentir utile.
Il est conscient de ses limites, conscient du regard des autres.
Mais lui veut simplement exister dans le monde, à sa manière.
On parle souvent de chance.
On regarde la vie des autres en surface.
On imagine leurs avantages.
Mais on oublie les renoncements.
Les frustrations.
Le sentiment d’être à côté.
Le regard des autres.
Et parfois… le manque de soutien. Même dans sa propre famille.
La souffrance n’est pas une compétition.
Ce n’est pas parce que quelqu’un a « plus » sur le papier qu’il n’a pas le droit de ressentir un manque.
Avant de dire à quelqu’un qu’il a de la chance, peut-être pourrions-nous essayer de comprendre ce qu’il aurait aimé pouvoir être.
Parfois, ce que quelqu’un veut le plus…
c’est simplement avoir une place.